CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME
docte, le jurisconsulte Baba, fils du jurisconsulte El-Amîn, du jurisconsulte, le cadi Seyyid Ahmed-ben-Anda-Ag-Mohammed et d'autres. Il assista aux conférences du très docte, le jurisconsulte Ahmed-Baba, lorsque celui-ci revint de Merrâkech. Mohammed-Kourdi avait cultivé un certain nombre de sciences, entre autres le droit, les hadits, les osouP, la logique, la grammaire, la rhétorique, la prosodie, les mathématiques, etc.. (Dieu lui fasse miséricorde, lui pardonne et, dans sa grâce, élève sa place aux plus hauts degrés du paradis!).
Le mercredi soir, 9 du mois de safar (9 décembre), mourut le seigneur de cette époque et sa bénédiction, notre maître, le cheikh-el-islam, l'homme utile à l'humanité, le jurisconsulte Mohammed, fils du jurisconsulte Ahmed, fils du jurisconsulte le cadi Mahmoud-Baghyo'o-El-Ouankori. Les dernières prières furent dites sur lui par le fils de son frère, le jurisconsulte Mohammed-ben-El-Mostafa, dans la matinée du jeudi, à Es-Sahara, au mosalla des notables et des saints. Le défunt fut enterré près du tombeau de ses pères, de ses proches et de sa famille, dans le cimetière de Sankoré.
C'était un savant en théorie et en pratique, un homme é minent, pieux, modeste, dévot et saint. Il fut le dernier des cheikhs et des maîtres que la mort nous a enlevés et avec lui s'est achevée la disparition de cette génération de savants. Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous devons retourner. Dieu pardonne à ce maître, lui fasse miséricorde, lui témoigne son indulgence et sa satisfaction, l'élève au plus haut degré du paradis et nous fasse profiter dans ce monde et dans l'autre de sa bénédiction. Amen !
Le vendredi soir, 10 du mois de rebi' P*" (7 janvier 1656),
1, La partie théorique du droit musulman.
mourut mon confrère Ahmed-ben-El-Hâdj-Mohammed-ben- El-Amîu-Kânou. Ce fut dans la matinée du samedi, à Es- Sahara, que le cadi Abderrahman récita pour lui les dernières prières. Le défunt fut enterré près des tombes de ses parents dans le cimetière de Sankoré (Dieu lui fasse miséricorde et dans sa grâce, lui soit indulgent et lui pardonne !).
Le dimanche, 16^du mois de rebi'II (13 février 1656), on reçut de la ville de Merrâkech une lettre adressée par le caïd Yahya-ben-Yahya-El-Hayyâni au pacha Mohammed-ben- Ahmed-ben-Sa'doun. Cette lettre annonçait que le sultan Maulay Mohammed-Ech-Cheikh était mort le 22 du mois de rebi' P' de l'année 1065 (30 janvier 1655) et qu'on avait aussitôt proclamé, comme son successeur, son fils le sultan Maulay El-'Abbâs\ Cette élévation au trône était désirée de tous et on vit à l'instant même la bénédiction divine se manifester à la suite de cet événement.
Le 16 du mois de djomada P*" (12 mars 1656), on reçut des lettres du caïd Ali-ben-Abdelaziz-El-Feredji, qui était à Dienné, et de Soryâ-El-Kemâl-ben-Soryâ-Bokar, seigneur de Kanba'a qui annonçaient que le néfaste, le rebelle, le kharedjite, le Djinni-Koï Bokar, avait équipé une armée et s'était mis en marche sur Kanba'a dans le dessein de tuer Soryâ, dont il vient d'être parlé et de s'emparer de sa ville, afin d'intercepter les routes à ceux qui se rendaient à Dienné. Mais il se trouva que le lieutenant-général Abdallah-El- Màssi, avec environ trente fusiliers de garde, était à ce moment à Kanba'a. Quand les hommes de Djinni-Koï arrivèrent
1. La date donnée par le Kitab-el-istiqsa est 1064 ou 1063; cette dernière est fournie d'après l'auteur du Nechr-el-melsdni. Au lieu de Maulay el-Abbas, il faut lire Maulay Abou'i-Abbâs,dont le nom était Ahmed-ben-Mohammed-Ech-Clieikhben-Zîdan. A moins de supposer une erreur commune aux trois mss.du Tarikhes-Souddn, la date indiquée par Es-Sa'di doit être exacte, car il vivait encore à cette époque et il a eu vraisemblablement connaissance de la lettre officielle qui annonçait l'événement dont il parle.