CHAPITRE TRENTl<]-HUITIEME
à la date indiquée ci-dessus et prirent place dans des embarcations, car à ce moment les eaux du Fleuve étaient hautes.
Le mercredi, dans la nuit du 10 du mois de safarde cette même année (31 décembre 1653), la crue atteignit Ma'doko. C'était le 25 décembre, sous le gouvernement du pacha Ahmed-ben-Haddou.
Le lundi, 21 du mois de rebi' I" de cette même année (9 février 1654), arriva un courrier dépêché par les gens de Dienné et porteur d'une lettre pour le pacha Ahmed. Dans cette lettre ils annonçaient que, aidés des renforts envoyés de Tombouctou, ils avaient livré bataille au Djinni- Koï Bokar à huit reprises différentes, la nuit et le jour, sans obtenir le moindre avantage et qu'ils avaient eu quatre soldats tués dans ces engagements, ils demandaient, en conséquence, qu'on leur envoyât une seconde colonne de renfort. Quant aux combattants, ils étaient retournés (r\ v) tous dans la ville de Dienné pour y attendre cette seconde colonne. La lutte jusque-là avait eu lieu dans la ville de Chiou' où le rebelle avait fait construire trois forteresses dans lesquelles il s'était enfermé avec ses troupes.
Le mardi, au moment du lever de laurore, le 22 du mois susdit (10 février), mourut, dans la ville de Tombouctou, le caïd Mellouk^-ben-El-Hàdj-Selâm-El-Ghoryàni. Les dernières prières furent dites sur lui, auprès de la mosquée, par le jurisconsulte Mohammed-Baghyo'o-El-Ouankori. (Dieu, dans sa clémence, lui fasse miséricorde et lui accorde le pardon ! )
Le mercredi, 20 du mois de djomada I*"" (8 avril 165i), on reçut une lettre du caïd 'Ali-ben-Abdelaziz-El-Feredji et des
1. Cliiou n'était sans doute qu'un village ou un faubourg, bien que le Icxle emploie le mot jd. qui d'ordinaire ne se dit que d'une ville.
2, C'est la leçon du ms. C; les autres donnent Mouloud.
lieutenants-généraux de Dienné qui annonçaient que le Djinni-Koï rebelle avait écrit au prince du Mâsina, Hanimedi-Amina, qu'il se plaçait sous la protection de ce sultan lui et ses subordonnés, caïds, lieutenants-généraux et autres, afin d'obtenir son pardon du pacha et qu'il le priait de lui servir d'intermédiaire dans ce but. Le prince écrivit à ce sujet aux gens de Dienné en leur envoyant en même temps la lettre du Djinni-Koï et ceux-ci adressèrent le tout, avec une lettre d'eux, au pacha Ahmed-ben-Haddou.
Au commencement du mois de djomada 11^ un dimanche (19 avril 1654), on reçut une lettre des gens de Kàgho qui annonçaient que tous les Touareg, qui s'étaient enfuis avec A'âl-Ed-Doumesi, étaient revenus faire leur soumission et que seul, A al, était resté sur le territoire de l'askia. Puisse Dieu faire tourner sa perfidie contre lui* !
Le lundi, 23 du mois de djomada II (11 mai), un messager des gens de Dienné apporta une lettre dans laquelle ceux-ci annonçaient que le Djinni-Koï repoussait la paix proposée par le prince du Mâsina et déclarait ne pouvoir ^accepter^
Le lundi, 14 du mois de cha'ban (30 juin 1634), on reçut une lettre adressée, par les gens de Dienné, au pacha Ahmedben-Haddou. Dans cette lettre on informait le pacha que le Djinni-Koï, Abou-Bekr, avait quitté Chiou et s'était transporté à Bîna ; qu'après son arrivée dans cette localité, Yousara- Mohammed-ben-'Otsmân leur avait envoyé une lettre disant que le Djinni-Koï désirait faire la paix. b)nsuite,Yousara envoya une seconde lettre disant que le Djinni-Koï n'acceptait nulleroent de faire la paix et qu'il ne rentrerait jamais à Dienné.
1. Mol à mol î « qu'il lui fasse rentrer sa ruse dans sa gorge ».
2. Ces propositions, qu'on n'indique pas, étaient évidemment faites au nom du paclia.