‹ Tarikh es-SoudanChapitre 101 sur 405 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

façon. Que de fois ayant reçu l'ordre de mettre quelqu'un à mort ou de l'emprisonner, il fit le contraire de ce qui lui avait été dit. Cet Askia-Mohammed agissait ainsi parce qu'il était très énergique et très courageux; Dieu avait mis cette énergie dans son tempérament. Quand il lui arrivait d'être en butte aux violences du prince, sa mère Kasaï allait à Tombouctou trouver Nâna-Tinti, la fille du jurisconsulte Abou-Bekr, fils du cadi El-Hay; elle lui demandait de faire des prières pour que Dieu secourût son fils contre Sonni-'Ali. « Si Dieu, disait-elle, exauce votre prière, il vous accordera, s'il lui plaît, toutes les joies dans vos enfants et dans vos proches. » Cette promesse s'accomplit quand il arriva au pouvoir.

Quant au frère d'Askia, 'Omar-Komzâgho, il se montra très docile aux ordres du prince, car c'était un homme intelligent et fin ; aussi le tyran ne lui causa-t-il jamais le moindre ennui, contrairement à ce qu'il fit à son secrétaire Ibrahim-El-Khidr. Ce secrétaire, originaire de Fez, était venu se fixer à Tombouctou et habitait dans le quartier de la grande mosquée du côté du sud en tirant un peu vers l'ouest. Sonni- Ah, qui lui avait conféré les fonctions de secrétaire, donna un jour l'ordre de le mettre à mort et de confisquer tous ses biens. L'ordre ne fut exécuté qu'eu partie', car les serviteurs du prince cachèrent Ibrahim. Les choses demeurèrent ainsi jusqu'au jour où le prince reçut le livre de la Risdla^. N'ayant auprès de lui personne en état de le lire, il s'écria : Ah! si Ibrahim, le ventripotent, était là, nous ne serions point dans l'embarras où nous sommes à cause de ce livre ! — Ibrahim est vivant, lui dit-on

1. Le texte dit : « l'ordre fut exécuté », sans dire en partie ce que la suite indique.

2. Cette anecdote semble avoir pour but de montrer qu'il n'existait plus de savants à Tombouctou, puisque personne n'était capable de lire cet ouvrage de droit appelé la Risdla.

alors , nous l'avons caché, w Le prince donna l'ordre de faire venir Ibrahim. Celui-ci lut le livre et fut réintégré dans ses fonctions. En outre il reçut le double de l'argent qu'il avait perdu. Malgré cela il ne trouva le calme et le repos que sous le règne de Askia-Mohammed qui le confirma dans ses fonctions, l'honora et le traita généreusement jusqu'au jour où il mourut. Hauïa\ le fils d'Ibrahim, succéda à son père dans ses fonctions de secrétaire, mais il fut attaché en cette qualité à la personne de l'inspecteur^ nommé par Askia à Tombouctou. Ce nouveau poste était honorable et d'une grande importance.

Sonni-'Ah entra à Kabara en l'année 882 (1477) ; c'était au cours de cette même année que le roi de Mossi^ entra à Sâma. En 884 (1479) Sonni-'Ali était à Tosoko. Cette même année naquit Aïda-Hamed, fils de la sœur de Alfa ^-'Mahmoud. Quant à Mahmoud (Dieu lui fasse miséricorde!) il jeûna pour la première fois ^ cette année-là également (n*i). Il a raconté qu'il avait alors, si je me trompe, dix-sept ans, et qu'il quitta Kabara en l'année 885 ^ (1480).

En cette année-là au mois de djomâda ï" (9 juillet-8 août 1480) le roi de Mossi entra à Biro qu'il quitta en djomada II (8août-7 septembre 1480); le siège avait duré un mois. Il exigea des habitants qu'on lui donnât une femme et il épousa la fille de l'éminent seyyid Anda-Naddi-'Ali-ben- Abou-Bekr^ Il la garda jusqu'à l'avènement du prince des Croyants Askia El-Hâdj-Mohammed. Ce fut ce prince qui dé-

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