‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 256 sur 281 · 德、 小. 行 傷 道。 故 曰、 正 己 而 已矣。 樂 全 之 謅得 志。 HI 之所 譜得志 者、 非 軒 覺之 · texte numérisé non relu

德、 小. 行 傷 道。 故 曰、 正 己 而 已矣。 樂 全 之 謅得 志。 HI 之所 譜得志 者、 非 軒 覺之

Tchoàng-tzeu, chap. 16 A, B.

systématique ( par les lois et les écoles), la pratique obligatoire d'un soidisant bien conventionnel. C'en fut fait des mœurs primitives. Depuis lors les hommes substituèrent leurs théories à riuslinct inné, et 】a paix disparut de l'empire. Enliu le progrès des lettres et des sciences, acheva d'éteindre ce (jui restait de la simplicité naturelle, et remplit les esprits de distractions. Aussi tout n'est plus que désordre et perversion.

B. De celle revue historique, il résulte que l'adoption de mœurs conventionnelles a été la ruine des mœurs pri mi lives, et que celte ruine de la nature première a élé la ruine du monde. Nature et conveation sont' deux contradictoires inconciliables. Les sectateurs de ces deux voies, ne peuvent faire ménage ensemble. Us ne peuvent même pas se comprendre, ne pensant et lie parlant pas de même. Un Sage du parti de là nature (taoïste), n'aura pas besoin d'aller se cacher dans les monts el les bois ; vivant au milieu de ses concitoyens, il sera inconnu, parce que incompris. Cet état de choses n'est pas récent ; il date d'assez loin. Les Sages anciens qu'on appelle communéraeût les Cachés, ne se reiidaieiil pas invisibles, De tenaient pas leur bouche close, ne dissimulaient pas leur sagesse délibérément. Ils ue se cachaient pas. C'est leur opposition complète à leur temps, qui les cacha, qui les tu passer inaperçus, inconnus et incompris. En des temps favorables, ils auraient peut-élre réformé le monde, en le l'amenant à la simplicité perdue. Mais les temps défavorables les empêchant de ce faire, ils passèrent leur vie à garder pour eux la notion de la. perfecliou primitive, et à attendre dans la paix. ― Ces lioriimes-là ne recherchaient pas des connaissances' vanées par des disquisitions subtiles, comme font les sophisles actuels ; ils ne voulaient pas tout savoir i】i tout pouvoir. Plutôt réservés, presque timides, ils restaient à leur place, qi édita ni sur leur uatui'o. Le sujet est d'ailleurs assez vaste pour occuper un homme, et assez difficile pour commander la réserve. Se donner pour mailre de la duclntie du Principe, avec une science et une conduite imparfaites, serait nuire à la doctrine, non la servir. Ils Iravaillaicnt donc leur propre personne, faisant loul leur bonheur de leur tendance au but. Ils ne rêvaient pas, comme, les ambitieux de nos jours ( Coufucéistes), de grades et do disliiiclions. Que peuvent ces choses ailificiaUes, poui la pert'eclion de la nature? Rien du lout ! Elles sont même une pauvre salisfactiou, car bien précaire, qui les a obtenues ne pouvatil être sûr qu'il les conservera. I.es Syges sont égalemeut indi fié rents dans la foiluoe et la détresse, ne se réjouissant ni ne s'atïligeaiit de rien. Quand un gain réjouit, quand une perte aU'lige, c'est signe qu'on aimail l'objet; aiïeclion el afflicliou, deux désordres. Ceux qui dooneul leur alîectioD à des êtres quelconques, qui font violence à leur iûslinct naturel pour n'importe quelle con veti lion, ceux-là l'ont !e contraire de ce qu'ils devraieut faire. Ils devraient ne suivre que leuv instinct, et vivre absolument détachés.

不 見 水. 端。 於 是焉 河伯始 旋其面 目、 te 洋向若 歎 曰。 野 語有之 曰、 聞 道百 3

^ 不可以 IS 於 道 者、 â 於 教 也 。今 爾出 於 崖 ® 、觀 於 大 海、 乃 知 爾 醜, 爾 將 可與語

Tchoang-tzeu, chap. 17 A.

Cha^ 17. La crue d'automne.

A. C'était le teo][)s de la crue d'au torn ne. Cent rivières guii liées déversaient leurs eaux dans le Fleuve Jaune, dont le lit s'était tellement élargi, que, d'un burd à l'autre, ou ne pouvait pas disUiig'uei' un bœul' d'an cheval. Cette vue mit eu joie le Génie du Fleuve, qui so dit (! ii'il n'y avait au monde rieu de mieux que suti domaine. Suivant le (lot, Il descendit jusqu'à la mer du Noiil. A la vue de ses eaux, qui s'éteiidaient vers l'Est sans limites, il, constata qu'il y avail mieux que son domaine, et dit en soupirant au Géuie de la mer: L'adage « qui saiL peu, se croit grand », s'applique à ma personne. J'ai bien ouï dire qu'il y avait mieux quo Confucius et ses héros, mais jo ne l'ai pas cru. Maintenant que j'ai vu l'éteiulue de votre empire, Je commence à croire aussi que votre doctiine est supérieure à celle de Coifuciiis i. J'ai bien fail do venir me l'aire instruire, aulrciDeiU les vrais savants auraient Uni par rire de moi. ― Soyez lo bienvenu, dit le Génie de lu mer. Oui, la grenouille qui vil au t'oiul d'un pu ils, n'a pas l'idée de ce que peut être la mer; elle ne cou naît que suii trou. L'éphémère éclos et mort eu été, ne sait [r.is CO quo c'est que la glace ; il n'a connu ({u'utie saison. Du lettré borné CO un ne Confucius, iio sait ri eu de la science supérieure du Principe, abiuli qu'il osl par les préjugés do sa caste. Sorti de voLi'e lit étroit, vous avez vu Foccan sans limites. Convaincu inainleuant de votre ira[)8rfecliou, vous oies devenu capable de la science sapéi'iourc. Ecoutez donc! .. De toutes les eaux, la plus grande c'est l'océan. Des lleuves innombrables y déversent leurs euux sans cesse;, sans raugnieiiter. 11 s'écoule couliiiuellemGut par le goulet orieulal, sans dinjiimer. Il n'a ni crues ni baisses, comme en ont les plus grands lleuves; son niveau est toujours le memo, invariable. Tel est mon empire. Eli bien ! son immensité iio m'a jamais inspiré aucuu orgueil. Pourquoi ? Parce que, eu comparaison du ciel et de la lerre, du cosmos physique, je le li'ouve petit. Je me sens u'cti'o pas plus, qu'un caillou, qu'un arbuste, sui' une moutague. Etant si peu, pourquoi m'eslimerais-je beaucoup? Comparés à l'univers, les abîmes des quatre océans se réduisent à de petits ti'ous dans une s ut' fa ce immense. Comparée à la terre, iiolre Chine se réduit aux dimensions proportioijoelles d'un grain dans un vaste grenier. La totalité des éli'es existants, étant exprimée par le nombre dix mille, Thumanité ne vaut qu'une unilé. Nulle part eu etîet, par loule la terre habitée, la proportion des hommes, pai' rapport aux autres êtres, ne dépasse cette quantité.. Donc l'humanité est à la masse de l'univers, ce qu'un poil est au corps d'un cheval. Voilà à quoi se réduit, ce qui a tant préoccupé les anciens souverains, tourmenté les Sages, fatigué les politiciens; à un fétu. Pai-i le héros confucéiste est réputé grand, pour le rôle qu'il joua sur cette petite scène ; et Confucius est réputé savant, pour y avoir déclamé. Ces hommes se ci'urent quelque chose, parce qu, ils n, en savaient pas plus long ; tout comme vous vous croyiez le premier des génies aquatiques, avant que vous n'eussiez vu la tïiei'.

1. Ecole riveraine du Fleuve Jaune. Le Gciiio de la mer est Uioïsle. Le Génie du lleuvc est courucéisLe, cl va se couYcrtir ;iu taoïsme.

338 Tchoang-tzeu, chap. 17 A.

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