‹ Tarikh es-SoudanChapitre 87 sur 405 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

pressé par un besoin naturel, il sortit vers minuit de la mosquée par la porte de derrière. Quand il revint, il trouva tout le cimetière rempli de gens assis^ ayant pour costume des chemises et des turbans blancs. Il voulut traverser cette foule pour rentrer à la mosquée, mais arrivé au milieu de sa course, l'un de ces hommes lui dit : « Comment se fait-il que tu nous foules aux pieds avec tes chaussures? » Le chérif retira aussitôt ses chaussures et rentra à la mosquée (Dieu leur fasse miséricorde, leur témoigne sa satisfaction et nous soit utile par leurs bénédictions en ce monde et dans l'autre! Amen!).

Quand son disciple Sidi Mansour mourut, il fut enterré à côté et en avant de la tombe de son maître. Le cheikh Ibrahim-Ez-Zelfi avait fait préparer l'emplacement de sa tombe dans le voisinage immédiat de celle de Mansour, ce à quoi la population ayant consenti, tous trois reposèrent dans le même mausolée*. Notre maître le cheikh Ibrahim-Ez-Zelfi, dit mon père, jouissait d'une grande considération chez les gens de Tombouctou à son époque, et ils avaient une grande foi en lui ; sans cela ils n'auraient pas admis qu'il fût enterré en cet endroit.

Après la mort de l'imam Sidi Aboul-Qâsem, les gens de la grande mosquée furent unanimes pour lui désigner- comme successeur le jurisconsulte Ahmed, le père de Nàna-Sorko; ils exposèrent leur désir au père des bénédictions, le jurisconsulte, le cadi Mahmoud et celui-ci ayant approuvé leur choix, Ahmed devint imam de la grande mosquée. Deux mois^ après cette nomination, arriva du Touât le fds de Sidi Aboul-Qàsem. Alors les notables de la mosquée allèrent trou-

1. La traduction de cette phrase est faite d'après le texte du ms. C; la phrase , qui a (ité reproduite dans le texte imprimé est celle des mss, ActB.

2. C'était le personnel de la mosquée qui faisait la présentation du candidat imam, mais c'était le cadi qui le nommait à ces fonctions.

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