‹ Taoïsme [microform ..]Chapitre 270 sur 281 · Comparez chapUre 2 A · texte numérisé non relu

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Tchoang-tzeu, chap. 24 H, I, J.

Tzeu-k'i dit: Jadis je vivais en ermite dans les grottes des montagnes. Le prince de Ts'i m'en tira, pour me faire minisire, et le peuple de Ts,i l'en félicita. 11 faut que je me sois trahi, pour qu'il m'ait trouvé ainsi. Il faut que je me sois vendu, pour qu'il m'ait acquis ainsi. Hélas! c'en est fait de ma liberté. Je plains ceux qui se perdent en acceptant des charges. Je plains ceux qui se plaignent de n'avoir pas de charge. Je ne puis pas fuir. Il ne me l'esté plus qu'à me retirer dans l'extase.

I. Confucius s'étant ren'clu dans le royaume de Tch'ou, le roi de Tch'ou lui fit offrir le via de bienvenue. Sounn-chou-nao présenta la coupe, Cheunan I-leao fit la libation préalable, puis dit: C'est à ce moment, que les anciens faisaient un discours. ― Confucius dit: J'appliquerai aujourd'hui la méthode , du discours sans paroles, dont vous, mes maîtres, avez su si bien tirer parti. Vous I-leao avez prévenu une bataille et procuré la paix entre - Tch'ou et Song, en jonglant avec des grelots. Vous Sounn-chou-nao avez amadoué les brigands de Ts'inn-k'iou et les avez amenés à déposer les armes, en dansant la pantomime devant eux. Si j'osais, devant vous, parler autrement que par mon silence, qu'il me pousse une bouche longue de trois pieds ( que Je sois muet pour la vie) ! ― Au lieu de tant chercher, s'en tenir à l'unité du Principe; se taire, devant l'ineffable; voilà la perfection. Ceux qui font autrement, ce sont des hommes néfastes. ― Ce qui fait la grandeur de la mer, c'est qu'elle unit daus son sein tous les cours d'eau du versant oriental. Ainsi fait le Sage, qui embrassant le ciel et la terre, fait du bien à tous, sans vouloir être connu. Celui qui a passé ainsi, sans charge durant sa vie, sans titre après sa mort, sans faire fortune, sans devenir fameux, celui-là est un grand homme. ― Un chien n'est pas un bon chien parce qu'il aboie beaucoup, un homme n'est pas un Sage parce qu'il parle beaucoup. Pour être un grand homaie, il ne suffit pas de croire qu'on l'est, il ne suffit pas de vouloir faire ci'oire qu'on l'est. Etre grand, veut dire être complet, comme le ciel et la terre. Ou ne devient grand, qu'en imitant le mode d'être et d'agir du çiel et de la terre. Tendre à cela sans s'empresser, mais aussi sans démordre; ne se laisser influencer par rien ; rentrer en soi sans se fatiguer, étudier l'antiquité sans s'attrister; voilà ce qui fait le grand homme.

J. Tzeu-kH avait huit fils. Il les aligna tous devant le physiognomoniste Kiou-fcmg-ijen, et lui dit: Veuillez examiner ces garçons, et me dire lequel présente des signes d'heureux présage, 一 Le devin dit : celui-ci, K'ounn. ― Etonné et joyeux, le père demanda: Que lui prédites-vous ? — Il mangera des aliments d'un prince, jusqu'à la. fin de ses jours, dit le devin. ― A ces mots la joie de Tzeu-Wi fit place à la tristesse. 11 dît en pleurant: Quel mai mon lils a-t-il fait, pour avoir pareil destin? ― Comment? dit le devin ; quand quelqu'un mange de la table d'un prince, cet honneur remonte jusqu'à la troisième génération de ses ascendants. Vous aurez donc votre part de la bonne fortune de votre fils. Et vous pleurez^ comme si vous craigniez ce bonheur? Se peut-il que ce qui est faste pour votre fils, serait néfaste pour vous? ― Hélas ! dit Tzeu-k'i, est-il bien sûr que vous interprétez correctement le destin de mon fils? Qu'il ait toute sa vie à discrétion du vin et de la viande, c'est du bien-être sans doute, mais à quel prix mon fils l'obtiendra-til, c'est ce. que vous n'avez peut-être pas vu clairement. Je me défie de-ce présage, parce qu'il n'arrive chez moi que des choses extraordinaires. Alors

Tchoang-tzeu, chap. 24.

之。 曰、# 逃 堯。 Dr 奚 謅 邪。 曰、 夫 堯 音 音 然 仁、 吾 恐 其 爲天下 笑、 後 世其 人與人 «

學一 先生之 曹、 则 暧暖姝 錄而? * 自說 也、 自 3 s M 矣、 Fi 未知未 始有物 也、 是

Tchoang-tzeu, chap. 24 J, K.

que je n'élève pas de troupeaux, une brebis est venue mettre bas dans ma maison. Alors que je ne chasse pas, une caille y a installé son nid. Ne sontce pas là des faits étranges ? J'ai bien peur que mon fils n'ait aussi un: étrange avenir. Je lui aurais souhaité de vivre comme moi libre entre le ciel et la terre, se réjouissant comme moi des bienfaits du ciel et se nourrissant des fruits de la terre. Je ne lui souhaite pas plus qu'à moi, d'avoir des afïaires, des soucis, des aventures. Je lui souhaite, comme à moi, de monter si haut clans la simplicité naturelle, qu'aucune chose terrestre ne puisse plus lui faire impression. J'aurais voulu que, comme moi, il s'absorbât dans l'indifférence, non dans l'intérêt. Et voilà que vous lui prédites une rétribution des plus vulgaires. Cela suppose qu'il aura rendu des services très vulgaires. Le présage est donc néfaste. Fatalité inévitable, probablemewt, car, ni mon fils ni moi n'ayant péché, ce doit être un décret du destin. Voilà pourquoi je pleure. — Plus tard, et la iJvédicUon du devin, et les appréhensions du j)ére, se réalisèrent, en cette manière : Tzeu-k'i ayant envoyé son lils K' ounn dans le pays do Yen, des brigands le prirent sur la route. Gomme il leur eût été difficile de le vendre comme esclave étant entier, ils lui coupèrent m pied, puis le vendirent dans la principauté Ts'i, où il devint inspecteur de la voirie dans la capitale. Jusqu'à la fin de sa vie, il mangea sa part de la desserte du prince de Ts,i, comme le devin l'avait prédit ; en proie aux plus vils soucis, comme sou père l'avait prévu.

Iv. Nie-k'ue ayant rencontré Hu-yoïi, lui demanda : où allez-vous ainsi ? — Je déserte, dit celui-ci, le service de l'empereur Yao. ― Pourquoi cela? demanda Nie-k'ue. ― Parce que cet、hoi 誦 e se rend ridicule, avec sa bonté affectée. li croit faire merveille, en attirant les hommes. Quoi de plus banal que cela?! Montrez de raffeclion aux hommes, et ils vous aimeront ; faites-leur du bien, et ils accourront; flattez-les, et ils vous exalteront ; puis, au moindre déplaisir, ils vous planteront là. Certes la bonté attire ; mais les attirés viennent pour l'avantage qui leur en revient, non pour l'amour de celui qui les traite bien. La bonté est une machine à prendre les hommes, analogue aux pièges à oiseaux. On ne peut pas, avec un même procédé, faire du bien à tous les hommes, dont les natures sont si diverses. Yao croit, avec sa bonté, Caire du bien à l'empire, alors qu'il le ruine. C'est qu'il voit, lui, de l'intérieui', et s'illusionne. Les Sages qui considèrent de rextérieur, ont vu juste, dans son cas. ― Notons, parmi les natures diverses des hommes, les trois classes suivantes! les veules, les collants, les liants... Les veules apprennent les sentences d'un maître, se les assimilent, les répètent, croyant dire (]uel(|ue chose, alors que, simples perroquets, ils ne font que réciter... Les collants s'attachent à qui les fait vivre, comme ces poux qui vivent sur les porcs. Un jour vient où le boucher, ayant tué le porc, le flambe. Il en arrive parfois autant aux parasites d'un patron... Le type des liants, fut Chounn,

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