C'est par erreur que le ms. C dit
2. A celte époque l'organisation de l'armée marocaine avait été copiée sur celle des Turcs, En campagne les soldais étaient groupés par escouades de 20 hommes qui occupaient une même lente. Il est à peine besoin de faire remarquer que reiïeclir élait de 3.480 hommes et non de 4.000 hommes.
Hi-Koï Laha-Sorkiyâ, homme du plus grand courage et de plus haute vaillance, et lui enjoignit d'attaquer l'ennemi s'il trouvait une occasion de le surprendre à l'improviste.
Peu de temps après avoir quitté l'Askia, cette troupe fut rejointe par le Balama' Mohammed-Kâgho qui avait avec lui une centaine de cavaliers. Comme le Hi-Koï demandait au Balama' pourquoi il venait le rejoindre, celui-ci répondit: « C'est l'Askia qui m'a donné l'ordre de te suivre. — C'est un mensonge et une défaite, répondit le Hi-Koï. Il n'est pas un, grand ou petit, qui ne sache qu'un Balama' ne saurait surveiller un Hi-Koï. Certes il n'est pas permis qu'il en soit ainsi ; mais tout ceci, ô fils de Daoud, n'est dû qu'à vos déplorables habitudes et à vos vils caractères qui vous font ambitionner le pouvoir. » Là-dessus le Hi-Koï Laha s'éloigna avec les personnages de sa suite.
Dauda-Kouro, fils du Balama' Mohammed-Della-Kobronki, sortit alors des rangs du groupe et se dirigea du côté du Hi-Koï. « 0 Dauda, lui dit le Hi-Koï, tu veux donc me tuer, comme ton pèrea tuéMousa, le Hi-Koï de Askia-Daoud ! Tu ne le pourras certes pas, car je suis plus brave que le Hi-Koï Mousa et ton père valait beaucoup mieux que toi. Par Dieu! si tu t'approches de moi, je t'éventre et ferai traîner tes entrailles sur le sol. » Dauda retourna aussitôt dans le groupe d'où il était sorti.
Tout le monde fut plus que jamais convaincu du courage et de la vaillance du Hi-Koï Laha et reconnut qu'il avait eu raison de déclarer qu'il était supérieur en bravoure au Hi-Koï Mousa ( > M ). C'était en effet le plus brave des hommes de son époque. Puis Laha retourna vers Askia-ïshâq et lui raconta ce qui s'était passé. Pcw de temps après cela le groupe dont il a été parlé ci-dessus prêta serment de fidélité à Mohammed-Kâgho et le proclama Askia.
A cotte nouvelle Askia-Ishâq se prépara à partir pour le
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canton de Kobbi ; dès qu'il voulut se mettre en route les chefs des troupes qui avaient été sous ses ordres mirent la main sur tous les insifçnes et les emblèmes de la royauté, puis ils accompagnèrent le prince jusqu'à un endroit appelé Tara: là ils se séparèrent. Le prince leur demanda pardon et eux de leur côté implorèrent sa clémence, puis il se mit à pleurer et tous fondirent en larmes. Ce fut la dernière entrevue qu'il eut avec eux.
Le Créateur, — et nul ne peut résister à ses ordres, ni s'opposera ses décisions, — voulut que Askia-Ishâqse rendît à Tonfina chez les païens du Gourma, qu'il avait combattus l'année précédente. Personne des gens du Songhaï ne l'accompagna dans sa retraite, sauf le Yaï-Farma Bana-Idji et quelques-unes des. personnes de son entourage. Ishâq ne demeura pas longtemps parmi les païens du Gourma , car ceux-ci le mirent bientôt à mort lui, son fils et toute sa suite, en sorte que tous moururent martyrs (Dieu leur fasse miséricorde et leur pardonne!).
Parmi les traits du caractère de Askia-lshâq il faut citer sa générosité; il répandait en dons des sommes considérables. Il avait demandé aux docteurs et aux faqirs de prier le Ciel pour que Dieu ne le fit pas mourir tandis qu'il serait au pouvoir. Ce désir, Dieu le réalisa en sa faveur. Il mourut, si je ne me trompe, dans le mois de djomada II de l'an 1000 (15 mars- 18 avril 1592).