‹ Tarikh es-SoudanChapitre 91 sur 405 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

cimetière (Dieu leur fasse miséricorde et leur témoigne sa satisfaction!).

Les suffrages des gens de la grande mosquée se partagèrent entre le jurisconsulte Godâd-El-FouUani et le jurisconsulte Ahmed, fils de l'imam Seddiq. Le cadi El-'Aqib fit choix de Godâdet le nomma imam. C'était un homme excellent et vertueux. Il conserva ses fonctions d'imam durant douze ans.

A sa mort il fut remplacé par l'imam Ahmed, fils de l'imam Seddiq, et cela sur l'ordre du cadi El-'Aqib. Ahmed conserva ses fonctions quinze ans, neuf mois et huit jours sous la dynastie des Songhaï, dont il fut le dernier imam à la grande mosquée, et cinq ans sous le règne du sultan hachémite Aboul-'Abbas, Maulay-Ahmed. On trouvera plus loin la date de Tavènement et de la mort de ces deux personnages à la mention des décès et des événements de l'année 1021 (1612).

Quant à la mosquée de Sankoré, elle fut bâtie par une femme, une grande dame, très riche, très désireuse de faire de bonnes œuvres, à ce que l'on raconte ; mais nous ne savons pas à quelle date cette mosquée fut bâtie. Un grand nombre de cheikhs furent appelés successivement à en être l'irnam (Dieu leur fasse miséricorde et leur pardonne!). Voici ceux que nous avons connus (^r) dans l'ordre où ils ont été nommés :

Le saint, le vertueux, le père des bénédictions, le jurisconsulte Mahmoud ben-'Omar-ben-Mohamined-Aqît ; il fut nommé imam sur l'autorisation du jurisconsulte, le cadi Habib ; son successeur fut son cousin maternel l'imam Anda-Ag-Mohammed, fils du jurisconsulte El-Mokhtar, le grammairien. Il dut résigner ses fonctions quand l'âge eut affaibU ses membres bénis. Quand l'imam Anda-Ag-Mohammed mourut, le jurisconsulte, le cadi Mohammed, fils du jurisconsulte Mahmoud, désigna pour occuper cette place

Mohammed, le fils du défunt. Celui-ci s'étant excusé à cause de son incontinence d'urine, le cadi le contraignit à faire la preuvede cette maladie et le jurisconsulte El-'Aqib, fdsdii jurisconsulte El-'Aqib, fils du jurisconsulte Mahmoud, vint apporter son témoignage sur ce point; alors le cadi Mohammed revint sur sa décision et nomma imam le témoin luimême.

Après la mort du cadi Mohammed, frère d'El-'Aqib, le prince Askia-Daoud obligea El-'Aqib d'accepter les fonctions de cadi; il fut donc investi des deux charges et les conserva jusqu'à sa mort, sans s'être jamais fait suppléer pour la prière sinon durant la maladie à la suite de laquelle il succomba. A ce moment il donna alors l'ordre au fils de son frère, au jurisconsulte, à l'ascète Mohammed-El-Amin, fils du cadi Mohammed, de diriger la prière des fidèles, mais sa mère Nana'-Hafsa-bent-El-Hâdj-Ahmed-ben-'Omar s'y opposa. La prière en commun fut ainsi interrompue pendant quelque temps à la mosquée. Alors le très docte, le jurisconsulte Mohammed-Baghyo'o, invita l'imam à désigner un suppléant pour diriger la prière, mais celui-ci lui répondit :

« Oui, mais à la condition expresse que ce sera toi. — Cela n'est pas possible, répondit Mohammed, à cause des devoirs qui me retiennent à l'autre mosquée. »

Les notables s'accordèrent ensuite pour désigner son cousin, le jurisconsulte Abou-Bekr-ben-Ahmed-Bîr. On le désigna malgré lui : aussi après avoir dirigé les prières du dohor, de l'asr, de maghreb et de T'acha, il quitta la ville le soir môme et s'enfuit au village de Tenbahouri; il mourut peu de temps après cela. Les notables mirent alors en avant son frère, le saint de Dieu, le jurisconsulte Abderrahman, fils du jurisconsulte Mahmoud, qui fut nommé titulaire de la fonction et l'accepta; malgré qu'il fût très malade, il ne se

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