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C'est-à-dire sans combattre personnellement

Thab'a cacha cet événement et n'en fit part à personne. 11 allait à chaque instant vers la litière où se trouvait le souverain Maulay Abdelmâlek, lui adressait la parole, faisait l'éloge des hommes qui combattaient vaillamment et retournait ensuite auprès de ceux-ci pour leur dire que le sultan les saluait, voyait ce qu'ils faisaient, les en remerciait et faisait des vœux pour eux. Ce manège dura jusqu'au moment où les troupes des chrétiens vaincues tournèrent le dos et prirent la fuite.

Dès que la nouvelle de la mort de Maulay Abdelmâlek fut connue, Maulay Ahmed-Edz-Dzehebi se sauva et alla se cacher, craignant qu'on ne le tuât. Les Turcs songèrent à nommer sultan du Maroc Maulay Isma ïl, fils de Maulay Abdelmâlek, mais les habitants de Merrâkech n'en voulurent point et ils allèrent chercher Maulay Ahmed dans la retraite où il s'était caché à ce moment et relevèrent au pouvoir; dès lors, Maulay Ahmed demeura souverain.

Tout d'abord Maulay Ahmed, à la suite d'une haine ancienne qu'il avait contre les caïds de son frère à cause de la conduite qu'ils avaient tenue vis-à-vis de lui, les fit mettre à mort. Parmi eux se trouvaient le caïd Ed-Deghâli, le caïd Redhouân, le caïd Dja'afer et le caïd 'Ali-Ël-Djonaouni. Furent seuls épargnés le caïd Djouder et le caïd Mohammed-Thaba'. Toutefois Djouder fut interné dans une maison de campagne où il resta durant douze aas, jouissant d'ailleurs dans cette captivité de toutes les douceurs de l'existence et de tous les plaisirs de la vie.

Après ces douze années, Maulay Ahmed rendit la liberté à Djouder et l'envoya en qualité de pacha au Soudan. Djouder occupa ces hautes fonctions pendant vingt-sept ans et demi; il y déploya une merveilleuse intelligence et fit preuve des connaissances les plus extraordinaires en toute chose et des plus hautes conceptions. Son bonheur dans les affaires

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