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CHAPITRE TRENTE-SEPTIÈME

choisirent pour askia Mohammed-El-Borko, fils de Daoudberi-Mohammed-Bâno. Ils le remplacèrent ensuite par son frère l'askia El-Ilâdj. Ensuite Isma'ïl-ben-Mohammed-Sorko- Idji, qui était allé à Tombouctou avec son frère l'askia Daoud, revint, déposa El-Hàdj et prit la couronne. Enfin son frère Daoud, étant lui-même revenu de Tombouctou, le déposa à son tour et s'empara du pouvoir qu'il exerce encore aujourd'hui.

Sultans des Touareg. — Le premier des sultans des Touareg Maghcharen, qui fut nommé par les Marocains, était Aousenba-ben-Mohammed*-Alîm-ben-Aklenqi. Ce Mohammed-Alîm-ben-Aklenqi avait eu quatre fils : El-Hâdj-Mahmoud-Bîr, le mari de Bâti, Mohammed, Abou-Bekr et Aousenba. Ces enfants avaient été élevés à Tombouctou et étaient considérés comme des citoyens de cette ville. Mahmoud-Bîr accomplit le pèlerinage à La Mecque, tandis que Abou-Bekr s'adonnait à l'étude de la science. Quant à Aousenba, il fut élevé dans la maison des enfants de Seyyid Mahmoud dès son plus jeune âge afin de s'y livrer à l'étude. Aousenba en vint aux plus vilains procédés à l'égard de cette famille qui l'avait élevé. Dieu nous préserve d'un pareil sort! Il fut plus tard son ennemi acharné; il combattit contre elle lors de la sédition du caïd El-Mostafa-Et-Torki; il ruina cette maison, troquant ainsi sa part de l'autre monde contre les biens d'ici-bas. Aussi fut-il placé à la tête des Touareg lorsque le Maghcharen-Koï AkmadoP refusa de se soumettre aux Marocains. Plus tard le pacha Mahmoud-ben- Zergoun étant venu à Binka, Aousenba lui dit qu'il désirait confier à son fils Aknezer le commandement des Touareg qiii se trouvaient à Ras-el-Ma et ne garder pour lui que l'au-

1. Le texte imprimé ajoute ici le mot : « bon » qui ne figure plus dans l'orthographe du nom donné plus loin. ?. Ou : Ag-Madol.

torité sur les Touareg placés dans la région de l'est*. Le pacha accepta cette combinaison; il partagea le tribut de 1.000 mitsqal que payaient les Touareg en deux parts de cinq cents mitsqal et en imposa une à chacun des chefs des deux nouvelles fractions.

Lorsque Aousenba mourut il eut pour successeur le fils de sa sœur Moudi; puis Mahmoud-Keïna; puis Ormacheta, puis El-Mokhtar; puis Mahmoud -ben-Mohammed-ben-Oustefen qui est aujourd'hui le chef de cette fraction des Touareg.

Quant à Aknezer qui resta chef des Touareg jusqu'en 1009 (13 juillet 1600-2 juillet 1601), il fut révoqué par le pacha Seliman lorsque celni-ci eut jeté en prison Haddouben-Yousef-El-Adjenâsi qui était le gouverneur général à cette époque. Seliman nomma alors sultan des Touareg le frère d'Aknezer, Bendjek ; celui-ci resta à ce poste une année; puis, comme il était incapable de s'y maintenir, le pacha le remplaça par Aknezer qui revint ainsi au pouvoir.

Voici la raison qui avait fait jeter en prison Haddou, dont il vient d'être parlé. Il avait été nommé gouverneur général" par le pacha Djouder et commandait à tous les gouverneurs qui étaient au nombre de onze. Il était chargé de percevoir des mains des gouverneurs l'impôt du sol (tsi). Djouder avait beaucoup d'estime et d'affection pour Haddou.

Des intrigants allèrent trouver le pacha et lui rapportèrent que le gouverneur général Haddou avait gardé par devers lui l'impôt du sol pendant une période de sept années, en disposant comme il lui plaisait, sans que Djouder lui eût demandé une seule fois de rendre des comptes.

1. Je Iraduiâ le mot j^ avec la valeur qu'il a d'ordinaire au Soudan; nord-est serait plus exact. Ailleurs ce mol, comme on sait, désigne le sud.

2. CeUc fonction était au-dessous de celle du pacha, ce dernier étant seul le chef suprême.

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