CHAPITRE SEIZIÈME
puits (d'où il tirait de l'eau pour l'arrosage) et y trouva la mort.
A l'époque où il exerçait son insolente autorité, 'Ali-Kochiya ne craignait pas d'en abuser et de vendre des hommes de condition libre. Des plaintes à ce sujet furent adressées au cadi Mahmoud qui vint un jour le trouver (^a) et lui dit : c( Pourquoi vends-tu des hommes libres? ne crains-tu pas qu'à ton tour pareil sort ne t arrive? » Ces paroles du père des bénédictions faillirent exaspérer de colère le Faran, mais il se contenta de marquer sa surprise et de contester la chose en disant : « Comment se pourrait-il que je fusse vendu. » Dieu cependant confirma à son égard l'hypothèse émise par le cadi.
ïshâq confia les fonctions de Kormina-Fâri à son frère Daoud qui les conserva huit ans. En l'année 951 (25 mars 1544-15 mars 1545), il se rendit à Kokor-Kàbi ', localité située dans le pays de Dendi. L'année suivante, en 952 (15 mars 1545-4 mars 1546), il envoya son frère Daoud, le Kormina-Fâri, faire une expédition contre Melli. Le sultan de Melli, ayant réussi à s'échapper, Daoud occupa la ville avec son armée et y demeura sept jours. Il avait fait annoncer dans son camp que tout soldat qui voudrait faire ses ordures devait se rendre^ dans le palais du roi de Melli; aussi le septième jour, ce palais, malgré son immense étendue, fut-il rempli de matières fécales. Daoud se mit ensuite en route pour retourner au Songhaï. Quand les habi" tants de Melli entrèrent dans leur ville ils éprouvèrent une vive surprise en voyant dans quel état était la demeure du sultan, et en même temps ils furent étonnés du grand nom-