‹ Tarikh es-SoudanChapitre 245 sur 405 · CHAPITRE VINGT-SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIÈME

le Djanbal et cela sous le règne du prince Askia-El-Hàdj- Mohammed. Anyayâ-Kaneta conserva le pouvoir pendant trente ans; durantvingtansil l'exerça au Mâsina et, pendant dix années, dans le Djanbal.

Anyayâ-Kaneta eut pour successeur le fils de son frère, Soudi-ben-Djâdji-Kâneta. Il demeura au pouvoir dix ans et épousa Yebkano, la fdle de Anyayâ, dont il eut deux fils : llo-Soudiet Hammedi-Foulàni. Quand Soudi mourut (nav) une discussion se produisit entre son fils Ilo et son oncle Ilammedi-Siri, le fils de Anyayâ, et tous deux se disputèrent le pouvoir souverain. Le litige ayant été porté devant le prince Askia-Ishâfj, fils du prince Askia-El-Hâdj-Mohammed, l'Askia décida qu'ils partageraient le pouvoir et, après avoir donné à Ilo-Soudi et à son compétiteur Hammedi-Siri un costume royal et un cheval, il les renvoya tous deux dans leur pays en disant : « Que le peuple obéisse à celui des deux qu'il aimera le mieux ! » La population de Mâsina se divisa en deux fractions : la plus importante obéit à Ilo et le reste reconnut l'autorité de Ilammedi-Siri.

Un combat s'engagea alors entre les deux princes : Ilo vainqueur chassa son rival du pays. Hammedi se réfugia auprès des Sanqar et leur ayant demandé du secours, il revint au Mâsina reprendre les hostilités. Vaincu de nouveau par Ilo, il alla s'adresser à l'askia qui était à Kâgho. Celuici députa un messager à Ilo pour l'inviter à se rendre auprès de lui. Ilo obéit à cette injonction et s'embarqua pour se rendre à Kâgho; mais, avant d'arriver dans cette localité^ il fut tué sur l'ordre du prince. Il n'était resté au pouvoir qu'une seule année.

L'autorité demeura donc aux mains de Hammedi-Siri ; il la conserva durant quatre années et, pendant tout co temps, Hammedi-Foulâni demeura à Kâgho auprès de l'askia. Comme certains habitants du Mâsina refusaient

d'obéir à Hammedi-Siri, l'askia donna le sultanat du Mâsina à Hammedi-Foulâni qui retourna dans son pays avec des troupes de l'askia. Hammedi-Siri ayant aussitôt pris la fuite, tout le pouvoir se trouva réuni aux mains de Hammedi-Foulâni qui se mit à la tête de la tribu de son père et razzia les troupeaux de Soudo-Kahmi qui était un descendant de Djâdji-ben-Sâdi. La tribu de Soudo abandonna complètement le pays de Mâsina et se réfugia auprès de l'askia à qui elle paya une redevance. De la sorte Hammedi- Foulâni n'eut plus dans tout le Mâsina d'autre adversaire que la tribu de Anyayâ.

Hammedi-Foulâni fit encore une expédition contre la tribu de Ouorardo-'Ali et celle de Ouoro-Moko. Ces deux tribus étaient venues de Qayâka s'établir au pays de Djanbal sous le règne de Anyayâ et s'étaient fondues en une seule. A la suite de l'expédition dirigée contre elles, ces tribus se réfugièrent dans le pays de Kaha et y demeurèrent. Le prince qui les commandait* alors conserva le pouvoir pendant vingt-quatre ans ; puis il fut destitué parDinba-Lakâro, le petit-fils de Soudo-Djâdji, qui ne garda le pouvoir que cinq mois, suivant les uns, six mois, suivant d'autres, et qui fut à son tour remplacé par Hammedi-Foulâni qui resta leur chef jusqu'à sa mort.

Sur l'ordre de l'askia, Bâbo^-Ilo succéda à Hammedi- Foulâni (>aa) et demeura au pouvoir pendant sept ans. Il mourut dans la ville de Kàgho et eut pour successeur Borhom^-Bouy fils de Hammedi-Foulâni; lui et Boubo-Iio avaient la même mère qui étaient Bouy, la fille de Dinba.

1. Le texte est peu clair ici, le nom du chef n'étant pas mentionné dans les mss. A et B et le ms. C ayant une lacune en cet endroit. Il semble cependant qu'il s'agit de Anyayâ.

2. Il faut sans dire lire Boubo-Ilo qui est la forme donnée pour ce nom un peu plus loin.

Page 1