CHAPITRE CINQUIÈME
Dienné se rendit auprès du Sonni. Arrivé près de lui, il descendit de sa monture et s'avança (\o) à pied jusqu'à son vainqueur qui le reçut cordialement et avec de grands éj^^ards. En voyant un tout jeune homme, le Sonni, qui l'avait pi'is par la main et fait asseoir auprès de lui sur son tapis, s'écria : « (Comment ! c'est contre un enfant que cette lutte a duré si longtemps ! » Mais un des courtisans du prince lui fit remarquer que le père du jeune homme était mort durant le siège en laissant le trône à son fils.
Telles sont les circonstances qui ont amené le sultan de Songhaï et celui de Dienné à prendre place sur le même tapis comme ils le font encore aujourd'hui '. Le Sonni demanda la main de la mère du jeune homme et Tépousa. Le sultan Abdallah m'a dit que c'était ce mariage qui avait allongé de sept jours le temps dont nous avons parlé pour la durée du siège.
Le Sonni-' Ali envoya un de ses chevaux de selle pour aller chercher sa femme et la ramener à son camp. Dès qu'elle fut arrivée, il renvoya au sultan de Dienné, à titre de cadeau, le cheval qui l'avait portée ainsi que tout le harnachement qui, aujourd'hui encore, est conservé par les habitants de Dienné. Cela fait, le Sonni se mit en route avec sa femme et retourna au Songhaï.
Un de mes confrères m'a raconté avoir entendu le saint personnage en Dieu, Mohammed 'Oriân-er-râs {?iu de la tête) ^ (que Dieu lui fasse miséricorde et nous fasse profiter de ses bénédictions !) faire le récit suivant : Sonni-'Ah assiégea durant quatre ans la ville de Dienné sans obtenir le moindre avantage sur ses habitants . La raison de cet insuccès était uni-
1. C'est-à-dire à se traiter en quelque sorte d'égal à égal. On sait que les musulmans traitent d'une façon toute différente l'ennemi contre lequel ils ont combattu, suivant qu'il y a eu capitulation ou conquête les armes à la main.