CHAPITRE SIXIÈME
cadi de Dienné. Il fut dans cette ville le premier cadi chargé de régler les contestations des habitants selon la loi musulmane. Auparavant les différends étaient portés devant le khatib* qui les tranchait en conciliant les parties. Telle est encore la coutume des nègres, mais les blancs prennent pour juges les cadis. C'est ainsi que les choses se pratiquent de nos jours.
Tout ce qui vient d'être rapporté au sujet des vertus du cheikh a été vu et constaté par bien des gens. Quant aux prières faites sur son tombeau, elles sont toutes exaucées d'une façon complète. Ce tombeau est situé dans une cour (\\) de la mosquée, près du mihrab qui est situé dans le mur qui ferme la mosquée au nord. Dieu fasse miséricorde à ce cheikh, lui témoigne sa satisfaction et attire sur nous une partie de ses bénédictions. Amen!
Le cadi El-'Abbas-Kibi. — Habitant de Dienné, Oua'kri d'origine, ce personnage était en même temps que jurisconsulte et théologien remarquable, un homme éminent, bon et généreux. 11 avait un grand fonds de générosité. Son tombeau est situé à l'intérieur de la mosquée près de Textrémité du côté du sud. Dieu lui fasse miséricorde!
Le cadi Mahmoud-ben-Abou-Bekr-Baghyo o, père des deux savants éminents : le jurisconsulte Mohammed- Baghyo o et le jurisconsulte Ahmed-Baghyo'o. — Habitant de Dienné, Ouankori d'origine, c'était un jurisconsulte et un théologien remarquable. Après la mort du cadi El- Abbas-Kibi, en l'année 959 (1552), il fut investi des fonctions de cadi par l'ordre du fils de l'émir Askia-El-Hâdj- Mohammed, Askia-lshâq, après le retour de celui-ci de l'expédition de Ta'ba.
Le cadi Ahmed-Torfo, fils du cadi 'Omar-Torfo. — Originaire de Dienné et habitant cette ville, il y exerça les
1. « Le prédicateur de la mosquée » qui faisait fonction d'arbitre.
{Histoire du Soudan.) 'S
fonctions de prédicateur, puis d'imam de la mosquée et enfin celles de cadi. Il cumula ces trois charges ; au moment de son départ pour le pèlerinage il se fit suppléer en qualité de prédicateur par le khatib Mama, comme imam de la mosquée par l'imam Yahya et enfin comme cadi par le cadi Mouaddib'-Bokar-Terouari. 11 mourut à La Mecque (Dieu lui fasse miséricorde!) et chacun des trois suppléants devint titulaire de sa fonction. Quant au cadi Bokar, dont il vient d'être parlé, il était originaire de Kala et appartenait à la famille royale de ce pays. Il se voua à la piété tout en étant au pouvoir, et, esclave de la science, il dut à ces vertus les faveurs divines.
Le cadi Mohammed-Benba-Kenâti. — D'origine ouankori, il fut un jurisconsulte et un savant illustre. Il fut nommé cadi après la mort du cadi Bokar-Terouari. Il fut le dernier cadi sous la dynastie des Soudaniens'-.
Tels sont les savants célèbres de la ville de Dienné. Nous n'avons donné leurs noms dans ce livre qu'à cause de la renommée qu'ils acquirent par leur science. Que leur men tion attire sur nous les bénédictions du Ciel !
Voici la liste des cadis dans l'ordre où ils se succédèrent. Le cadi Mohammed-Foudiya-Sânou ; le cadi Fouko; le cadi Kanâdji ; le cadi (r») Tanatâ'o^ ; le cadi Sonqomo; le cadi El- Abbâs-Kibi ; lecadi Mahmoud-Baghyo'o ; le cadi Omar- Torfo ; le cadi Tolmà-KiHsi^; le cadi Ahmed-Torfo, fils du cadi Omar-Torfo ^; le cadi Mouaddib-Bokar^-ïerouari ; le cadi Mohammed-Benba-Kanàti. Tels furent les cadis depuis
1. Ce mot, au lieu dNHre un nom propre, pourrait être traduit par « professeur », mais il faudrait alors qu'il eût l'article défini.
2. C'est-à-dire avant la conquête du Soudan par le sultan du Maroc.