‹ Tarikh es-SoudanChapitre 330 sur 405 · Le ms. C donne : « Donko · texte numérisé non relu

Le ms. C donne : « Donko

3. C'est la leçon du ms. (*.; les autres ms. ont : « Fadoko >- qui est dans le texte imprimé.

CHAPITRK Tr.ENTE-CINQUIRME 407

ail moment où j'étais dans le village de Fonlaona. Enfki, dans la matinée du mercredi, 4 du mois (20 août), j'atteignis la ville de Komino, qui est le port de Farko. Je débarquai là et fis prévenir le prince de mon arrivée. Dans la soirée de ce jour, il vint lui-même à ma rencontre, malgré la pluie ; il était à cheval, entouré de sa suite, de ses serviteurs et de ses frères. 11 me souhaita la bienvenue et me traita avec les plus grands égards.

Dans la nuit du dimanche, le 15 de ce mois (31 août 1643), après le second acha, une de mes femmes, Tinen, mit au monde, dans cette ville, une fille, que je nommai Zeïneb. La moisson, à ce moment, n'était pas encore commencée, mais le temps en était proche. Cette circonstance fit que je restais quelque temps en cet endroit.

Dans la matinée du vendredi, 1 1 du mois de redjeb l'unique (25 septembre 1613), je quittai cette ville pour aller dans celle de Chibla rendre visite à son sultan le Sana-Koï 'Otsmân et au jurisconsulte Abou-Bekr, connu sous le nom de Mouri-Kîba. Je les joignis vers midi ; ils me souhaitèrent la bienvenue et m'accueillirent avec la plus grande distinction. Le jurisconsulte Aboii-Bekr-Sa'antara me donna un vêtement et le Sana-Koï me fit cadeau d'une esclave femme. Le lundi, 21 du mois(5 octobre 1643), je retournai à Komino.

Le jeudi, 28 du mois de cha'bân (11 novembre 1643), je revins auprès du jurisconsulte dont je viens de parler. C'était pour lui faire une lecture complète de la Chifa chez lui. Je me trouvai donc là quand la lune du ramadan apparut un jeudi soir. Nous commençâmes notre lecture avec l'aide de Dieu et selon sa (riv) volonté ; à la fin du mois, la lecture était achevée. Il me traita du mieux qu'il put (que Dieu lui en sache gré!). Ensuite il me demanda d'expliquer le même ouvrage à ses enfants; je me mis aussitôt à l'œuvre

et arrivai au bout grâce à la faveur de Dieu et à son bieuveillant secours.

Cet excellent et obligeant ami, le jurisconsulte dont je viens de parler, mourut dans la soirée du lundi, 6 du mois sacré de dzou'l-biddja qui termina l'année 1053 (15 février 1644). Je lavai son corps et récitai sur lui les dernières prières. Aussitôt ces prières terminées, et avant que l'inhumation eût eu lieu, les enfants du défunt me firent cadeau de deux esclaves et d'un turban de mousseline, le tout en guise de récompense^ au nom du défunt. De son côté le sultan Otsmânfit au même titre don d'un esclave à tous les thalebs qui assistèrent à la prière dernière. Telle est la coutume chez eux au sujet des morts. Nous enterrâmes notre ami la nuit même (Dieu lui pardonne, lui fasse miséricorde et lui soit indulgent dans sa grâce et sabonté !).

Avant de mourir le défunt m'avait donné sa fille Halima, pour que je l'épousasse; mais Dieu décida que le mariage n'aurait lieu qu'après la mort du père. Le contrat ne fut, en effet, dressé que dans la nuit du dimanche, le 11 du mois sacré de moharrem, le premier des mois de l'année 1054 (20 mars 1644) et la consommation du mariage eut lieu le jeudi soir, 15 du même mois (24 mars). Le sultan m'ordonna de fixer ma résidence auprès de lui; il insista sur ce point avec une vive insistance et annonça à tous les gens que la chose serait ainsi; mais en mon for intérieur je n'y consentis pas.

Dans la matinée du vendredi, 28 du mois de safar (6 mai 1641), arriva chez nous l'envoyé du pacha Mohammed-ben- Mohammed-ben-'Otsmân et de l'askia El-Hàdj-Mohammed; il apportait une lettre de chacun de ces personnages pour le Farko-Koï et pour le Sana-Koï. Le pacha et l'askia annonçaient qu'ils avaient décidé de partir avec l'armée

Page 1