CHAPITRE TRENTE-QUATRIEME
pacha 'Ali-ben-'Abdallah-Et-Telemsâni. A cette époque le hàkem de Dieiiné était El-Belbàli et le sultan nègre*, le Djiniii-Koï, Abou-Bekr-Sakora.
Durant le mois sacré de moharrem commençant l'année 1025 (20 janvier-19 février 1616), mourut, si je ne me trompe, l'askia Haroun, fils de l'askia El-Hàdj-Mohammedben-Daoud.
Pendant le mois de safar (19 février-19 mars 1616) mourut mon ami et maître le jurisconsulte, Mohammed SâUh-ben-'Ali-ben-Ez-Ziâd (Dieu très-haut lui fasse miséricorde et lui accorde le pardon!).
Le mercredi, entre midi et trois heures, le 5 du mois de rebi' V de l'année 1025 (19 mars-18 avril 1616), mourut le jurisconsulte, l'iraam, El-Mostafa-ben -Ahmed -ben - Mahmoud-ben-Abou-Bekr-Baghyo o; il fut enterré le même jour (Dieu lui fasse miséricorde!). C'était un hoqame d'un caractère doux, tranquille, taciturne et supportant avec patience les importunités des gens. 11 avait étudié sous la direction de son célèbre oncle paternel, le jurisconsulte Mohammed-Baghyo'o qui lui avait fait étudier la Risala, le Mokhtasar et d'autres ouvrages. Toutefois il n'avait pas achevé avec son oncle l'étude du Mokhtasar. Il reçut également les leçons du jurisconsulte Otsman-El-Filàli, du jurisconsulte Mohammed-ben-Mohammed-Koraï et du jurisconsulte 'Abderrahman-ben-Ahmed, le modjtahid. Ce fut avec ce dernier qu'il étudia le Modaououana et la Mouatta.
Au début de ses études et du vivant de son oncle, il avait appris du jurisconsnlte Ahmed-Baba, fils du jurisconsulte Ahmed, les éléments de la langue arabe, du Mokhtasar et d'autres matières. Le fils de sa tante paternelle, Mahmoud, (tt^) lui avaitenseigné VAlfiya et d'autres sciences. Lorsque
l. Le texte dit : « Soudanais ». C'est-à-dire le chef des indigènes soudanais.
le jurisconsulte Ahmed-Baba revint de Merrâkech, El-Mostafa assista quelque temps à ses conférences.
Il fut nommé imam de la mosquée de Mohammed-Naddi au mois de cha'ban de l'année 1008(15 avril- 14 mai 1600) et conserva ces fonctions jusqu'à sa mort. Il suppléa le prédicateur de la mosquée à partir de l'année 1016 (28 avril 1607-17 avril 1608). Il était né (Dieu lui fasse miséricorde!) en l'année 973 (29 juillet 1565-19 juillet 1566).
Au mois sacré de dzou 'l-qa'da de l'année précitée (10 novembre-10 décembre 1616), mourut, dans la ville de Dienné, mon ami le jurisconsulte Sa'ïd, connu sous le nom de Sankam'; il était le fils du compagnon de mon père, son intime et cher ami, Baba-Koraï (Dieu lui fasse miséricorde et lui accorde sa grâce bienveillante!) Il fut enterré dans le cimetière de El-Djenan\
Durant Je mois sacré de moharrem, le premier des mois de l'année 1026 (9 janvier-29 décembre 1617), mourut le cheikh, l'éminent, le vertueux, l'ascète, Mohammed-ben- El-Mokhtâr; c'était le coryphée des panégyristes du Prophète et on le surnommait San^ Depuis mon adolescence jusqu'à sa mort je le fréquentai très assidûment; je lui dois un grand nombre de connaissances utiles (Dieu lui fasse miséricorde et lui accorde sa clémence !). Il était âgé de quatre-vingt-quatre ans. Le jour de sa mort, mourut également la servante de Dieu Khadidja-Ouaïdja, la fille de El-Hâdj-Ahmed-ben-'Omar-ben-Mohammed-Aqit ; elle était âgée de quatre-vingt-quatorze ans: il y avait donc entre eux une différence d'âge de dix ans (Dieu leur fasse miséricorde et leur soit indulgent. Amen!).
Le mercredi dans la nuit, après la prière du deuxième