‹ Tarikh es-SoudanChapitre 194 sur 405 · VENUE DU PACHA DJOUDER AU SOUDAN · texte numérisé non relu

VENUE DU PACHA DJOUDER AU SOUDAN

Djouder était de petite taille et avait les yeux bleus. Voici les circonstances qui occasionnèrent sa venue : Il y avait un certain Ould-Kirinfil qui était un des serviteurs du prince du Songhaï. Son maître, le souverain Askia-Ishâq, fils du prince Askia-Daoud, fils du prince Askia-EI-Hâdj-Mohammed, irrité contre lui, lavait envoyé, pour y être interné, à Teghâzza, localité qui faisait partie des Etats des roi du Songhaï et était administrée par eux.

Or le destin voulut que Ould-Kirinfil parvînt à s'échapper de cette localité où il était interné et réussît à se rendre dans la cité rouge de Merrâkech.Son dessein était de se présenter au souverain du pays, le chérif Maulay Ahmed-Edz-Dzehebi, mais celui-ci avait, à ce moment, quitté Merrâkech et se trouvait à Fez où il était allé châtier les chérifs de cette ville.

Il avait fait crever les yeux aux révoltés et bon nombre d'entre eux succombèrent à ce supplice. (Nous appartenons à Dieu et c'est vers lui que nous devons retourner.) Il avait agi ainsi en vue d'avantages purement temporels. (Dieu nous préserve d'un pareil sort!)

Ould-Kirinfil demeura à Merrâkech; de là il écrivit au souverain marocain une lettre dans laquelle il l'informait de son arrivée et lui donnait des nouvelles du pays du Songhaï dont les habitants, disait-il, étaient dans une situation déplorable à cause de la bassesse de leur nature. 11 engageait donc vivement Maulay Ahmed à s'emparer de ce pays et à l'arracher des mains de ses maîtres.

Aussitôt qu'il eut reçu cette lettre, Maulay Ahmed écrivit à son tour au prince Askia-Ishâq, lui annonçant qu'il comptait se rendre dans son pays, que, pour le moment, il était à Fez loin de sa capitale, mais que, si Dieu voulait, l'Askia pourrait, par le document joint à sa lettre, connaître ses intentions. Et, entre autres choses, Maulay Ahmed, dans ce document, demandait qu'on lui abandonnât l'exploitation de la mine de sel de Teghâzza, mine que, plus que tout autre, il avait droit de posséder puisque c'était grâce à lui que ce pays était défendu et protégé contre les incursions des infidèles chrétiens, etc. Ces dépêches expédiées par messager arrivèrent dans la ville de Kâgho pendant que le souverain était encore à Fez, au mois de safar de l'année 998 de la fuite du Prophète (que sur lui soient les meilleurs saints et bénédictions!) (10 décembre 1589-8 janvier 1590). J'ai vu moimême l'original de ces documents. Maulay Ahmed retourna ensuite à Merrâkech. La neige fut si abondante au cours de ce voyage qu'il faiiht périr en route(N va) ; grand nombre de ses gens perdirent les mains ou les pieds par suite du froid et Ton arriva à la capitale dans le plus fâcheux état. Demandons à Dieu qu'il nous épargne ces épreuves.

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