‹ Tapisseries de la cathédrale de ReimsChapitre 57 sur 59 · CONCLUSION DU CONSEIL GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CONCLUSION DU CONSEIL GÉNÉRAL

2} Ventôse an; III (13 mars 1795).

Pétition de plusieurs citoyens demeurant dans l’étendue delà section de la Réunion tendante à ce qu’il plut au Conseil ordonner que les ouvrages que la Société populaire a fait, faire pour la tenue de ses séances dans le temple de la raison et qui encombrent cet édifice en soient retirés, qu’il soit rendu à sa première splendeur... déblayer et réparer les dégradations qui y ont été faites.

3 Germinal an III (23 mars 1795).

Pétition des citoyens composant la section de Mars tendante à demander que l’enceinte de la ci-devant société Jacobine de Reims soit détruite et que le temple dédié à l’ Éternel soit

dégagé de tous ses entraves et que les tapisseries et autres objets dont on s’est emparé soient restitués à qui ils appartiennent.

LE CITOYEN BERGEAT, CONSERVATEUR DU MUSÉE, AUX CITOYENS ADMINISTRATEURS DU DISTRICT.

Le citoyen Bergeat, conservateur du Muséum du district de Reims, chargé par l’administration de donner des soins à la conservation des tapisseries, tableaux, sculptures! et autres objets qui peuvent intéresser les arts, existant dans la ci-devant cathédrale, vous informe qu ayant été instruit de la démolition tumultueuse des ouvrages de charpenterie qui, dans cette église, formoient l’enceinte du local des séances de la Société populaire, et d’ailleurs ayant connaissance que des tapisseries, aujourd’hui recherchées, tant à cause de leur ancienneté que pour la beauté du travail, étoient employées à revêtir la charpente pour défendre l’intérieur des impressions de l’air, il s’y est transporté pour les soustraire, autant qu’il seroit en lui, aux accidents dont elles étoient menacées. Il a vu avec douleur qu’une partie étoit déjà confondue avec les démolitions. Il a cependant obtenu des ouvriers, malgré la chaleur de leur zèle, que celles qui étoient encore en place seraient détachées avec précaution et portées dans la sacristie, où elles sont maintenant à l’abri de toute atteinte. Il croit qu’il est instant de retirer celles qui sont engagées sous les décombres, l’humidité ne pouvant qu’ajouter à leur détérioration. 11 est possible qu’en les retirant tout de suite, et avec des ménagements, elles ne soient pas aussi endommagées que le fait présumer la barbarie avec laquelle elles ont été traitées. Vous prononcerez dans votre sagesse sur la propriété des démolitions qui paraissent devoir être rendues à ceux qui ont fait les frais de construction, à la charge de fermer les ouvertures qui ont été faites sans autorisation et même sans nécessité ; de réparer les dégradations faites aux pilliers, soit pour assujettir la charpente, soit par la maladresse des ouvriers ; d’enlever les pierres, terres, gravois qui encombrent la partie la plus resserrée de l’église. Tout invite à restituer à cet édifice, le plus beau, le plus accompli de tous ceux de ce genre qui existent en Europe, la majesté qui le rend digne de sa consécration. Vous remplirez, citoyens administrateurs, les vues du comité d’instruction publique, qui a mis sous votre sauve-garde ce qui nous reste de monuments publics et ceux qui sont devenus propriétés nationales, en ordonnant qu’aussitôt après le déblai et les réparations, l’intérieur sera mis dans l’état de propreté qui convient à ce magnifique monument et qui importe tant à sa conservation qu’à celle des objets qui y sont restés, et qu’il sera entretenu dans cet état par le citoyen à qui vous en avez confié la garde sous la direction du conservateur du Musée...

Je ne parle pas des réparations à faire aux tapisseries: on se bornera à les battre, et entretenir ce qu’il en reste dans un état de propreté, jusqu’à ce que le comité d’instruction publique ait assigné des fonds pour cet objet, ou déterminé quelle caisse en supportera les frais.

Vous avez dans le dépôt attenant du bureau des ventes, des tapisseries dont quelques-unes font partie de celles qui étoient dans le chœur de l’église de Saint-Remi. Celles-là aussi sont précieuses. Il faudroit faire le triage de celles qui méritent d’être conservées, et vendre les autres le plus tôt possible. Le local dans lequel elles sont déposées ne leur convient pas plus que l’ordre dans lequel elles sont rangées. Il y a aussi dans ce dépôt des papiers inutiles, des

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débris de livres, dont on pourroit tirer parti en ne les laissant pas plus longtemps sur le pavé, et des objets qui dépérissent faute d’y être placés d’une manière convenable. Il est vraisemblable que l’administration a donné sur tout cela des ordres dont il conviendroit de presser l’exécution.

Troisième jour complémentaire an III (19 septembre 1795).

Nous, soussignés exerçant le culte catholique, apostolique et romain dans l’église ci-devant cathédrale de Reims sous la direction des prêtres assermentés, d’une part, et sous celle des prêtres insermentés, d’autre part, reconnoissons avoir proposé au citoyen Bergeat, conservateur du Musée du district de Reims, de placer sur le principal autel de cette église une croix de sept pieds et demi de haut et six chandeliers de quatre pieds huit pouces, en cuivre doré, qui sont au dépôt du Musée et qui font partie de ses propriétés : nous offrant de leur donner les soins nécessaires à leur entretien et conservation, et nous engageant sous la responsabilité de chacun de nous à les remettre en bon état au citoyen conservateur, lorsque nous en serons requis ; reconnoissons avoir aussi proposé audit citoyen de faire tendre à nos frais dans la même église et d’y laisser aux mêmes conditions les tapisseries dont l’aunage et les numéros sont ci-après spécifiés.

Suit l’avis du conservateur du musée.

Le citoyen Bergeat considérant que ces deux propositions réunissent le double avantage de maintenir ces objets dans le meilleur état possible, et d’en offrir la jouissance aux amateurs des arts, en attendant qu’ils soient placés dans le lieu qui doit être définitivement assigné à l’établissement du Musée, accepte lesdites propositions avec les réserves qui peuvent assurer à la nation cette portion de ses propriétés. Fait triple à Reims, ce troisième jour des complémentaires, l’an trois de la République française.

Signé : Flicotteaux, Carrière, Carré, Brice, Guiot, Destables, Reimbeau, Godfroy, Coquet, Guérin, Delioncourt, Pâté, Culoteau, Sutaine-Maillefer, Besnard-Duval, Lecourt, Ruinart-Garvey, Favart-Desjardin, Savoye.

État des tapisseries du Musée déposées à la ci-devant Cathédrale sous la reconnaissance et garantie des citoyens chargés de l’ordonnance et des frais du culte catholique.

N05 8 Nativité, pièce de 4 aunes 1/2 de haut sur 3 moins 1/4 de large, pourrie au milieu.

9 Visitation, même mesure, en meilleur état.

10 Adoration des Mages, 4 1/2 de haut, 5 de large, en bon état.

APPENDICE

1 1 Jésus en Croix, même mesure, en bon état.

12 Fuite en Égypte, même mesure, bordure d’en haut en mauvais état.

13 Noces de Cana, le milieu et les bordures en mauvais état.

14 La Circoncision, même mesure, en bon état.

15 L’Apparition de J.-C. après la Résurrection, même mesure, perdue de pourriture.

16 Jésus dans le Temple instruisant les Docteurs, même mesure, en bon état.

17 Ascension de J.-C., même mesure, en bon état.

18 Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, 4 aunes 1/2 de haut, 4 de large, en

médiocre état.

1 9 Annonciation, 4 1/2 de haut, 5 de large, en bon état.

20 La Vierge mourante, 3 1/4 de haut sur 2 1/4 de large, en bon état.

31 Sommeil des Mages, en bon état.

32 Vocation, Luc, 8, en bon état.

33 Bataille de Tolbiac, percée en quelques endroits. Ancienne.

34 Ouvroir de la Vierge, bon état. Ancienne.

35 Assomption de la Vierge, bon état. Ancienne.

36 Présentation de la Vierge, endommagée. Ancienne.

37 Nativité, en bon état. Ancienne.

38 Apparition à la Vierge, en très mauvais état. Moderne.

39 Visitation. Ancienne.

40 Plusieurs personnages accompagnant avec baguette la figure principale. Ancienne.

41 Les Trois Maries et leurs familles, bon état. Ancienne.

42 L’Arbre de Jessé, bon état. Ancienne.

43 Adoration des Mages, en bon état. Ancienne.

44 Présentation au Temple, en bon état. Ancienne.

45 Suite de l’histoire de Clovis, endommagée. Ancienne.

46 Joseph présentant sa famille à Pharaon, endommagée.

47 Combat d’Israélites et d’Amalécites, moyennement en bon état.

48 Mariage de la Sainte Vierge et de saint Joseph, endommagée. Ancienne.

49 Fuite en Égypte, bon état. Ancienne.

50 Mort de la Sainte Vierge, bon état. Ancienne.

5 1 Annonciation, légèrement endommagée. Ancienne.

52 Les Couches de la Vierge, endommagée. Ancienne.

53 Prédication de saint Jacques et Martyre de saint Jacques, deux pièces raccommodées

et cependant en mauvais état.

54 Petite Adoration des Bergers.

55 Saint Joseph exerçant la profession de charpentier, endommagée.

56 Les Mages cheminant, endommagée.

57 Joachim et Élisabeth, bon état. Ancienne.

58 Purification de sainte Anne, bon état. Ancienne.

Cinq tapis de Turquie, grands et petits.

Signé : Godfroy Coquet, Guérin Delioncourt, Massé Gallat, Lecourt, Brice Guiot, Flicotteaux, Carrière Carré, Sutaine-Maillefer , Favart-Desjardin , Destables, Culoteau, Robert, Savoye.

A Reims,

eize Vendémiaire

APPENDICE

Nota. — Ce recolement donne lieu à plusieurs remarques. La confusion qu’on y fait de suites différentes montre la précipitation avec laquelle il fut dressé ; aussi la désignation des sujets n’a-t-elle pas toute l’exactitude désirable. Il est clair, par exemple, qu’au lieu de la Purification de sainte Anne (58), on doit lire : Sainte Anne et Joachim au Temple; qu’au lieu de Couches de la Vierge (52), il faut lire : Couches de sainte Anne ou Nativité de la Vierge ; que par Nativité {?>']) il faut entendre celle de Notre-Seigneur. Malheureusement le silence absolu des inventaires antérieurs au sujet des tapisseries de Lenoncourt et de celles de Clovis nous enlève tout moyen de contrôle pour ce qui les concerne.

Au n° 32, par Vocation d'après saint Luc, ch. <?, il faut entendre : Jésus attendu par sa mère, tapisserie de Pepersack.

Au n“ 53, au lieu de Prédication de saint Jacques, il faudrait Vocation de saint Jacques.

En résumé, ce recolement comprend :

18 tapisseries de Pepersack (n03 8 à 20, 3 1 , 32, 38, 54 à 56).

17 tapisseries de Lenoncourt (n03 34 à 37, 39 à 44, 48 à 52, 57, 58).

2 tapisseries de Clovis (n° 33, appelée sans doute à tort Bataille de Tolbiac, et n° 45).

2 tapisseries de saint Jacques (n° 53 en deux pièces).

Ces dernières ont été rendues depuis à la paroisse de Saint-Jacques qui en a laissé perdre une; la seule tapisserie de la Vocation de saint Jacques subsiste encore.

Quant à celles de Clovis, n’en existait-il plus que deux, dont une à peu près entière, à la cathédrale ? Doit-on regarder le recolement comme exact à leur égard ? Où donc se trouvait alors la troisième que M. Paris 1 a publiée après l’avoir eue dans les mains, et qui, suivant M. l’abbé Cerf 2, aurait été vendue depuis à l’Hôtel de Ville? Pour admettre sans contestation le récit de ce dernier, il faudrait savoir comment et à quelle époque la tapisserie en question est entrée dans le domaine municipal, et expliquer comment elle y demeura inaperçue. L’inventaire du 5 floréal an III est le seul où il soit fait mention de tapisseries « tirées du dépôt pour le Muséum » ; comment ne parle-t-il pas de celle-ci? Son silence à l’égard des tapisseries de Clovis et de celles de Lenoncourt n’autorise-t-il pas à penser plutôt que ces deux suites restèrent à la cathédrale, et que les administrateurs de cette église en sont seuls responsables ?

10 Floréal, an IX (jo avril 1801).

De la visite faite à la demande du citoyen maire, le 7 floréal et jours suivans, pour prendre connaissance de l’état actuel des objets appartenant au musée de la commune et confiés aux desservants et paroissiens des différentes églises, il résulte que la presque totalité de ces objets est dans un état satisfaisant : qu’il faut en excepter les tapisseries de l’église

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