‹ Tarikh es-SoudanChapitre 2 sur 405 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

fontguère connaître en général les annalistes orientaux.

A l'exemple de l'immense majorité des chroniqueurs arabes, Es-Sa'di écrit sans plan préconçu. Il ignore l'art de la composition littéraire et la langue dans laquelle il rédige est loin d'être d'une correction absolue. Il ne craint pas de faire usage de mots qui n'ont point encore trouvé place dans les dictionnaires classiques et il en prend à son aise avec la syntaxe arabe. On sent de temps à autre qu'il pense dans un idiome du Soudan et qu'il n'écrit pas dans sa langue maternelle. Néanmoins sa pensée est rarement obscure et il est permis de supposer que les rares ambiguïtés qui se rencontrent dans son livre proviennent de fautes commises par les copistes ; on sait qu'en pays musulman plus encore peut-être qu'ailleurs, les scribes attachent moins d'importance à la reproduction exacte du texte qu'à la calligraphie.

On ne saurait exiger d'un homme élevé au cœur de l'Afrique et vivant au commencement du xvii^ siècle de notre ère, qu'il apportât une grande critique dans le récit des événements qu'il raconte. Il ne faut pas lui demander de rechercher la cause des faits ou d'en déduire les conséquences. Cependant, dans la seconde partie de son ouvrage, on se rend compte assez bien des idées que l'autour se fait des choses qui se passent sous ses yeux et son appréciation, pour vague qu'elle soit, se laisse entrevoir en maintes occasions : bien souvent, en effet, on devine ce qu'il ne dit pas.

En dépit de son manque de méthode et des lacu-

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