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CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

Dieu lui épargna tout mal de la part des gardes qui ne le virent point. Tâkoro, qui rentra par la porte du Grand Marché, fut arrêté et mis en prison pour être tué ensuite. Mais, le caïd Mâmi ayant hâté son arrivée, le Bàghena-Fâri et ses compagnons, préoccupés (n'w) du soin de sauver leurs personnes, se hâtèrent de quitter la ville et s'enfuirent sans songer à Tâkoro. Dans leur fuite ils se dirigèrent vers la ville de Tîra.

Laissant dans la ville de Dienné une garnison de quarante soldats qu'il plaça sous les ordres de 'Ali-El-'Adjemi, le caïd Mâmi poursuivit sans relâche les rebelles, ayant avec lui le Djinni-Koï, 'Abdallah, le sultan du Màsina et le sultan de Sanqara, Boubo-Oulo-Bîr, chacun d'eux avec ses propres troupes, et atteignit les fuyards dans la ville de Tîra. Là le combat s'engagea. Mâraba^ , le fds du Bàgliena-Fàri, Bokar, s'étant approché, lança un javelot contre la barque dans laquelle se trouvait le caïd Mâmi au milieu du Fleuve ; l'embarcation se fendit de proue en poupe, mais, en un clin d'oeil, les mariniers, tout en restant sur le Fleuve, réparèrent cette avarie et maintinrent le navire en équilibre.

Le caïd réussit ensuite à mettre les rebelles en fuite et les dispersa de tous côtés. Le Bàghena-Fâri et ses enfants s'enfuirent vers le Bindoko et atteignirent la ville du Târanida-Koï ; cehii-ci s'empara d'eux, les mit à mort et envoya à Dienné la tête du Bàghena-Fâri, celle du Bindoko-Yaou et du Ourori-Mondzo et la main de Màraba. De Dienné toutes les têtes furent expédiées par les habitants de la ville à Tombouctou au caïd El-Mostafa et la main de Màraba fut suspendue derrière le château sur la route de Doboro.

Le Djinni-Koï, Abdallah, fit demander aux habitants de la ville de Dienné ce qu'étaient devenus le Mondzo, Bokarna, et le cadi El-Maghribi. Ils renvoyèrent au Djinni-Koï, 1. Ou : Mârba. i

Mondzo Bokarna ; mais, pour le cadi, il se trouva qu'il venait de mourir peu auparavant (Dieu très haut lui fasse miséricorde!).

Quand le caïd Màmi avait résolu de quitter Tombouctou pour accomplir l'expédition dont il vient d'être parlé, le caïd El-Mostafa avait donné l'ordre à Hàmi, qui avait apporté la nouvelle de la révolte, de partir avec l'armée. Mâmi se mit en route avec deux barques chargées de sel. Comme le sel faisait absolument défaut à Dienné quand il y arriva, il le vendit avec un bénéfice très considérable.

Le caïd Mâmi retourna ensuite à Tombouctou. L'ordre était rétabli et, dans toute la région, il n'y avait plus rien qui pût causer quelque inquiétude. Louanges en soient rendues à Dieu le grand, le très élevé. 'Ali-El-Adjemi conserva ses fonctions de chef de la ville de Dienné (que Dieu la garde !), et il fut le premier des fonctionnaires du Makhzen marocain qui administrèrent cette cité.

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