Ou : Soroko
CHAPIÏKE TRENTE-CINQUIÈME 401
et de défier toute description. 11 partagea les enfants de Isma'ïl entre les divers chefs du Soudan afin de les empêcher de lui nuire*; il en donna au Bara-Koï, au Dirma-Koï, au Djinni-Koï et à ses grands personnages, Chima, Tâkoro, Selti-Ouri, etc.
Le caïd 'Ah-hen-Rahmoun n'avait pu payer les appointements ni fournir les rations^ à cause de la détresse qui s'était répandue parmi les populations dans toutes les provinces; il avait même dû cesser de réprimer les crimes, cela ne servant plus à rien. Alors le pacha Mesa'oud, au cours de la première décade du mois sacré de moharrem commençant l'année 1051 (12-21 avril 1641), révoqua ce caïd qui était resté en fonctions deux ans, trois mois et quelques jours. Il le remplaça par le hàkem Abdelkerim-hen-El-'Obéïd-ben- Hammou-Ed-Derâ"i. Ce dernier conserva ses fonctions pendant un an et dix mois, mais sans aboutir non plus à aucun résultat.
Dans la nuit du samedi, 20 du mois de ramadan de l'année 1052 (12 décembre 1642), mourut l'obligeant ami et l'homme de bon conseil, l'askia Mohammed-Bonkau, fils du Balama Mohammed-Es-Sâdeq, fils du prince Askia-Daoud (Dieu lui fasse miséricorde , lui soit indulgent et lui fasse grâce de ses fautes!)- Il avait occupé le poste d'askia pendant vingt et un an et neuf mois, en y comprenant cinq mois pendant lesquels il fut remplacé par l'askia 'Ali-Senba. Il eut pour successeur dans sa charge son fils El-Hàdj-Mohammed, qui était alors Binka-Farma. Aucun autre Binka-Farma avant lui n'avait été élevé à la dignité d'askia ' depuis l'établissement de la dynastie
1. Le sens de ce dernier membre de phrase esl peu clair dans le texte. S'agit-il d'empêcher les chefs ou bien les enfants de Isma'ïl de nuire? Rien ne le précise.
2. Il s'agit des appointements et des rations dus aux soldats et officiers malocains.
3. Hiérarchiquement il y avait un très grand écart entre ces deux fonctions de Binka-Farma el d'Askia.
{Histoire du Sjudan.) 26
songhaïe. Encore aujourd'hui c'est El-Hàdj-Mohammed, fils de l'askia Mohammed-Benkan, qui est askia.
Dans la deuxième décade du mois sacré de dzou'l-qa'ada de cette année (30 janvier-8 février 1643), le hâkera Abdclkerim fut révoqué de ses fonctions de caïd de Dienné, et il fut remplacé par Abdallah (v"Vf), fils du pacha Ahmed-ben- Yousef. Ce dernier entra dans la ville de Dienné dans la matinée du vendredi,? du mois sacré de dzou'l-hiddja, terminant Tannée précitée (26 février 1643).
Le dimanche, 9 du même mois (28 févriei'), le jour de Arafa*, les gens de Dienné commencèrent à se soulever contre le pacha Mesa'oud. Ils mirent la main sur tous les biens que le pacha avait dans leur ville et s'en servirent pour payer des appointements et distribuer des vivres. Puis ils mirent en prison les messagers du pacha qui se trouvaient là à ce moment et fermèrent la route de Tombouctou, empêchant toutes les personnes qui le désiraient d'accomplir ce voyage. Enfin le dimanche, 15 du mois sacré de moharrem, commençant l'année 1053 (5 avril 1643), ils dépêchèrent deux embarcations avec mission de faire connaître leur situation exacte aux gens de Tombouctou, espérant qu'ils se révolteraient comme ils venaient de le faire eux-mêmes.
Aussitôt que le pacha eut connaissance de cette nouvelle, il songea aux moyens d'envoyer une armée contre les rebelles et il décida de se mettre en route le lundi, l*"" du mois de safar l'excellent (21 avril 1643). A ce moment, les gens de Tombouctou se soulevèrent. Une partie d'entre eux se détachant des autres se rendit auprès du caïd Mohammedben-Mohamm ed-ben-'Otsmân et alla le trouver dans sa maison.
1. C'est pour mieux préciser Ja date que l'on ajoute, quand les circonstances s'y prêtent, l'indication d'une des cérémonies du pèlerinage à La Mec(iue ou d'une fête religieuse.