CHAPITRE VINGT-ET-UNIÈME
Le Tombouctovi-Monclzo, Yahia-ould-Bordam, accompagné de ses partisans et des Zaghrâniens habitant Yoroua, était venu attaquer le caïd El-Mostafa-Et-Torki. Il arriva sous les murs de la ville le jeudi, 21 du mois sacré de dzou'lhiddja qui termina l'année 999^ (10 octobre 1591); il avait juré, paraît-il, d'entrer dans la casbah par la porte de Kabara et d'en sortir par la porte du Marché, (^e Yahia, qui était le plus stupide et le plus ignorant des hommes, à peine arrivé sous les murs de la casbah, fut atteint d'une balle et succomba le jour même dans la soirée. Sa tête fut aussitôt coupée, mise au bout d'une perche et promenée par toute la ville. Un héraut suivait, criant à haute voix : « Gens de Tombouctoii, cette tête est celle d'un mondzo de votre ville. Quiconque d'entre vous ne se tiendra pas tranquille subira un sort pareil à celui de ce mondzo. » Puis les soldats marocains, le visage pourpre de colère, se mirent à dégainer (> ia) et àfrapper à toute heure les gens qu'ils rencontraient, ce qui alhima le feu de la révolte.
Revenons maintenant à la fin du récit des faits qui se passèrent entre le pacha Mahmoud-ben-Zergoun et les gens de Songhaï dans ces régions. Mahmoud était campé àKoukiya ; il avait avec lui 174 tentes, chaque tente contenant 20 fusiliers, ce qui donnait un effectif total d'environ 4000 fusiliers\ C'était là une armée considérable telle que personne ne pouvait lui résister ou la mettre en fuite, àanoins d'être secouru ou aidé par le Très-Haut.
Askia-lshâq envoya alors 1.200 cavaliers choisis parmi les plus braves de son armée et parmi ceux qui n'avaient jamais tourné le dos devant l'ennemi. Il mit à leur tête le