‹ Tarikh es-SoudanChapitre 1 sur 405 · Tarikh es-Soudan · texte numérisé non relu

Tarikh es-Soudan

Malgré son titre général, l'ouvrage, dontla traduction va suivre, ne traite que l'histoire d'une partie du Soudan. Il ne parle, en effet, d'une façon un peu développée que de l'empire Songhaï et surtout de la conquête et de l'occupation par le Maroc de la région située sur les rives du cours moyen du Niger et dans la partie la plus septentrionale de la boucle que forme le grand fleuve africain. A peine l'auteur du récit dit-il quelques mots de l'empire de Malli ; l'on sent, d'ailleurs, que sa plus grande préoccupation est de glorifier Tombouctou, sa ville natale, et de faire valoir le rôle glorieux qu'a joué cette cité dans le monde des Noirs.

Au moment où Abderrahman-ben-Abdallali-benimrân-ben-'Amir-Es-Sa'di écrivit son histoire du Soudan, Tombouctou commençait à entrer dans sa période de décadence. Les étrangers qui avaient conquis cette

{Histoire du Soudan.) a

li INTUODUCTION

grande cité commerciale n'avaient point su l'administrer et en faire une source de richesses pour leur propre pays. Leurs rapines et leurs cruautés avaient semé la ruine parmi ces populations noires si douces et si inoffensives. Leurs excès furent tels que la résistance nationale finit enfin par s'organiser et que les envahisseurs ne devaient plus, au moment où s'achève le récit de l'historien, tarder beaucoup à être chassés à tout jamais du pays qu'ils avaient occupé pendant de longues années.

Telle qu'elle a été écrite par Es-Sa di, l'histoire du Soudan se compose de deux parties d'un caractère différent : la première, qui comprend un peu plus de la moitié du texte, est un résumé des renseignements que l'auteur a recueillis de traditions orales ou écrites ; la seconde présente au contraire le caractère de mémoires personnels. Les informations qu'elle contient proviennent toutes de témoins oculaires et, le plus souvent, de l'auteur lui-même mêlé directement aux affaires politiques de son pays.

Toute la première partie est un peu sèche et laconique. Rédigée d'après des renseignements dont la source est rarement indiquée, et qui, d'ordinaire sans doute, proviennent de traditions populaires, elle offre naturellement toutes les lacunes et les incertitudes inhérentes à ce mode d'information. Existait-il des documents écrits sur toute cette période antérieure au Xvi* siècle de notre ère? Faute d'indications précises on »e trouve réduit sur ce point à de simples conjectures.

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En effet, sauf le dictionnaire biographique de Ahmed- Baba et un ouvrage du nom de El Kheber qui sont cités en toutes lettres, on ne rencontre aucune autre mention de travaux précédents utilisés. Pour toute référence l'auteur se contente parfois de dire qu'il tient tel ou tel fait d'un de ses confrères ou d'un lettré. Môme pour ce qui touche à l'histoire du Maroc il ne cite qu'une histoire de Merràkech intitulée : jTj j ^r"^^ <-^^ ^Itj '*up\jL\ jU-1 , et pourtant il est vraisemblable qu'il a eu d'autres textes sous les yewx. Son silence en cette matière n'implique nullement que d'autres annales du Soudan n'aient pas été écrites antérieurement et il se peut qu'un jour ou l'autre on découvre quelques-uns de ces travaux dont aujourd'hui les titres mêmes ne nous sont pas connus.

La seconde partie de l'Histoire du Soudan est tout à fait vivante et se présente avec une certaine abondance de détails. Ici l'auteur ne parle que de ce qu'il a vu ou de ce que des témoins oculaires dignes de foi lui ont raconté. Les fonctions publiques qu'il exerça le mirent en relations avec les plus hauts personnages et, de plus, son mérite personnel lui valut d'être chargé de missions politiques d'une grande importance. 11 les raconte lui-même et entre souvent dans des détails qui peuvent paraître unpeuminutieux. L'intérêtqu'il attache à certaines circonstances est parfois sans doute excessif, mais nombre de ces incidents, insignifiants en apparence, ont pour nous l'avantage de mieux nous faire con* naître le milieu dans lequel il évoluait, ce que ne nous

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