CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME
dredi, afin de nous porter au lieu de rendez- vous qui avait été fixé avec le corps de cavalerie, corps qui était commandé par Askia-El-Hâdj et le caïd 'Abdessâdeq.
Tandis que la cavalerie se portait en arrière du mont Souq nous pénétrions, nous, dans l'intérieur de ce massif. Nous n'avions pas emporté d'eau avec nous. Or il se trouva que le point d'eau qui nous avait été indiqué était complètement à sec et qu'il ne se trouvait pas d'eau ailleurs dans ces parages. Nous continuâmes ainsi, craignant surtout de mourir de soif, les soldats pestant contre le pacha qui entendait tout le mal qu'on disait de lui. Enfin, après avoir marché à la grâce de Dieu, nous aperçûmes vers dix heures' un troupeau de moutons. Les gens qui les conduisaient prirent la fuite et se réfugièrent dans la forêt; mais aucun de nous ne put pénétrer dans la forêt pour aller à la découverte tant la chaleur du soleil était violente à ce moment.
Nos gens poussèrent devant eux les moutons jusque vers une heure de l'après-midi, en proie au désespoir et à rabattement, lorsque tout à coup nous trouvâmes une mare^ remplie par l'eau du ciel. C'était là une marque de la miséricorde et de la faveur de Dieu le Très-Haut. Nous campâmes auprès de cette mare et il nous sembla que la vie nous revenait après nous avoir en quelque sorte abandonnés, tant était vive notre joie après nos souffrances. Quand on se fut reposé un instant, le pacha envoya un peloton de vingt hommes à cheval en éclaireurs. Ceux-ci ayant rencontré des propriétaires de boiufs qui passaient à travers les montagnes, les attaquèrent et s'emparèrent de quelques têtes de bétail. Un seul soldat des nôtres et des plus braves fut tué, ainsi que son cheval, dans cette rencontre.
Nous passâmes la nuit auprès de la mare, très inquiets du