CHAPITRE TREIZIÈME
OU femmes, qu'on ramena comme captifs, furent l'objet de la bénédiction divine*. Dans toute la contrée, aucune autre expédition, en dehors de celle-ci, n'eut le caractère d'une guerre sainte faite dans la voie de Dieu.
Cette année-là le cadi Habib mourut (Dieu lui fasse miséricorde !). Le prince confia alors les fonctions de cadi au cheikh- el-islâm (vo), le père des bénédictions, Mahmoud", qui devint ainsi cadi de Tombouctou et du territoire de cette ville.
Un de mes confrères, en qui j'ai entière confiance, m'a raconté tenir du chef des musulmans, le jurisconsulte Mohammed-ben-Ahmed-Baghyo'o (Dieu le protège!), que ce fut le jurisconsulte Abou-Bekr, fils du cadi El-Hay, qui engagea Askia-El-Hàdj-Mohammed à choisir, pour le poste de cadi, le jurisconsulte Mahmoud. « Ce jeune homme, lui avait-il dit, est un personnage pieux et béni. » La nomination fut aussitôt faite. Ici se termine ce que m'a rapporté le cheikh ou'akoril
Le jurisconsulte El-Mokhtàr, le grammairien, l'oncle maternel de Mahmoud, était, k ce moment, absent de Tombouctou. A son retour, il reprocha très vivement au jurisconsulte Abou-Bekr la désignation qu'il avait faite. « Pourquoi, lui dit-il, avoir indiqué mon neveu*? n'aviez-vous donc pas un fils digne de remplir les fonctions de cadi? pourquoi ne pas l'avoir désigné^? » A cette époque, le père des béné-