CHAPITRE TRENTE-QUATRIEME
'acha,le l*'" du mois de safar de cette même année (8 février 1617), mourut mon père, Abdallah-ben-'Imràn-ben-'Âmir- Es-Sa ïdi*. Selon le vœu qu'il avait exprimé avant sa mort, les prières dernières furent dites sur lui par notre cheikh, réminent, l'ascète, le saint de Dieu, le jurisconsulte El-Amîn, fils de Ahmed, frère du jurisconsulte Abderrahman-ben-El- Modjtâhid. La cérémonie eut lieu le jeudi matin, et, aussitôt après, il fut enterré près du tombeau de son propre père dans le cimetière de la grande-mosquée. Ce fut également le cheikh El-Amîn^ qui, sur la recommandation démon père, le descendit lui-même dans la fosse. L'excellent, l'éminent, le saint,le vertueux, notre maître, le jurisconsulte, Mohammed- Baghyo'o-El-Ouankori assista au lavage du corps et une foule considérable de hauts dignitaires, de cheikhs, de jurisconsultes, de saints, de notables et de gens de toute condition, furent présents à l'office et aux funérailles. Personne dans la ville ne manqua d'assister à cet enterrement, sauf ceux qu'un motif sérieux en empêcha ou ceux encore qui n'ont cure de se rendre dans les assemblées honnêtes. (Dieu, dans sa grâce et sa générosité, lui soit indulgent et lui pardonne !) Mon père, si je ne me trompe, avait (v£«) soixante-sept ans. Il était né l'année 60 du dixième siècle (960). (Dieu l'élève aux plus hauts degrés du paradis !)
Durant le même mois, mourut, dans la ville de Dienné, l'imam, le cadi Sa'ïd. Il avait occupé les fonctions de cadi pendant un an et huit mois. Il eut pour successeur, dans ces fonctions de cadi, le cadi Ahmed, fils du cadi Mousa-Dâbo.
Au cours delà deuxième décade du mois de rebi' P de cette même année (19-28 mars 1617), mourut, à Dienné, l'ami intime de mon père, Baba-Koraï-ben-Mohammed-
1. On trouve cet ethnique orthographié tantôt Sa'ïdi, tantôt Sa'di. Cette dernière forme a peut-être été adoptée pour laisser croire à un lien de parenté avec les chérifs Sa'adiens qui ont régné au Maroc.
Koraï (Dieu lui fasse miséricorde et lui accorde son indulgence et son pardon!).
Dans la seconde décade du mois sacré de dzoul-hiddja, qui termina l'année 1026 (10-19 décembre 1617), mourut Nânâ-Sîri, fille de l'oncle maternel de mon père, le jurisconsulte, l'ascète, le lecteur du Coran, Seyyid x\bderrahman-ben-Seyyid-'Ali-ben-Abderrahman. Elle était d'origine ansarienne'. A cette même époque mourut également la noble hachémite et hassanite, Fatma, fille du chérif Ahmed- Es-Seqli". (Dieu leur fasse miséricorde et nous fasse profiter de leur bénédiction. Amen!)
Le vendredi matin, au lever de l'aurore, la veille du dernier jour du mois de moharrem, le premier mois de l'année 1027 (27 janvier 1618), mourut le saint de Dieu, l'auteur des prédictions réalisées, le jurisconsulte Mohammed- 'Oriâner-râs. Ses funérailles eurent lieu dans la matinée el l'office funèbre fut célébré dans le mosalla des funérailles situé dans le Sahara ^ Toute la population, sans distinction de classe, assista à son convoi et on l'enterra près du tombeau du jurisconsulte Mohammed, mais en dehors de son mausolée du côté de l'est.
Voici la biographie de ce personnage telle qu'elle a été donnée par le cheikh, le jurisconsulte Mohammed-ben-Ahmed-Baghyo"o-Kl-Ouankori : « Son nom était Mohammedben-'Ali-ben-Mousa, mais il était plus connu sous celui de Mohammed-'Oriàn-er-râs. C'était un personnage vertueux. Il avait reçu les leçons des jurisconsultes de son temps, tels
1. C'est-à-dire descendant des Ansars ou compagnons du Prophète,
2. Abdesselara-ben-Et-Tavyeb-El-Qâdiri, dans son traité intitulé j ^^1 jjjl
,^-J-l i**JJI vjAt (j* cr^*. if> J»«j. indique les chérifs dits « Es-Çeqliyouna », ou les Çeqli, comme les plus célèbres de ceux apparentés aux Hosaïniyouna ou Hosaïnites ; ils sont établis à Fez. (Cf. p. 69 de l'édition de Fez.)
3. Par ce mot il faut entendre la partie désertique de la banlieue de Tombouctou.
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que les deux frères Abdallah et Abderrahman, fils du jurisconsulte Mahmoud, le jurisconsulte Mohammed Baghyo'o et le jurisconsulte Ahmed-Mo'yâ. Au début de sa vie il se livra à l'enseignement, puis il y renonça et resta confiné chez lui, ne sortant même pas pour aller à l'office du vendredi. U devait sans doute avoir un motif légitime pour agir ainsi. Sa renommée de sainteté s'étant répandue, il reçut les visites des pachas et autres personnages, et les Arabes, chez qui sa réputation était parvenue, venaient solliciter sa bénédiction et lui apportaient des cadeaux et des ex-voto. Quant à 'Orian-er-râs, il vivait sans sortir de chez lui d'une façon misérable, ne portant point de chaussures (vt>) et il n'eut point de portier, sinon vers la fin de sa vie. Sa générosité et sa bienfaisance étaient célèbres (Dieu lui fasse miséricorde!). Il naquit, d'après ce que j'ai entendu dire, en l'année 955 (H février 1548-30 janvier 1549). C'était un homme ferme, patient et résolu en toutes choses.
Dans la première décade du mois de rebi' II de cette même année, (28 mars-7 avril 1618), mourut le pacha 'Aliben-Abdallah-Et-Telemsâni à la suite de la torture que lui fit subir le caïd Màmi-Et-Torki. Il fut enfoui* dans les écuries, sans que son corps fût lavé, ni qu'on fît sur lui la moindre prière.
A la fin du mois sacré de moharrem, le premier mois de l'année 1028 (17 janvier 1619), mourut le pacha Haddouben-Yousef-El-Adjenàsi ; il fut enterré dans la mosquée de Mohammed-Naddi.
Au mois de cha'bân de la même année (14 juillet- 12 août 1619), mourut le pacha Ahmed-ben-Yousef-El-'Euldji ; il fut enterré dans le cimetière de la grande-mosquée.
Cette même année également, si je ne me trom{>e, mou-
1. Les musulmans esliment que l'un des plus cruels châtiments qu'on puisse infliger à un fidèle esl de ne point l'ensevelir selon les rites.
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rut, dans la vilU; de Dieniié, le jurisconsulte Mahmoud, surnommé El-Fa'-Siri* ; il était le fds de Seliman-ben-Mohammed-Karama'-El-Ouankori. (Dieu lui fasse miséricorde!)
Le vendredi, 28 du mois de moharrem, le premier des mois de l'année 1029 (5 janvier 1620), mourut le cheikh, le jurisconsulte, le docte, l'imam, Mohammed-ben-Mohammed-Koraï. (Dieu lui fasse miséricorde et lui accorde le pardon !)
Le dimanche, vers midi, le 15 du mois de chaouâl de cette même année (13 septembre 1620), mourut dans la ville de Dienné, le Djinni-Koï-Yenba, fds du Djinni-Koï Isma'il.
Durant la dernière décade du mois de ramadan de l'année 1030 (9-18 août 1621), mourut ma tante maternelle Zahra-bent-'Imrân.
Le samedi 10 du mois de djomada 1"', si je ne me trompe (23 mars 1622), mourut l'imam de la grandemosquée, l'imam Mahmoud, fils de l'imam Seddiq-ben- Mohammed-Ta'li. 11 avait occupé les fonctions d'imam pendant 26 ans et y avait débuté à 1 âge de 70 ans. (Dieu lui fasse miséricorde et efface ses péchés !). Par suite de cette mort l'imam Abdesselàm-ben-Mohammed-Doko*-El-Foulàni fut titularisé dans ces fonctions qu'il remplissait à titre de suppléant depuis fort longtemps et cette titularisation fut faite le mercredi, 14 de (xtr) ce même mois.
Le jeudi soir, 16 du mois de rebi' P' de cette même année (29 janvier 1632), moururent, ainsi qu'il a été dit précédemment, le caïd Mohammed-ben-'Ali, le pacha Mohammed-ben-Ahmed-El-Mâssi et le lieutenant-général Mob ammed-ben-Kanbakal-El-Màssi .
Durant la première décade du mois de chaoual de la