‹ Tarikh es-SoudanChapitre 379 sur 405 · CHAPITRE TRENTE-SEPTIÈME 47i · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-SEPTIÈME 47i

taine nuit il entendit les voix d'enfants qui jouaient et s'imagina" que c'étaient les gens du Songhaï qui se soulevaient contre lui. Aussitôt il quitta la ville et s'enfuit.

Haroun-Denkatyâ, fils de Askia-Daoud et frère de l'askia précédent, fut élu à sa place. Ce fut sous son règne que le Dendi-Fâri Bâro vint h Dienné et livra combat aux Marocains près du mont Kora. Il mourut pendant qu'il était au pouvoir.

El-Amin, fils de Askia-Daoud, lui succéda comme askiaet reçut le serment d'obéissance de ses sujets. C'était un prince béni qui porta bonheur à son peuple. Il l'administra de la meilleure façon et son règne fut une ère de paix, d'abondance et de bien-être général. Toutefois une famine se produisit qui dura six (rN Y) mois. Il s'occupa à ce moment des faibles et des malheureux et pourvut à tous leurs besoins tant que dura la disette. Chaque jour il égorgeait huit têtes de bétail*, quatre le matin et quatre le soir, dont il distribuait la viande en même temps que 200.000 cauries. Il avait affecté aux pauvres mille vaches laitières dont il leur répartit également le lait jusqu'au moment où Dieu fit cesser leurs maux.

Ce prince fit des expéditions au cours desquelles Dieu lui fit acquérir de nombreuses richesses. Il conserva le pouvoir pendant sept ans jusqu'au moment où il mourut et laissa le trône au fils de son frère, l'askia Daoud-ben-Mohammed- Bàno^jfils de Askia-Daoud. Il régna pendant vingt-deux ans. Ce fut un prince tyrannique, débauché, aimant à répandre le sang; il fit périr de ses proches et des chefs de son armée un nombre tel que Dieu seul peut le connaître. Il ne passait pas un jour sans faire mettre à mort quelqu'un. Il ne fit au-

1. Le texte porte ^l^j dans les ms. A et B et ^J.\^i dans le ms. C. Les dictionnaires ne donnent pas ce mot qui paraît désigner des bœufs.

2, Dans le ms. C il y a Bâbo, ce qui est une erreur évidente.

Cime expédition, pas même une seule, et affaiblit ainsi ses sujets si bien qu'il faillit causer leur ruine *. Ayant eu dessein de faire périr son frère Isma'ïl, celui-ci, prévenu de ce projet, s'enfuit à Tombouctou, et demanda assistance aux Marocains pour combattre son frère. Le pacha Sa ïd-ben-'Ali écrivit aux gens de Kâgho de lui fournir un renfort de soldats marocains; Isma'ïl marcha donc contre son frère, le chassa du trône et prit sa place. Mais, déposé par le pacha Mesa'oud-ben-Mansour en pleine expédition, il dut prendre la fuite.

Le pacha nomma askia Mohammed-ben-Anasa^, fils de Askia-Daoud, mais, à peine le pacha était-il rentré que l'askia Mohammed fut déposé par les gens du Songhai qui mirent à sa place l'askia Daoud, fils de Mohammed-Sorko-Idji, fils de Askia-Daoud; puis ils déposèrent ce dernier qui s'enfuit à Tombouctou et le remplacèrent comme askia par Mohammed-Boryo, fils de Haroun-Denkatyâ, fils de Askia-Daoud. L'askia Isma'ïl revint alors avec des troupes considérables pour combattre Mohammed-Roryo et celui-ci s'enfuit à Kâgho pour y demander des secours. Mais les gens du Songhaï se hâtèrent de nommer un askia nouveau Mâr-Chindin, fils du Fàri-Mondzo Hamniâd, fils du Balama' Hâmed, fils de Askia-Daoud.

Boryo revint alors de Kâgho avec les troupes qu'il y était allé chercher; il avait avec lui A'âl-Ed-Doumesî accompagné de son armée. On en vint aux mains avec Isma'ïl. Boryo périt dans le combat, mais ensuite Isma'ïl fut tué et ses troupes battues. Les gens du Songhaï déposèrent ensuite Mâr-Chindiu et élevèrent au rang d'askia Nouh-ben-El-Mostafa (tNr), fils de Askia-Daoud. Puis ils le déposèrent et

1. il ne faul pas oublier que ces expéditions étaient pour beaucoup de gens une source normale de prolils.

2. La lecture normale de ce nom semblerait devoir être Anas, mais la voyelle finale a est marquée daps les ms. A et 13.

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