CHAPITRE CINQUIÈME
de village à village, répètent cet appel, et le message se trouve parvenir immédiatement à l'intéressé qui se rend à la convocation à lui adressée. Point n'est besoin d'en dire davantage pour montrer combien ce territoire est peuplé.
Le territoire de Dienné s'étend en largeur depuis Kikaï, village voisin du lac Debo au sud de ce lac jusqu'à Bao, ville située dans le voisinage du pays du Ouaron-Koï*. Dans le sens de la longueur il va de Tiuaï, ville à proximité du pays du sultan de Kabara^ jusqu'en arrière des montagnes des Tonbolâ, nom d'une très nombreuse tribu professant le culte des mages ^
Le sultan de Dienné a douze commandants de corps d'armée installés du côté de l'ouest sur le pays de Sana. (^es commandants sont uniquement destinés à guetter l'occasion d'attaquer le Melli-Koï* ou de repousser ses troupes lorsqu'elles viennent sans y être autorisées par le sultan. Parmi ces officiers on peut citer Yausoro, Soasoro, Mâtigho^et Karimou, etc. Le Sana-Faran*^ est leur chef. H y a également douze commandants de corps d'armée installés du côté de l'est, en arrière du Niger, du côté de Titili \
A la mort du sultan Konboro (Dieu lui fasse miséricorde !) ce fut son successeur au trône qui installa les tours (m) qui sont à la mosquée. Le successeur de ce dernier prince bâtit
1. Ou : Ouronna-Koï. L'auteur se sert parfois du titre du chef de district au lieu d'employer le nom même du district. Il s'agit donc ici du pays de Ouaron ou Ouronna, le Ouarankoï actuel, au nord de la boucle de la Volta occitientale, à environ dix journées de marche au sud de Dienné.
2. Les voyelles marquées dans le ms. G indiquent la prononciation Kàbira et non Kabara.
3. C'est sans doute les tribus qui habitent la région de Torabo, marquée sur les cartes au sud du Niger aux environs de Bandiagara.