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CHAPITRE VINGT QUATRIÈME

le but qu'il poursuivait, il revint à Tombouctou. Mais, avant de parvenir dans cette ville, il écrivit au caïd, El-Mostafa, lui enjoignant de faire arrêter le cadi 'Omar et ses frères, puis d'attendre s(Jn arrivée. Le caïd répondit qu'il lui était impossible d'exécuter cet ordre : « Attendez, ajouta-t-il, pour ce faire, que vous soyez vous-même ici dans nos murs. »

Dès qu'il fut à Tombouctou, le pacha voulut mettre son dessein à exécution; mais les gens prudents et avisés l'engagèrent à n'en rien faire et à tirer vengeance auparavant de Abou-Bekr-ould-Ël-Ghandàs et de ses complices qui avaient fait périr Ben-Daoud et ses compagnons. Au moment où le pacha allait suivre ce conseil, Abou-Bekr prit la fuite et se mit hors d'atteinte. Le pacha alors attaqua brusquement les Senhadji et en fit un tel carnage que tout le monde s'imagina qu'il ne restait plus dans toute cette contrée un seul Senhadji. En outre le pacha fît un butin considérable.

Cette expédition terminée, le pacha rentra à Tombouctou. Au moment où il avait quitté le pays de Dendi, il avait laissé derrière lui, à Kâgho, le pacha Djouder qu'il avait nommé son lieutenant dans cette ville. Pendant le trajet il s'était arrêté pour bâtir la casbah de Benba dans laquelle il installa une garnison qu'il plaça sous les ordres du caïd El- Mostafa-ben-'Asker .

Ce fut après être rentré à Tombouctou, de retour de Rasel-Mâ où il était allé attaquer les Senhadji, que le pacha Mahmoud commença à prendre les mesures qui devaient aboutir à l'arrestation des jurisconsultes enfants de Sidi Mahmoud (Dieu fasse miséricorde à celui-ci et nous soit favorable à cause de lui!).

Le principal auxiliaire du pacha et son conseiller le plus influent à cette époque était Habîb-ould-Mohammed-Anbâbo. La première mesure qui fut prise, après délibération, fut de

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faire annoncer à Tombouctou par un crieur public que le pacha devait le lendemain faire une perquisition dans toutes les maisons de la ville, que tout individu, dans la maison duquel on trouverait des armes, n'aurait qu'à s'en prendre à lui-même du sort qui l'attendrait s'il avait des armes et que seules les maisons des jurisconsultes enfants de Sidi Mahmoud seraient exceptées de la perquisition.

A cette annonce, la population entière se hâta de transporter toutes ses richesses dans les maisons des jurisconsultes pour les y mettre en dépôt. On pensait en effet que si le pacha trouvait de l'argent dans une quelconque (>ni) des maisons au moment de la perquisition, il s'en emparerait par la violence et injustement. Tel était en effet le but réel de ceux qui avaient pris cette mesure.

Le lendemain, la perquisition eut Heu et toutes les maisons de la ville furent fouillées. A la suite de cette opération, le pacha fit annoncer par le crieur public que, les jours suivants, tous les habitants devraient se réunir dans la mosquée de Sankoré pour y prêter serment de fidélité au sultan Maulay Ahmed.

Quand tout le monde fut assemblé dans la mosquée, on fit prêter serment aux gens du Touat, à ceux du Fezzan, à ceux d'Audjela et à tous ceux qui appartenaient à cette région. Cela dura tout le premier jour qui fut un lundi, 22 du mois sacré de moharrem, le premier des mois de l'année 1002 (18 octobre 1593). Puis le mardi, 23 du même mois, ce fut le tour des gens de Oualata, de Oueddan et autres personnes de ces régions.

« H ne reste plus maintenant que les jurisconsultes qui n'ont pas encore juré, dit alors le pacha; ce sera pour demain en présence de tout le monde. » Le jour suivant, quand tout le monde fut réuni dans la mosquée, on ferma les portes, puis on fit sortir tous les assistants à l'exception

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