Cette épithète pourrait à la rigueur être un surnom
cation de s'approcher. Le caïd 'Ammâr monta alors sur une barque du Fenfa Saïd-Dogha et toute la garnison put ensuite gagner ainsi Tombouctou et y arriver en toute sécurité.
Après que le pacha Djouder fut retourné à Merrâkech, les habitants de Dienné chassèrent de leur ville le sultan de Melli ; le caïd 'Ammâr était alors pacha, et des félicitations lui furent adressées par l'intermédiaire du chaouch Mesaoud-El-Lebbân qui alla le trouver sur la barque du Fenfa dont il a été question ci-dessus. Le Fenfa racontant cet événement ajouta : « Quand nous fûmes en présence du pacha, celui-ci me dit : « N'est-ce pas toi qui m'as em- « mené dans ta barque lorsque nous avons évacué la casbah « de Kolen? — Oui, lui répondis-je. » Et je vis par là combien sa vue était perçante et sa mémoire fidèle. »
En réponse à la démarche des envoyés du cadi 'Omar qui s'étaient rendus à Merrâkech, le sultan Maulay Ahmed envoya à Tombouctou le caïd Bou-ïkhtyâr, peu de temps après la capture des jurisconsultes', et, si je ne me trompe, c'était au mois de safar de l'année 14)02 (27 octobre-25 novembre 1593). Ce caïd était un renégat chrétien (nvy) au teint bronzé et fort bel homme. Fils d'un prince chrétien, dont les frères étaient jaloux de sa mère, une favorite, il dut, pour échapper à leurs persécutions réitérées, se réfugier auprès du souverain musulman du Maroc Moulay Ahmed. Son père envoya alors des sommes considérables pour le racheter; mais quand il reçut cet argent, Maulay Ahmed le remit au jeune homme en lui disant : « Tout ceci t'appartient, c'est ta propriété légitime. » Il était d'usage dans ces circonstances de ne jamais remettre l'argent ^
1. C'est à-dire: des arrestations opérées par le pacha Mahommed-ben-Zergoun.
2. L'auteur veut dire qu'il n'était pas d'usage de remettre au captif l'argent destiné à son rachat, quand ce rachat, pour un motif quelconque, n'était pas effectué.