‹ Tarikh es-SoudanChapitre 112 sur 405 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

sonnages^ entre autres Kl-Djelâl-Es-Soyouti (Dieu lui fasse miséricorde !) ; il les questionna sur divers points relatifs à ses Etats et obtint d'eux des réponses motivées. Il leur demanda également de prier pour lui et il ressentit les effets de leurs bénédictions.

La troisième année du siècle, il était de retour de son pèlerinage et entrait à Kâgho au mois de dzoul-hiddja, le dernier mois de cette année (31 juillet-30 août 1497).

Dieu favorisa le règne de A skia-Mohammed, il hii assura de grandes conquêtes et le couvrit de son éclatante protection. Ce prince s'empara de tout le pays des Kounta jusqu'à l'océan Atlantique du côté de l'occident et son autorité s'étendit de la frontière du pays de Bindoko jusqu'à Teghazzé et ses dépendances. Tous ces peuples il les soumit par le glaive et par la force, ainsi qu'on le verra dans le récit de ces expéditions. Dieu accomplit (vt) partout ce que ce prince désirait, en sorte que Askia-Mohammed fut aussi docilement obéi dans tous ses Etats que dans son propre palais. Partout régnèrent une large abondance et la paix absolue. Louanges soient rendues à Celui qui favorise qui il veut de la façon qui lui plaît ; Il possède la suprême bonté.

Durant l'année 903 (août 1 497-aoùt 1498) il entreprit une expédition contre Na'asira, le sultan* du Mossi. Il emmena avec lui le seyyid béni, Mour-Sâlih-Djaura, en l'invitant à lui donner les indications nécessaires pour que cette expédition fût une véritable guerre sainte^ faite dans la voie de Dieu. Mour ne refusa pas de se conformer à cet ordre et expliqua

1 . Le mot a sultan » est employé ici pour désigner tous les chefs indépendants, si petits que fussent leurs États.

2. La guerre sainte ou djihdd est surtout celle qui a pour objet de contraindre des païens à embrasser l'islamisme. Tous les traités de droit musulman contiennent un chapitre spécial où sont expliquées les règles à suivre dans ce genre d'expéditions. Il y a tout d'abord à faire une sommation avant de commencer les hostilités.

au prince toutes les règles relatives à la guerre sainte. Le prince des Croyants, Askia-Mohammed, demanda alors an seyyid d'être son messager auprès du sultan du Mossi. Le seyyid accepta cette mission ; il se rendit au pays de Mossi et remit la lettre de son maître qui sommait le sultan d'embrasser l'islamisme.

Avant de répondre, le sultan du Mossi déclara qu'il voulait tout d'abord consulter ses ancêtres qui étaient dans l'autre monde. En conséquence, accompagné de ses ministres, il se rendit au temple de l'idole du pays. De son côté le seyyid s'y transporta également afin de voir comment on s'y prenait pour consulter les morts. On commença par faire les offrandes accoutumées; puis on vit apparaître un vieillard âgé. A sa vue tout le monde se prosterna ; ensuite le sultan annonça l'objet de sa démarche. S'exprimant alors au nom des ancêtres, le vieillard dit : « Jamais je n'accepterai pour vous pareille chose. Vous devez, au contraire, lutter jusqu'à ce que vous ou eux ayez succombé jusqu'au dernier. »

Alors Na asira répondit au seyyid béni : « Retourne vers ton maître et annonce-lui que entre lui et nous il ne saurait y avoir que luttes et combats. » Demeuré seul dans le temple avec le personnage qui s'était montré sous la forme d'un vieillard, le seyyid l'interpella en ces termes : « Au nom du Dieu puissant, je te demande de dire qui tu es? — Je suis Iblis, répondit le pseudo-vieillard, je les égare afin qu'ils meurent tous en état d'infidélité. »

Mour retourna auprès du prince Askia-Kl-lIàdj-Mohammed et lui rendit compte de tout ce qui s'était passé. « Maintenant, ajouta-t-il, votre devoir est de les combattre. » Aussitôt le prince entama la lutte avec eux; il leur tua nombre d'hommes, dévasta leurs champs, saccagea leurs demeures et emmena leurs enfants en captivité. Tous ceux, hommes

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