‹ Tarikh es-SoudanChapitre 356 sur 405 · Ou : Zamakoï · texte numérisé non relu

Ou : Zamakoï

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dirent à cette convocation et vinrent en nombre. Leur caïd à cette époque était Râbah-ben-'Aïssa-El-Kercli. Après sept journées de marche, nous arrivâmes à Benba et y entrâmes dans la matinée du mercredi, 18 du mois ci-dessus indiqué (8 juin). Berâbîch et Touareg s'enfuirent aussitôt et se dispersèrent de tous côtés. On leur envoya à pbisieurs reprises offrir l'aman, mais ils ne répondirent point. Enfin le pacha leur envoya le caïd 'Allâl-ben-Sa'ïd-El-Ilarousi, qui était le gouverneur de la ville à ce moment; ils refusèrent encore, parce qu'une partie des leurs les engageaient à ne point accepter la proposition du pacha qui, disaient-ils, était un traître. Du reste le chagrin que leur avait occasionné le meurtre d'Ibrahim-Er-Ra'ouâni était encore dans leurs cœurs et ne devait jamais cesser d'y être.

r.ependant le caïd de Kâgho alla a la tête d'une petite troupe trouver les révoltés qui tous avaient quitté la ville. Mais le désaccord se mit entre eux et le plus grand nombre des révoltés revint après avoir refusé d'abord d'une manière absolue de revenir, et un combat failht s'engager entre eux. Ils prétendirent que le caïd Râbah^ son frère le caïd Mohammed-El-Kerch et tous ceux qui étaient avec eux s'entendaient ensemble, que c'étaient eux qui avaient engagé le pacha à venir à Kâgho et que maintenant ils voulaient les conduire dans cette ville (t^*), afin que le pacha pût alors faire d'eux tout ce qu'il voudrait. En somme, ils traînèrent en longueur avec le pacha pendant qu'il était à Benba, en sorte qu'il ne put en aucune façon parvenir au moindre résidtat pour ce qu'il désirait. Ils restèrent ainsi avec lui jusqu'au jour de son départ pour Tombouctou, c'est-à-dire jusqu'au lundi, 7 du mois isolé de redjeb (26 juin 165i).Ge jour-là, le pacha leur fit ses adieux, récita la fatiha avec eux, puis ceux-ci rentrèrent dans la ville, destituèrent leur caïd ainsi que le lieutenant-général qui était venu avec lui et qui appartenait aux

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gens de l'aile droite, et aujourd'hui encore ils ont le cœur plein de colère contre eux.

Pendant ce séjour à Benba je fus atteint d'une grave maladie qui me mit en danger de mort. Mais Dieu, dans sa clémence et sa bonté, me guérit et me rendit la sauté. C'est grâce aux mérites de son prophète notre seigneur Mahomet (Dieu répande sur lui ses bénédictions et lui accorde le salut!) que je dois à Dieu cette faveur insigne.

Nous nous dirigeâmes ensuite versTombouctou et le vendredi, 18 du mois précité(7 juillet), nous atteignîmes le port de Koronzofiya où nous passâmes la nuit du vendredi. Le lendemain je demandai au pacha l'autorisation de regagner ma maison à cause de la maladie dont je venais d'être atteint. Cette autorisation m'ayant été accordée, je partis après la prière de l'asr, le samedi et passai la nuit dans le village de Amadhagha, n'ayant pas la force, dans l'état où j'étais, d'arriver sans prendre de repos. Le lendemain matin, j'arrivai dans ma ville natale et entrai dans ma maison où, Dieu en soit loué et remercié, je trouvai toute ma famille dans l'état où je la désirais.

Quant au pacha, il resta dans le port jusqu'au jeudi, 24 du mois (13 juillet) ci-dessus indiqué. Puis il se rendit à la ville dans de fâcheuses conditions à tel point qu'il ne fit point dans la cité la chevauchée habituelle qu'un ancien usage avait consacrée et cela parce qu'il était accablé d'angoisse et de soucis.

Du jour où il avait été nommé pacha il avait commencé à molester les habitants de Dienné sans raison, ni motif. Aussi ces derniers ne lui obéissaient-ils point et rejetèrent-ils tous ses ordres derrière leur dos jusqu'au moment de sa déposition. Il aurait bien voulu se rendre à Dienné pour se venger de ses habitants, mais Dieu ne lui facilita pas le moyen d'arriver à ses fins.

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Le pacha destitua ensuite le caïd de Dienné Mohamnied- Chimirro. Il lui avait donné l'ordre de se rendre auprès de lui et quand le caïd fut là et qu'il eut réglé ses comptes au sujet des impôts de cette région, il fut révoqué et mis en prison dans (v^^) la ville de Bara, et là, il devint aveugle. Il avait occupé ses fonctions deux ans et demi, si je ne me trompe. Durant la première décade du mois de ramadan de l'année 1059 (8-19 septembre 1649), il avait été remplacé comme caïd par Abdelkerim-ben-El-'Obeïd-El-Der'i,et ce fut sous son administration que périrent, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le cheikh Ibrahim-ben-Er-Ra'ouân-Ech-Cheblî et le caïd Ali-ben-Rahmoun-El-Monebbehi.

Le lundi, dernier jour du mois de chaouâl de l'année 1061 (15 octobre 1651), le pacha Yahya-ben-Mohamnied- El-Gharnàti fut déposé, après être resté en fonctions trois ans et vingt-quatre jours. Il fut remplacé par le pacha Ahmed, fils du pacha Haddou-ben-Yousef-El-Adjeiiâsi, qui fut nommé dans la matinée du mardi, 1"' jour du mois sacré de dzou'lqa'ada de cette année (16 octobre 1651), avec l'assentiment de l'armée. C'était nn homme obligeant, ayant beaucoup d'égards pour les ulémas, les saints personnages et tous les gens de mérite ; mais il n'avait pas de hautes préoccupations. L'armée lui enleva le trésor public des mains' pour le confier au hâkem Nàsir-ben-AbdâIlah-El-A'mech qui, aussitôt après la nomination du pacha Ahmed, devint caïd-amin, dans le palais fortuné ^ Ce fut lui qui fut chargé dorénavant d'assurer ce service. On révoqua le caïd Belqâsem-Et-Temli de ses fonctions d'amin-adjoint ^ qu'il exerçait.

Parmi les notables personnages qui moururent sous ce

1. On voit, par ce passage, que le pacha avaitcumulé ses fonctions avec celles d'amfn.

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