Tant il est maigre et menu
dégagea des liens qui le tenaient attaché à l'arçon de la selle du héraut et pénétra dans la mosquée pour demander qu'on intercédât en sa faveur. L'imam, ayant eu connaissance de ce fait, se rendit auprès du prince pour intercéder en faveur de cet homme. Le prince fit alors venir Saïd-Mâra et dit à l'imam : « Tu peux te retirer, je lui pardonne. » Mais s'adressant à l'imam, Saïd-Mâra lui dit : « Ne pars pas encore, car j'ai une autre faveur à demander au nom de ton influence et du caractère sacré de la grande mosquée. Puisqu'on a annoncé publiquement que j étais hors la loi, je demande qu'on fasse savoir de la même façon que j'ai obtenu mon pardon. De la sorte tout le monde saura ce qui s'est passé et je n'aurais pas à craindre d'être tué injustement, mes ennemis à Kâgho étant fort nombreux. » A ces mots, l'Askia ne put s'empêcher de partir d'un grand éclat de rire et donna des ordres pour qu'on fît droit à la requête qui venait de lui être adressée.
Toutes ces affaires furent réglées, le prince ayant voulu en finir en une seule fois avec tous ces gens-là. Il procéda ensuite aux nominations suivantes : il investit Mahmoudben-Ismaïl des fonctions de Kormina-Fâri : son frère Mohammed-Kàgho fut nommé Balama' ; Mohammed-Hayko, fils du Faran Abdallah, fils du prince Askia-El-Hâdj-Mohammed, devint Binka-Farma.
Ce dernier, ainsi que son frère, le Tonki-Farma, Tilili, avait été doué par Dieu d'une beauté merveilleuse (nvn). Jamais dans tout le Songhaï on n'avait vu deux hommes aussi beaux. Quand ils se rendirent à Tombouctou la foule les suivit pour les admirer.
Le prince nomma encore : Yenba-ould-Sàï-Oulou, Fâri- Mondzo; El-Hasen fut promu Tombouctou-Koï ; Akmadhol, frère de Tadakomadet, devint Maghcharen-Koï. Ce dernier et El-Hasen furent les deux derniers sultans de leur nation