CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
En fin de compte le sultan accorda sa grâce au cadi 'Omar et lui écrivit un rescrit à ce sujet. Il fit partir les envoyés du cadi avec le caïdBou-Ikhtiyâret donna l'ordre à ce dernier dédire au pacha Mahmoud de ne molester en aucune façon le cadi ni ses gens. Auparavant, le sultan avait écrit au pacha d'arrêter tous ces gens-là et de les lui amener enchaînés ; mais personne dans son entourage ne savait que cette lettre avait été écrite.
Quand on arriva à Teghazza, le caïd Bou-Ikhtiyàr, ayant appris tout ce que Mahmoud-ben-Zergoun avait fait contre les jurisconsultes à Tombouctou, manda Chems-Ed-Dîn pendant la nuit et lui dit : « Maulay Ahmed m'a trompé et vous a trompés. » Puis il raconta à Chems-Ed-Dîn tout ce qui avait été fait contre les personnes de sa famille et l'engagea à chercher un moyen de sauver sa vie.
Chems-Ed-Din se réfugia alors auprès de Aïssa-beu-Seliman-El-Berbouchi, cheikh des Oulad Abderrahman, dont les tentes à ce moment se trouvaient derrière Teghazza. Il se plaça sous la protection de ce cheikh et lui demanda de le conduire jusqu'à la ville de Ouâda*. Accédant à son désir, le cheikh conduisit lui-même Chems-Ed-Dîn dans cette localité, et ce dernier y séjourna jusqu'au moment où le très docte jurisconsulte Ahmed-l^aba revint à Tombouctou. Alors Ahmed-Baba l'envoya chercher. C^hems-Ed-dîn vint trouver Ahmed-Baba, habita avec lui et mourut peu de temps après cela (que Dieu lui fasse miséricorde!).
Quant à Maham-ould-Idider il reçut également un écrit de sauvegarde qui lui fut délivré par Maulay Ahmed et qu'il remit au pacha Mahmoud lui-même, lorsqu'il arriva à Tombouctou en compagnie du caïd Bou-Ikhtiyâr; celui-ci était à la tête d'une armée composée de 1.200 soldats : 600 de ces soldats, provenant des populations de Massa, marchaient