CHAPITRE VINGT-HUITIÈME
désir, le sultan donna au prince marocain une armée de soldats turcs en nombre suffisant qui permit à Abdelmalek de vaincre le fils de son oncle paternel, MauJay Mohammed, fils de Mauley Abdallah. Celui-ci vaincu se réfugia auprès des chrétiens et Maulay Abdelmalek occupa le pouvoir souverain à son tour pendant un an et neuf mois également.
Maulay Abdelmalek modifia les usages de ses ancêtres pour les remplacer par les coutumes turques. Il emprunta aux Turcs la forme de leurs vêtements, leur façon de manger et jusqu'aux titres de leurs fonctionnaires qu'il fit prendre aux siens. Enfin tout dans l'empire marocain fut organisé à la façon turque. On y fit usage de toutes sortes d'armes à feu; on y revêtit des caftans, desférédjé\ des chîrkhoukh^ etc., les fonctionnaires prirent alors les titres de bachoud, d'odabâchi, d'oldach, etc.
De son côté Maulay Mohammed, fils de Maulay Abdallah, avait demandé au souverain chrétien^ de lui fournir des troupes pour combattre Maulay Abdelmalek. Le prince chrétien accéda à sa demande et mit son propre fils à la tête de l'armée qu'il fournit. Les troupes se rendirent au Maroc et Dieu voulut que, dans la bataille qui fut livrée contre les Marocains, trois personnages moururent sans cependant prendre une part directe à l'action* : Maulay Mohammed, Mauley Abdelmalek et le fils du souverain chrétien. Ce fut là une étrange coïncidence décrétée (t • a) par le Tout-Puissant, Celui qui sait tout.
La bataille engagée entre les deux armées continua sans que, de part ni d'autre, aucun des combattants connût la mort du sultan Maulay Abdelmalek. Le caïd Mohammed-