CHAPITRE VINGT-SIXIEME
bœufs égarés passant par là s'arrêtèrent auprès d'eux; ils en prirent un, l'égorgèrent et en firent leur souper.
Le lendemain, ils poursuivirent leur marche, chassant devant eux les bœufs et arrivèrent ainsi à une colline appelée Mâsina et située sur le territoire du Bâghena-Fâri. Là ils trouvèrent des Sanhadji, porteurs de tresses, qui avaient établi leur résidence en cet endroit; ils demeurèrent avec eux jusqu'à ce qu'ils eurent été rejoints par les personnes de leurs familles, qu'ils avaient laissées en arrière. Maghan se rendit alors auprès du Bâghena-Fâri, et quand il fut en sa présence, il le salua, lui raconta son aventure, et lui dit ce qu'il désirait.
Le Bâghena-Fâri souhaita la bienvenue à Maghan, lui fit un excellent accueil et l'iîivita à s'établir sur son territoire, à l'endroit qui lui plairait. Puis, il le nomma sultan des personnes qu'il avait amenées avec lui. LesFoulâni commencèrent à venir rejoindre Maghan, les uns appartenant à la même tribu que lui, les autres provenant de la tribu de Sanqar qui, à cette époque, nomadisait sur le territoire compris entre les bords du Fleuve et Mima.
Maghan eut de nombreux enfants : l'aîné se nommait Bohom-Maghan, les autres Ali-Maghan, Denba-Maghan, Kouba-Maghan, Harenda-Maghan ; ces cinq enfants, tous frères germains, avaient eu pour mère Dimmo-bent-Yadala; les autres enfants étaient : Yalila-Maghan, seul fils d'une autre femme de Maghan et Hammedi-Binda et Sanba, tous deux fils de la même mère.
Quand Maghan-ben-Sâdi mourut, il eut pour successeur comme sultan son fils aîné Bohom, qui se maria avec une femme nommée Yedenki dont il eut un fils appelé Nakiba- Yedenki (nai); ce fut à cette même femme que Ouara- Yedenki rattache son origine. Il épousa une autre femme du nom de Kaffi dont il eut un fils appelé Kâneta-'Ah dont
est issu Ouorârdo*-'Ali. 11 épousa encore une autre femme appelée Tiddi qui donna le jour à Hammedi-Tiddi, et c'est à cette femme que rattachent leur généalogie Ouoro-Tiddi, Za'aki-Tiddi et Ouededo '-Tiddi.
A sa mort, le sultan Bohom-Maghan laissa la royauté à son frère 'Ali-Maghan ; c'est de ce dernier prince que descend Ouoro-'Ali. Sauf ces deux personnages, aucun des autres enfants de Maghan n'occupa le sultanat. Quand 'Ali mourut, il laissa comme successeur au trône le fils de son frère, Kâneta-ben-Bohom, qui épousa une fille de la tribu des Sanqar, appelée Derâma-Sâfou^ et dont il eut comme enfants : Djâdji-Kâneta, Anyayâ-Kâneta, Denba'^-Kâneta, Yoro-Kâneta, Lanbouro^-Kâneta et Kani-Kâneta . Il épousa une autre femme du nom de Bonka, dont il eut un seul enfant, Moko-Kâneta. C'est à ce personnage que remonte Ouoro-Moko.
Quant à Djàdji-Kâneta, il épousa Benba-bent-Iiammedi- Tiddi dont il eut un fils, Soudi, qui fut la tige de rejetons parmi lesquels on compte Ouoro-Boki et Ouoro-Dibba, l'ancêtre du jurisconsulte Ahmed-Bîr-El-Mâsini.
Kâneta périt dans une bataille que lui livrèrent les Zaghrâni et dans laquelle ceux-ci furent vainqueurs; à cette même époque les Mossi avaient vaincu aussi les gens duMàsina. Kàneta eut pour successeur son frère 'Ali à qui Dieudonna la victoire sur les Zaghrâni et sur les Mossi, car il les vainquit tous deux. Il eut pour fils Denba-'Ali, Djenka-'Ali et Chimmo-'Ali. A sa mort, il fut remplacé sur le trône par Anyaya-Kàneta qui quitta leMàsina pour se transporter dans