‹ Tarikh es-SoudanChapitre 89 sur 405 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

remparts du côté du Dord. Puis, Mahmoud donna l'ordre que le suppléant du défunt, le jurisconsulte 'Otsman, fût nommé titulaire des fonctions d'imam, mais celui-ci refusa. Mahmoud lui dit alors : « Je ne te laisserai pas sortir d'ici tant que tu ne m'auras pas indiqué qui mérite d'occuper cette place. » Otsman lui désigna alors le jurisconsulte Seddiq-ben-Mohammed-Taghli. Ce dernier accepta et devint imam de la grande mosquée. Il était originaire de Kabara, mais né à Djondjo; c'était un jurisconsulte, un théologien, un homme supérieur, bon et vertueux. Il avait quitté Djondjo pour aller se fixer à Tombouctou, où il demeura jusqu'à sa mort.

Voici les motifs qui l'avaient poussé à s'expatrier : Un jour il avait formulé une opinion sur un point de droit aux élèves de sa medrasa; un des étudiants qui se trouvait là ayant été ensuite à Tombouctou pour y faire certaines études revint plus tard à Djondjo et déclara que l'opinion formulée n'était pas conforme à celle des jurisconsultes de Tombouctou. « Et quelle est cette opinion? demanda Seddiq. — Elle est formulée de telle et telle façon, répliqua l'étudiant. — Alors, s'écria Seddiq, j 'ai donc perdu mon temps inutilement (ici) * . a Ce fut alors qu'il s 'expatria (Dieu lui témoigne sa satisfaction !) . Une étroite amitié l'unit au suppléant Otsman ; ils s'aimèrent en Dieu et devinrent si intimes que chacun d'eux lorsqu'il déjeunait envoyait une partie de son repas dans la maison de son ami. Il en était de même pour le souper. Seddiq avait tant d'affection pour son suppléant que c'était toujours dans la maison de ce dernier qu'il se préparait à la cérémonie du vendredi.

Plus tard l'imam Seddiq alla en Orient pour y faire le pèlerinage de La Mecque et visiter les lieux saints. Dans ce voyage il se trouva avec un grand nombre de jurisconsultes

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