CHAPITRE VINGT-HUITIÉME
se livrant sur elles à la débauche (Y»n). Ce fut exactement la répétition des actes commis par Mahmoud-ben-Zergoun lorsqu'il avait envahi les habitations des fils du Seyyid Mahmoud. Le Souverain tout-puissant, qui ne néglige jamais de punir les méchants, avait ainsi voulu faire mesure égale dans le châtiment.
L'argent, les bardes, les meubles qui se trouvaient dans les habitations furent enlevés par les révoltés qui les dispersèrent de tous côtés et dans tous les pays. Un grand nombre de ces objets furent apportés dans la ville de Tombouctou pour y être vendus par des commerçants. Tout le monde voulut acheter de ces choses et en avoir en sa possession. Certains de ces meubles finirent par arriver dans l'habitation des fils de Mahmoud où l'on peut admirer leur beauté et la façon merveilleuse dont ils étaient ajustés. Ce fut un grand enseignement que Dieu donna à ceux qui sont clairvoyants, car ils virent comment agit Celui dont la force et la puissance sont uniques au monde.
Le prince, le sultan Maulay Ahmed-Edz-Dzehebi était le fils de Maulay Mohammed-Ech-Cheikh, fils de Maulay Mohammed-Amghâr* le chérif, fils d'Abderrahman. Sa mère était une concubine^ du nom de Lella- Aouda; elle était la fille d'unFoulâni.
Mohammed Amghâr était venu de l'Orient au Maroc ; il était allé dans le pays du Sous marocain et s'y était établi à demeure. Les habitants de la contrée l'avaient accueilli avec les plus grands égards, lui témoignant force honneurs et respects. Il finit par être nommé chef du Sous et en fut le souverain pendant trente-trois mois.