‹ Tarikh es-SoudanChapitre 384 sur 405 · CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME

Le vendredi, 9 du mois de ramadan (24 juillet 1651), on révoqua (vNv) le lieutenant-général Moliammed-ben-Rouh qui, d'après le dire de ses compagnons, avait été la cause de la guerre qui avait éclaté entre eux et le Djinni-Koï Abou-Bekr ; c'était lui qui avait poussé ce dernier à la révolte et avait ainsi provoqué la triste situation dans laquelle on se trouvait. Auparavant, Moliammed-ben-Rouh avait toujours été homme de bon conseil et habile commandant des troupes de la ville de Dienné ; il n'avait jamais manqué de donner les meilleurs avis. Maintenant, c'était lui qui était la cause de cette grave afl'aire qu'il n'avait pas été possible d'empêcher. Le lundi, 12 du même mois (27 juillet), il mourut et s'en alla dans l'autre monde.

Le dimanche, 1 8 du même mois (2 août), une des fractions de la division des Cheraga vint de Dienné à Tombouctou, à cause d'un désaccord et d'un conflit qui étaient survenus avec les gens de Dienné. C'était à la suite de ces troubles que le lieutenant-général Mohammel-El-Arbi avait été révoqué et remplacé par le lieutenant-général Moumen-ben- Abdelkerim-El-Arbi. Celui-ci, à son tour, fut révoqué quatre mois plus tard et remplacé par le lieutenant-général Ahmedben-Seliman. Mais, à peine ce dernier était-il élevé au pouvoir, qu'il manifesta une grande sympathie pour le lieutenant-général révoqué Mohammed-El-Arbi. Cela fut cause que certains Cheraga le prirent en aversion et abandonnèrent Dienné pour se rendre à Tombouctou où ils arrivèrent à la date ci-dessus indiquée.

Le même jour on reçut une lettre du caïd Ali qui était à Dienné ; il annonçait que le Djinni-Koï interceptait les routes* qui conduisaient à Dienné et empêchait ainsi tous ceux qui se rendaient dans cette ville d'y parvenir de quelque côté qu'ils vinssent. Un peu plus tard, le caïd écrivit

li^l. En arrêtant et en dévalisant les passants.

que le Djinni-Koï avait soulevé avec lui toutes les populations soudaniennes en sorte que les Marocains n'avaient plus personne qui reconnut leur autorité ni à droite, ni à gauche, ni en avant, ni en arrière (de Dienné).

Le lundi, 26 du mois (11 août), on reçut une lettre adressée par Mohammed-Kâgho, fds du Honbori.Koï El- Ilâdi, à l'askia El-Hâdj-Mohammed, lettre annonçant que l'askia Daoud était mort sur le trône dans sa capitale, au mois de redjeb (18 mai-17 juin), et que son fils Ibrahim lui avait succédé au pouvoir.

Le lundi. 4 du mois de chaoual (18 août), le pacha Ahmedben-Haddou fut déposé; il était resté au pouvoir trois ans moins vingt-six jours. Les troupes décidèrent de le remplacer par le conseiller Mohammed-ben-Mousa qu'elles proclamèrent pacha aussitôt. Celui-ci, dès le lendemain, remit en liberté l'ancien pacha révoqué, Yahya, qui était resté en prison (tw) trois ans.

Dans la soirée du vendredi, vers le moment où le soleil allait se coucher, mourut le cheikh béni, Baba-Ahmed-Ech-Chérif. Le jurisconsulte Mohammed-Baghyo'o-El-Ouankori ht sur lui les dernières prières dans la mosquée de Mohammed-Naddi aussitôt après la prière de Tacha. Le défunt fut enterré dans le cimetière de la grande mosquée. (Dieu lui fasse miséricorde, lui témoigne sa satisfaction et l'élève au plus haut degré du paradis!) Ce jour-là était le 8 du mois ci-dessous indiqué (22 août).

A la fin du même mois (12 septembre), arriva la seconde fraction de la division des Cheragaqui était restée à Dienné. Cette troupe campa dans l'île de Touya avec le lieutenantgénéral Mohammed-El-Arbi. Pourtant le pacha Ahmed-ben- Haddou avait écrit aux Cheraga de ne pas amener avec eux à Tombouctou ce Ueutenant-général qui avait été le chef et l'instigateur du conflit qui s'était produit. Le pacha Moham-

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