CHAPITRE VINGTIEME
le prince ordonna qu'on lui amenât Korziya et quand il fut là il lui dit : « Prends cet homme et veille sur ce méchant vieillard. » C'était pour avilir Koychâ et l'humilier que le prince agissait ainsi, car Korziya avait la langue affilée ; il était fort expert en injures et en gros mots et Koychà lui servit de cible.
On amena ensuite le Korko-Mondzo Sorko', fils du (>f •) Kala-Cha a : « 0 vieillard, qui cours de sédition en sédition, lui dit le prince, tu ne sortiras pas de mes mains tant que tu ne m'auras pas énuméré, l'une après l'autre, toutes les séditions auxquelles tu as pris part. — Jamais, répondit le vieillard, dans aucune sédition on ne m'a fait un affront pareil à celui que je subis aujourd'hui. — Va-t'en, lui répliqua le prince en riant, je te pardonne pour l'amour de Dieu. ))
Puis ce fut le tour de Saïd-Màra, personnage maladif, extrêmement maigre, mais médisant et déchirant volontiers l'honneur de son prochain. Quand il fut en présence du prince, celui-ci dit : « Voyez cet homme ; on pourrait le faire asseoir à son aise sur le bout d'un bâton ^, etpourtantsi,desalangue il piquait une pierre, il la transpercerait. » Appelant ensuite le Kanka-Farma, il lui dit : « Emmène cet homme dans tous les coins de la ville et fais sur lui la proclamation suivante : Quiconque verra cet homme assis derrière la maison de Bita ou le rencontrera allant par la ville au milieu ou à la fin de la nuit, devra le frapper par le fer, car il est mis hors la loi. Celui qui le rencontrerait et ne le tuerait pas laisserait vivre un ennemi de Dieu et de son Prophète en même temps qu'un de mes ennemis personnels. »
On promena Said-Mâra par la ville comme l'ordre en avait été donné, mais, arrivé devant la grande mosquée, il se