CHAPITRE DIXIÈME
il était bien élevé, chaste, distingué, plein d'amour pour le Prophète et s'astreignant sans cesse à la lecture des poèmes en l'honneur de Mahomet et à celle de la Chifa de 'lyâd. Jurisconsulte, lexicographe, grammairien, prosodiste et érudit, il s'occupa de science toute sa vie. Ses livres furent nombreux, écrits de sa main avec de copieuses annotations. A sa mort il laissa environ 700 volumes. Il avait étudié sous son grand-père maternel, le jurisconsulte Anda-Ag-Mohammed et sous son oncle maternel, le jurisconsulte El-Mokhtàr, le grammairien, et sons d'autres maîtres encore.
Il voyagea en Orient en l'année 890 (1485) et fit le pèlerinage de La Mecque. Là il rencontra El-Djelàl-Es-Soyouti et le cheikh Khàled-El-Ouaqqâd-El-Azhari, le prince des grammairiens, et d'autres personnages. Il revint à l'époque de la révolte du Kharédjite Soimi-'Ali, visita Kano et d'autres ^illes du Soudan. Il enseigna la théologie et réussit dans son enseignement, dont profitèrent de nombreuses personnes, parmi lesquelles la plus illustre fut le jurisconsulte Mahmoud à qui il enseigna entre autres choses la Modaououana\ Ce fut un savant de premier ordre comme professeur et érudit. Il travailla jusqu'à sa mort qui eut heu un jeudi soir du mois de rebi' II de l'année 943 (septembre-octobre 1536) ; il avait alors environ 80 ans. On lui offrit les fonctions d'imam, mais il les refusa, ainsi que d'autres emplois de moindre importance.
Un de ses plus célèbres miracles est le suivant : Lorsqu'il visita le noble tombeau (du Prophète), il demanda (t/\) à pénétrer à l'intérieur du monument. Le gardien l'en empêcha. Il s'assit alors au dehors et se mita célébrer les louanges du Prophète. Aussitôt la porte s'ouvrit d'elle-même sans cause apparente. On s'empressa à l'instant autour de lui