‹ Tarikh es-SoudanChapitre 151 sur 405 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

que les fonctions de Dendi-Fàri lui sont destinées et qu'il en prendra possession dès demain, s'il plaît à Dieu. »

Le lendemain matin, quand tout le monde fut réuni pour l'audience royale, le prince s'adressa au Ouanado*, dont la mission était de répéter les paroles qu'il adressait à l'assistance, et lui dit : « Annonce à l'assemblée que j'ai consulté Dieu le Très-Haut, afin de savoir à qui je devais confier (n«v) la direction des affaires du peuple de Dendi et que Dieu ne m'a pas indiqué pour remplir cette charge d'autre personne que le Hi-Koï, Bokar-'Ali-Doudo; c'est donc lui qui est maintenant Dendi-Fâri. »

En entendant ces paroles, le Hoko-Koraï-Koï, Kamkoli, se leva; il ramassa un peu de terre^, la répandit devant Askia-Daoud et s'écria : « Est-ce qu'un prince a besoin de dissimuler? Par Dieu! ce n'est pas le Très-Haut qui t'a suggéré ce choix, c'est de toi-même que tu l'as fait. » Puis il alla reprendre le rang qu'il occupait primitivement dans l'assemblée.

Quand Bokar mourut, le prince nomma Kamkoli aux fonctions de Dendi-Fâri; après la mort de Kamkoli, il en investit Bâna qui mourut seulement sous le règne de Askia- El-Hâdj. A cette époque personne ne fut nommé à ces fonctions qui demeurèrent sans titulaire jusqu'à l'arrivée à Kâgho du Kormina-Fàri, El-Hâdi, qui s'était révolté contre Askia- El-Hâdj. Ce fut alors que le Hi-Koï, Bokar-Chîli-Jdji, dit au prince : « Investissez-moi des fonctions de Dendi-Fâri et je vous promets de mettre la main sur El-Hâdi et de vous le livrer. » Bokar, nommé Dendi-Fâri, réussit à arrêter El-Hâdi.

1, Ce mot, est peut-être un nom propre ; mais il semble plutôt que c'est le titre d'une fonction. Le prince ne communiquait donc pas directement avec ses sujets dans les affaires publiques.

2. On a vu déjà que c'était une façon de montrer qu'on se soumettait aux décisions du prince, Kamkoli accepta donc la déchéance dont il était l'objet et reprit la place que lui assurait son titre de Hoko-Koraï-Koï.

Expéditions de Askia-Daoud. — Au mois de chaoual de l'année au cours de laquelle il fut élevé au trône (23 octobre-21 novembre 1549), Daoud entreprit une expédition contre le Mossi. A la fin de l'année 957 (fin de l'année 1550), il fit une campagne contre Tagha\ nom d'une localité sise dans le pays de Bâghena^et qu'on appelle encore Tirmisi et Koma^ Là il fit la guen^e contre le Fondoko, Djâdji-Tomân *, et ramena de cette expédition des chanteurs et un grand nombre de chanteuses dites Mdbi\ il les installa à Kâgho dans un quartier spécial, agissant envers eux comme l'avait fait Askia-El-Hâdj-Mohammed à regard des gens de Mossi.

AumoisdedjomadaP''de l'année 958 (7mai-6 juin 1551), le prince revint à Tendirma et (n^v) ce fut durant cette année-là qu'eut lieu, dans le district de Korzo, une maladie épidémique^ qui fit un très grand nombre de victimes.

En l'année 959 (29 décembre 1551-18 décembre 1552), un conflit éclata entre Askia-Daoud et Kanta, sultan de Lîka; un traité de paix y mit fin en 960 (18 décembre 1552- 7 décembre 1553). L'année suivante, en 961 (7 décembre 1553-26 novembre 1554), Askia-Daoud se rendit à Koukiya d'où il expédia contre le Kachena le Hi-Koï, 'Ali-Doudo, à la tête d'un détachement composé de 24® cavaliers du Songhaï. Ce détachement rencontra, dans un endroit appelé Karfata, un corps de 400 cavaliers appartenant à la population de Libti du pays de Kachena. Les deux troupes en vin^

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