On : « Youaro
vors côtés, ploins de crainte et d'etTroi. On n'entendait que des pleurs et des cris; personne n'attendait son voisin et chacun partait sans se soucier des autres. Toute la nuit se passa ainsi, et ce ne fut que le lendemain au milieu de la matinée qu'on s'arrêta un peu. Puis, l'excès de la frayeur troublant tous les esprits, on se remit à fuir de nouveau. Nombre de personnes périrent de soif ce jour-là.
Je fis route avec eux jusqu'au moment où nous nous trouvâmes en face de la ville de Ka'ya^ Là, je me séparai d'eux et allai dans la ville où j'attendis pour avoir des renseignements précis. J'appris alors que l'expédition était dirigée contre le Fondoko'Otsmàn, roi de Dendi% par le pacha. Ce Fondoko avait encouru la colère du pacha; il s'était enfui et on l'avait poursuivi jusqu'au moment où il était entré sur le territoire de Massina (t'\"i). L'expédition, après avoir atteint Ankabo, était rentrée à Tombouctou. Contrairement à ce que l'on croyait, l'askia ne se trouvait point dans cette expédition.
De Ka'ya, je montai dans une embarcation, afin de me rendre auprès de mon ami Mensa-Mohammed, fils de Mensa- 'Ali, sultan de Farko^ Il m'avait envoyé dire de venir avec une embarcation pour emporter des grains quand il avait appris que j'étais sur le point de me rendre à Tombouctou. Je quittai donc Ka'ya le samedi, 15 du mois de djomada I"' (1" août 1643), et, le mercredi 26 du même mois (12 août), vers midi, j'arrivai dans la ville de Koukiri où je m'arrêtai pendant trois jours, le jeudi, le vendredi et le samedi, chez le sultan de cette ville, Maïri. J'en repartis ensuite le samedi pour me rendre auprès du Farko-Koï. La nouvelle lune du mois de djomada II (16 août) apparut le samedi dans la nuit