Le mot « qibla » s'emploie souvent pour désigner le sud
successeur. « N'y a-t-il donc pas (*iv) un cadi là-bas ? répondit-il. — Nous n'en connaissons pas, répliquèrent les gens de Dienné. — Lui se connaît bien, répartit le prince ; c'est ce magister, ce noir gros et court qui m'a répondu quand je causais avec le défunt. Il sait bien, lui, qu'il est un cadi, et c'est pourquoi il mettait tant de hâte à me répondre. Qui donc parmi les jurisconsultes aurait pu agir ainsi sinon un cadi. Allez! avant ce jour, il était déjà votre cadi. »
Après le retour de l'expédition contre Ta'ba,le Faran Ali- Kochiya,dont les menées tortueuses étaient parvenues à leur comble, en vint au point de vouloir profiter d'un moment de surprise pour faire assassiner le prince. Mais Ishâq, qui se tenait sur ses gardes, prit en conséquence toutes ses précautions. Arrivé au port de Kabara, il se rendit à Tombouctou pour saluer le cadi, le jurisconsulte Mahmoud ; puis cette visite faite, il revint au port et se hâta de monter dans son embarcation. Voyant cela, le Faran marcha précipitamment pour s'approcher du prince, mais celui-ci enjoignit aux rameurs de s'éloigner jusqu'au miUeu du Fleuve. Le Faran fut tellement suffoqué de cette manœuvre que, sans s'en douter, il entra dans le Fleuve et eut de l'eau à mi-jambe. Désespérant alors d'arriver à ses fins,il s'écria : « Ah! c'est ainsi!» Puis il s'en retourna en proie à une vive colère.
Dès qu'il eut atteint la ville de Kâgho, Askia-Ishâq envoya aux gens de Tendirma l'ordre de chasser Ali-Kochiya de leur pays. Le Faran partit seul et s'enfuit au pays du Ouadaï* où il fut fait captif par un homme qui le vendit. Mis aux fers, il fut ensuite employé à arroser un jardin. Un jour, un certain Arabe, qui au temps de l'arrogance et de la tyrannie du Faran, venait lui vendre des chevaux, l'ayant fixé attentivement, s'écria : « Mais on dirait que tu es le Faran Ali- Kochiya. » En entendant cela, le Faran se précipita dans le
1. C'est la leçon du ms. C. Les autres mss. ont </jljJI « la Vallée ».