CHAPITRE QUATRIEME
de leurs glaives et exterminé presque toute la population {\\), ces messagers célestes disparurent tout d'un coup, par la vertu du Tout-Puissant, sans que personne ait jamais su d'où ils étaient venus, ni par où ils s'en étaient allés.
De ce jour commencèrent la faiblesse et l'avilissement de ces populations ; cela dura jusqu'au règne du prince des Croyants, Askia-El-Hâdj-Mohammed, qui, ainsi que le firent après lui ses enfants, guerroya sans cesse contre elles, en sorte qu'il ne se trouva plus personne parmi elles, qui osât relever la tête.
La population de l'empire de Melli se divisa en trois groupes; chacun d'eux eut à sa tête un prétendu sultan; mais les deux caïds méconnurent l'autorité de ces souverains et se déclarèrent également indépendants chacun dans son domaine respectif.
Au temps où la puissance de la dynastie de Melli était prépondérante, elle avait cherché à soumettre les gens de Dienné, mais ceux-ci avaient toujours résisté. Dans les nombreuses expéditions dirigées par les gens de MeUi, dans les combats terribles et fréquents qui se renouvelèrent jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf fois contre les gens de Dienné, la victoire resta toujours à ces derniers. On raconte que le nombre des combats entre les deux peuples devra nécessairement, dans l'avenir, atteindre le chiffre de cent, et que, cette fois encore, ce seront les gens de Dienné qui seront les vainqueurs.