Ms. G : Kamya-Koï
6. Ralfs transcrit les titres de ces douze sultans de la manière suivante : Warabakuji; Walarkuji; Kumaykuji ; Fadkakuji ou Farkakuji; Kurkakuji; Kawakuji ; Faramakuji ; Zarakuji; Kukirikuji; Zarakuji; Sarakuji; Samakuji ou Sambamba.
7. Le début de cette phrase est un peu obscur. Toutefois, il semble impossible de lire Wafala-Faran comme l'a fait Ralfs, à moins de faire de ces mots une épithète de Sanbanba. Je crois plutôt que lua est la conjonction, et que Fala- Faran, ou Qala-Faran, d'après le mss. G, était le titre d'un haut fonctionnaire de la cour du roi de Melli, sorte de chambellan qui avait le pas sur les gouverneurs de provinces et leur servait d'intermédiaire auprès de son maître. Gela confirmerait la traduction donnée plus haut qui indique Kala, Bindougou et Sibridougou comme des principautés vassales du roi de Melli.
20 HISTOIRE nu SOUDAN
auprès du souverain de Melli ; c'est lui qui prenait la parole pour demander conseil au roi.
Les sultans du Bindougou habitaient tous en arrière du Fleuve (le Niger) du côté du sud'. Le premier d'entre eux était établi dans le voisinage de la frontière du pays de Dienné ; il s'appelait le Kao-Koï ; ensuite venaient : le Kighni-Koï, le Sama-Koï, le Tara-Koï, le Dâ'a-Koi, le Ama- Koï et le Ta'ba-Koï'-. J'ai oublié le nom des cinq autres.
Les sultans du Sibridougou étaient établis en arrière des deux premiers et avoisinaient le territoire de Melli.
Le roi de Melli conquit le Songhaï, Tombouctou, Zâgha, Mima, Bâghena et les environs de cette contrée jusqu'à l'Océan. Les habitants de cet empire disposaient de forces nombreuses et leur grande audace ne connut ni bornes ni limites. Le prince avait sous ses ordres deux généraux^ : un, pour la partie méridionale ; l'autre, pour la partie septentrionale; le premier s'appelait leSanqar-Zouma'*; le second, le Faran-Sourâ. Chacun d'eux avait sous ses ordres un certain nombre de caïds et des troupes.
L'arrogance de ces gens, leur turbulence et leurs exactions devinrent telles dans les dernières années de leur dynastie que Dieu les fit périr en les châtiant de sa main. Un matioç, alors qu'ils se trouvaient ce jour-là réunis au palais du roi, ils virent apparaître la milice de Dieu sous la forme de jeunes hommes encore adolescents. Après avoir frappé
1. Mot à mot: delà droite. Comme le mot arabe qui désigne le nord signifie également la gauche, on comprend qu'au Soudan on ait employé le mol la droite pour désigner le sud.
2. Selon Halfs, ces litres étaient : Kukuji; Ka'rkuji ; Samarkuji ; Tarakuji; Da'ukuji ; Amarakuji et Ta'bakuji. Les mss. A et B ont Ka'an-Koi au lien de Kighni-Koï donné par le ms. C.
3. Le mot caïd qui est dans le texte est pris ici surtout comme titre de chef militaire.
4. Ou : « portail le titre de Sanqar-Zouma', tandis que l'autre portait celui de Faran-Sourâ.