‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 17 sur 69 · STRABON, XII, C · texte numérisé non relu

STRABON, XII, C

(12) JHS, VILLE, p. 493.

(13) Fils de Gomarès auquel les Phrygiens devraient leur nom suivant JOSÈPHE, I, 6, 1. Nom certainement d’origine asianique, en tous cas.

(14) LaNckorowskt, Pamphylien, 36 (7), p. 167; BCH, VII, p. 268, n° 10.

G5) BCH, XI, pp. 24-5. |

(16) BCH, XII, 18, 20, 21, 22 et BoëckH, CIG, II, p. 476 c; no 2693 f; 1. 4; cf. 2693 c, Il. 2; 2694 a, 1, 3; cf. CIG, I, 904; LE Bas et WADDINGTON, III, nos 361, 408, 415 ; À. M., XXI, p. 119.

(17) BCH, V, p. 108.

(18) P.-B.5. v, Une des îles situées en face de ce promontoire porte le nom bien asianique de Eavüaarov,

(19) P.-B. s. v. TowytAtos.

(20) P.-B. s. v. Pour la nasalisation éventuelle des éléments vocaliques, voir 4 la fin du chapitre.

ai L'EMPS Là MX ph ne MR dose RTS RE es 70 Ce LES Cd 5 . CPR OR RS Ne PU 7 à COR PE NET ON

40 CHAPITRE Il

en Mésopotamie, à Ur-Casdim, dans nn (T-r-b) (7) ; Tarbu (), Darbu (6) ;

en Canaan : dans Tirbanah (+) ;

en pays hétéo-mitannien : dans Tarbundarau$, Tarbundaraba (peutêtre uÿ), Tarbai, Tarikila, Tarbunu, Tarbum, Targasan, Targäÿnali (5), Atarchasis (9), vin (7), Targall"”" (6), Tapyara (°), Targali (?) (°°), Tarbigamani (*), Tarbuna (°°), Tarbanabe (5), Tarbündapi (+),

(1) Ce nom, qui n’est pas hébreu, n’est pas davantage sémitique. Il se retrouve dans le Safa. P. JENSEN, dans Zsch. f. Assyr., VI (1891), p. 70 a, le premier, remarqué son parallélisme avec Tarku. Voir mes « Phéniciens », p. 67. Dans mon prochain travail, qui sera consacré à la Palestine, j’aurai occasion d’y revenir en détail. L'origine étrangère de la famille patriarcale en question est, au reste, formellement attestée par Josué, XXIV, 2.

(2) A. DEIMEL, Pantheon Babylonicum, Romae, 1914, n° 3240 (p. 260).

(3) Tbid., no 3423 et p. 102. E. HuBeRr indique, en outre, la présence d’un élément prédicatif idéogrammatique en TUR-KU dans les noms propres des annales cunéif. du temps des rois d’Ur et de Nisin. Voir ses Personennamen, etc., p. 206.

(4) I CHRONIQUES, II, 48. Noter que ce personnage se rattache à la descendance de Hébron, personnage et nom de lieu hétéens. En raison de la faiblesse de la gutturale asianique (voir plus loin à ce sujet et la transcription Oasa Oapèa des LXX pour 71n }, il y a lieu, semble-t-il, d'ajouter à cette liste le nom propre Oapsos (variante de JosÈPHE, Arch. I, 145, pour 1).

(5) Cf. CLay, Personal names, etc. p. 204. Pour Tarbunu, cf. CoNrexau. 30 Tablettes cappadoc., Paris, 1919. Pour Targäfan, cf. MUSÉE Du Louvre, Textes cunéif. T. IV, Tabl. cappad., p. G. CONTENAU, Paris, 1920, n° 87. 18; Targaÿnali se trouve dans MDOG, 35, P. 19; et CLAY, op. cit., pp. 137 et 204.

(6) O. WEBER, p. 94.

(7) Nom d’une divinité agricole en Syrie (LXX Eeôpay — 717% (?). S'il ne s’agit pas d’une graphie fautive du nom du fameux dieu Earoarne — NT (cf. J. B. CxaBor, Journ. Asiat., avriljuin 1921, p. 195 et sq.), la forme à aspirée initiale tenant lieu de la voyelle prothétique non aspirée serait parfaitement normale (cf. p. ex. : Eyrôva — A2 : GAANE — PEU ; ”Eyesos = VON ; afin = NIXN ; lexiques de DaLman et Lévy, s. v). Ce nom se trouve dans J. FürsT, Hebr.-Chali \.-B., Leipzig, 1876, vol. I, p. 379, a. Cf. ZacHar., IX, 1, où 5977 VAN désiz la Syrie (suivant DeLrrzscn = le Hatarikka assyrien ; voir GESEN-BUHL, W.-B. s v.). Il désigne également un roi légendaire de Syrie.

(8) DEIMEL, op. cif., n° 3240 (p. 260).

(9) Village au N.-O. d’Antioche (TaÉODORET, Relig. hist., ch. XXIT).

(10) P.-ê. erroné (ou, plus probablement, exact pour, 5Y7n (LXX, Oasyar). (EUTY- CHIUS, ap. MIGNE, P. G. 111, 67 = p. 922). à

(11) WiNCkLER (Berl. Sitxgsber., 88, 1349), nom d’une ville des Hatië.

(12) W. M. MüLLer, sien u. Europa, p. 333, n. 1.

(13) Ibid.

(14) PSBA, 1889, p. 288-289 (nom asianique d’un préfet assyrien)

cc. y yes

+. Hethit. Sprachwiss., 1, p. 19);

chez les Cosséens : Kadaÿman-Turgu, Mee- Turgu (1) ;

en Syrie: Toayonunts, Tozywy (22), nn (F5), NIDTON, FVIN, JDTON, NID, NMDNO (54);

(1) BABELON, Traité des monnaies grecques et romaines, IT, 2, p. 417, préfère la lecture Aatäduns.

(2) Ramsay, Hist. geogr., Londres, 1890, p. 17 (éponyme de Kastor, roi des Galates Tectosages, de 62-45).

(3) N. pr. en Cappadoce (PSBA, V,. 41-44).

(4) Localité non loin d’Alep (JEAN ScyLrrza, Hist., 676 — Mine, PG, 122, p. 405).

(5) E. CHANTRE, Mission en Cappadoce, p. 176.

(6) Nom asianique (?) d’une tribu galate à l’ouest de l'Halys (P. B.) ; Towyuot et TooxunvoL.

(7) Hiérocrès, 698, 1; cf. Tooxvadw et Towzvadwvy (gén. plur.) (en Galatie) Nofit. Graec. episcopatuum, 1, 277 : 8, 330 ; 9, 239. Cf. Tooxvades Trocnades dans Ramsay, JHS, VII (1887), p. 227. 221 et KRETSCHMER, op. cit., p. 363, rem. 6; aussi Ramsay, Hist. Geogr., 1890, pp. 213 et 228.

(8) À Trébizonde (CIL, II, Suppl., no 6746).

(9) Tewyaitar et Towyhodura, aussi Trogodytae, est un ancien nom des Cappadociens (cf. LÉON Dracre, Hist., III ä, début : Corp. script. histor. byz., Bonn, 1828, RE SES ME MIGXE, Patrol. grecque, 117, pp. 713-714; et THÉODORE, 3571 MIGNE NP G:9 82, p. 421-2);ilest, d’ailleurs, possible que le mot signifie : ceux qui pénètrent dans des grottes (rpuiyhæ). Mais ce mot même est d'autant plus susceptible d’une origine religieuse que les grottes ont joué un rôle important dans les plus anciens cultes préhelléniques et dans les mystères de Mithra; cf. d’ailleurs le nom de la parédre de Tarku : Cybèle, qui a pris également le même sens, cf. HÉsycHIus : x5Beko* don Pouyias, Avroa nai BdAauot ; cf. APOLLODORE, III, $, 1; ET. DE ByzANCE semble indiquer (s. v. Kpéyos) que les Lyciens consacraient, eux aussi, les grottes aux dieux agrestes : évradla Ô’elvat xai ta érovouaopeva Bey &yploy &vroa.

(10) Pour Tarbigamani, cf. A. H. Savce, JRAS, 1882, P- 377. 732 (n° 32); BELCK et LEHMANN, Sitzsber. Berl., 1900, p. 621 (n° 22 b); REC. OF THE Past, N.S., vol. 1 (1888), p. 166; PSBA, 1901, p. 111 — p.-ê. Tarbigamas (Sayce).

(11) L’assimilation du Turgu cosséen à Tarku suggérée par HILPRECHT, Zeitschr. für Assyr., 1892 (VIT), p. 316, note 3, a de grandes chances d’être exacte. C’est tout simplement une autre graphie pour rendre la sonante asianique r. Pour Tarbum, cf. Sayce, The Cappadocian cuneif. tablets, Babyloniaca, I, 1, 1908 (X); on trouvera ces noms dans CLAY, Personal names, etc., p. 204.

CH}PERTSY

(13) R. Dussaup, Les Arabes en Syrie avant Islam, p. 15-17; Dussaup et MACLER, Inscriptions du Safa, pp. 138-139; 550 a, 1. 4. Le caractère asianique de l’onomastique du Safa a entièrement échappé aux auteurs. Voir lappendice I à ce sujet.

(14) Lexiques araméen de DaLMAN I et chaldéen de LEVY, s. v.

en Arabie : Thaywvos xwun (1), Tupraroy ëpos (2); Fr TPS

en Scythie : Tapyrraoc (3);

en pays Caspien : Terchium (ville) et Tepoua (pays) (+), Tirkabuli 6 ) Targites (®), Thargamos (7).

À ces variantes l’on peut joindre encore : Tpayasioy, Toayasaov Er rhywv] en Troade: Toayu, îles près de Lade en Carie; Toxyaon (nom d’un port (cf. pour la finale Muaasa, [lnèasa, Bapyaca); Toayasix mère mythique du « héros » éponyme des Cauniens; Toayaan, épouse du Crétois Miletos; Toæyovixn, localité en Perse, qui n’est pas nécessairement exclusivement hellénique, comme l’indiquent les formes verbales hébraïque et araméenne 53 52 et [A4 frapper, eudommager, affliger (®) qui, tout comme le premier élément roxye- se retrouvent également des deux parts ; sans doute aussi une assez grande partie des noms du type Toaex, Toœyux, Toayin, Toaœyuvix, TA ou, tonisé, Tpryerx (°); peut-être Towouz en. Phrygie-Galatie (assimilée à Tpoxvadx par Ramsay, Hist. Geogr., p. 213), Tpweovia en Mysie (HrÉROCLES, Synecdemos); vraisemblablement encore Tupozxmw ou Tuozueuw (ALCÉE, p. 94; cf. V. HERWEER- DEN, 0p. cit., p. 1489 s. v.), ainsi que les formes en Tapyaa, Tapryea, Tapryeu, Tapryeux, T'apuynix que l’on retrouve aussi bien en Asie Mineure que dans le reste du monde méditerranéen avoisinant.

(x) Notit. episc., 1, 1047.

(2) P.-B.s. v. Pour les transcriptions variables de la sonante asianique y, cf. plus loin. — En raison de l’amuissement affectant la gutturale asianique, il y a peut-être lieu de joindre ici Oappw, île d'Arabie, près du golfe Persique (P.-B.).

(3) Ancêtre mythique des Scythes (P.-B.). Cf. Tipyaraw épouse d'Hekataios (nom asianique) roi des Scythes (POLYEN, VIII, 55). On sait que l’aristocratie passait pour héraclide, tout comme la dynastie lydienne, et possédait son culte distinct,

(4) LE QUuIEN, Oriens Christianus, 1, 1324, XXI, in fine. L'auteur note le Caractère très mélangé de la population en raison de l’activité économique du pays.

(5) DE LaNTSHEERE, Dela race et de la langue des Hittites, p. 93 (mont à l’est du lac,

de Van au temps de Tiglatpileser I).

(6) Nom d’un Avare (CorrPPus, Laud. Just. Min., U, 258). Noter dans GARSTANG, 0p.

t., pl LXXXII, la présence d'éléments de type mongoloïde parmi les contingents hétéens. Cf. également MIGXE, P.G., 113, 154 et 114 Tapyitios, Avare (c'est le même, semble-t-il).

(7) Ancêtre mythique de la nation géorgienne, d’où le nom Zhargamossiani des Géorgiens (J. KLAPROTH, Voyage au Mont Caucase, 2 vol., 1823 ; t. I, p. 510).

(8) Voir les Lexiques de GEsENIUS-BuxL, Levy (Chald. W.-B.)et BROCKELMANN. J'ai parlé de ces mots mixtes dans mes « Phéniciens », p. 45 sqq. J'aurai l’occasion d’y reveair, dans un prochain ouvrage.

(9) C’est, entre autres, l’ancien nom d'Éphèse, la ville sainte (XÉNOPH. D'ÉPH., I, 12), fondation des Amazones venues de l’Halys (Er. DE Bvz. s. v. "Egesoc).

tions.

Nous trouvons :

En Cülicie :

en Lycie :

en Lydie :

en Pisidie :

en Isaurie :

en Phrygie :

Tarki

Tarko (+ nasale) Tarku (H nasale) Tarqu.

Trako (+ nasale) Tarbu (+ nasale) Trogo (+ nasale) Troko (+ nasale)

Troxo Tarayu

Atarayu Torqua

Terg

Troko (Æ nasale) Traqa

Traai

Traqû

atrqqi

Targ/k/y Trok Trakou

Terka (+ nasale) Troko (+ nasale)

Tarku (+ nasale) Troko[u} (+ nasale)

Trôgi

Troko (+ nasale)

Oorga (- nasale)

Considérons d’abord le tableau synoptique des différentes transcrip-

en Pamphylié :

en Carie :

(Troko + nasale)

Darg Otôrko (- nasale) Tarko (+ nasale)

Trogi/u

en Lycaonie :

en Cataonie :

Trôgi

Tarko (+ nasale)

en Mésopotamie :

en Canaan :

T-r-b Tarbu Darbu

Tirb® (H- nasale)

en pays hétéo-mitannien :

Tärbü (+ nasale) Tarÿa (Æ nasale) Tarik

Targü

Atarya

Hadark

Tarbi Tark (- nasale) (?) Tarko (+ nasale) Terko

Trok(?) (+ nasale) Trog

Tarqu (+ nasale)

chez les Cosséens :

Turgu

AIS TAC PPS + te PC" oh SE LP 07: ET, - 1 VE A TT ad L'EFRR. PNA CAR 21 Q y - ÿ DE " Mn » TAUPE R Ua, A re NET

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44 CHAPITRE Il en Syrie : en pays caspien :

Trayd Teryi T-r-b Tersci *trako (+ nasale) Tirka ’adarka/o (+ nasale) Targi tarko (+ nasale) Oarga (+ nasale)

T'räko (+ nasale) Tarko (+ nasale)

diverses régions asianiques :

Traga

en Arabie : Trago (+- nasale) Trad (H- nasale) Traye/i Turka Triko

en Scythie : Turraka/e Targi Tariya/e.

Pour qui possède quelque expérience des modalités orthographiques du cunéiforme, il n’y a dans ces formes prises par un même thème rien que de normal ; car il n’en est pas une dont l’on ne puisse trouver l’équivalent dans les répertoires de noms propres de Huber, de Tallqvist, de Clay, de Deimel, etc. Quelque appréciation que l'on puisse donc porter sur tel ou tel de ces noms pris en particulier, soit pour le maintenir dans la liste ci-dessus, soit pour l'en exclure, il n’en demeure pas moins certain que nous avons affaire ici à des variantes onomastiques sur une base commune, et que cette base, pour la majorité d’entre eux au moins, est le nom du dieu asianique Tarku (Tarbu).

Est-il possible, toutefois, de se rendre raison un peu plus en détail des différentes expressions orthographiques sous lesquelles ce nom se présente à nous ? C’est ce que nous allons essayer d'examiner.

Ces variantes peuvent, évidemment, être ramenées à deux causes principales : l’une, d’ordre graphique; l’autre, d’ordre phonétique, linguistique, par conséquent. Nous allons les passer en revue l’une après l'autre.

En ce qui concerne la première, ce n’est, croyons-nous, rien apprendre à personne que de rappeler l'extrême diffusion de l'écriture cunéiforme dans toute l’Asie occidentale jusqu’à l'époque achéménide. L’alphabet dit « phénicien » a seul joui dans cette région d’une vogue comparable. Mais, avant que celui-ci ne fût entré dans l’usage, du Pont au Golfe persique et du lac de Van à l'Égypte le syllabaire cunéiforme — sous l’une quelconque de ses variétés — a prévalu. Son emploi comme système ofhciel dans les relations diplomatiques internationales constitue, d’ailleurs, la meilleure preuve de sa popularisation.

C'est, par conséquent, énoncer un fait absolument certain que d'affirmer qu'avant d’être transcrits en caractères alphabétiques, tous les noms indigènes de l’Asie Mineure parvenus jusqu’à nous ont été exprimés au moyen de ce syllabaire. Nous avons donc affaire, dans l’immense majorité des cas, à de pures et simples transcriptions d’originaux conçus en l’un de systèmes issus de Sumer et d’Accad (1).

Or, à raison même de sa nature, toute écriture syllabique demeurée encore proche du stade hiéroglyphique originel — comme c’est le cas, P. ex., tant pour le cunéiforme que pour le chinois — est un témoin phonétique des plus imparfaits.

Cette insuffisance, qui tient à de multiples causes, pour la plupart évidentes, provient principalement de ce que l’on pourrait appeler la raideur foncière de l’expression graphique.

Alors que la devanägari, p. ex., et l’alphabet lui-même accusent, l’une les moindres réactions d’euphonie résultant du contact mutuel des phonèmes, ex. : sait palati — la bâche tombe ; samid dahati — la büche brüle, samin niyate — la biche est amenée ; samic ciyate — la biche est empilée, etc. ; l’autre, les plus importantes seulement de ces répercussions {surtout dans les textes épigraphiques) — z%y ré, uro | &3c[ploc, tusavée pour ëv-pavhs, etc., les graphies syllabiques d’origine figurative sont dans l’impossibilité de noter autre chose que le contenu phonétique strict de chaque signe. C’est ainsi que les signes fa, li, tsé du chinois, bi, tak, mal du cunéiforme, toutes les fois qu’ils s'emploient avec les valeurs ci-dessus, excluent toute nuance dans l'expression vocale des phonèmes considérés. Ceci oblige les scribes à des expédients plus où moins heureux, plus ou moins ingénieux, mais toujours plus ou moins divergents pour rendre les mots ou noms étrangers. De cette imperfection inhérente à ces sortes d’écritures, les textes d’Idalion, tout commeles tablettes cunéiformes, nous ont conservé de multiples témoignages (?).

(1) Nous en possédons une préuve, entre autres, dans le Cylindre 91030 du British Museum, RawLINsON, W.A.I., IL, 16, col. V, 19; 24, sur lequel HALL a attiré l’attention dans son Oldest Civilization of Greece, Londres, 1901. Cf. mes « Phéniciens », P. 16.

(2) Cf. p. ex. : Hadad — A4-da-ad — Ad-du — Ad-di — Da{da(?)a]d — Da-ad-da A-ad-du — A-da-di — Ad-da — Ad-da-da — Ha-di (A. DeImeL, Pantheon babylonicum, p. 43 b et sq.); Marduk — Amar-ud — Ma-ru-duk — Mar-duk — Mar-du-ku (bid., p. 173 a-b); Aÿur — A-ÿir — A-usar — Aÿ-ur — (p.-ê.) An-$ar (Ibid, p. 67 b et sq.); À. T. CLay, dans The Empire of the Amorites, New Haven, 1919, pp. 24 et Sq.; 165 et sq., a donné des exemples de ces allographies dont il résume les causes. Il n’est, d’ailleurs, que juste de tenir compte ici de l'influence des suyyVoets 20vGy dont parle Strabon (XIV, C. 678), suyyÿoes qui paraissent ne pas avoir commencé seulement lors de la « Guerre de Troie »; des déplacements, des caravanes, des mouvements prc-

Si l’on ajoute que les procédés de transcription variaient forcément d’une époque et d’une localité à l’autre; que chaque scribe représentait la tradition propre de l’école ou du temple où il avait été formé ; que le jeu des idéogrammes pris tantôt avec leurs valeurs sumériennes, tantôt avec leurs valeurs sémitiques, se prêtait, en outre, à des jeux de bel esprit graphique de portée plus où moins symbolique ou littéraire — dont la mode subsiste encore de nos jours en Japonais et en Chinois (1), l’on comprendra sans difficulté l’origine vraisemblable d’une partie au moins des variantes sous lesquelles nous apparaît le nom du dieu de Cilicie (2).

Inutile d’insister sur ces faits qui sont, d’ores et déjà, bien connus.

L'aspect phonétique et linguistique de la question est, du reste, singulièrement plus instructif.

Un examen tant soit peu attentif nous révèle en effet, très vite, que les variations procèdent, en réalité, d’une cause plus profonde; qu'elles résultent manifestement de l'embarras éprouvé par les scribes obligés de rendre des articulations d’un type très spécial, pour lesquels ni le sémitique ni l’hellénique ne possédaient de correspondants adéquats.

Pareil fait ne saurait surprendre. Il y a longtemps que Kretschmer et Ramsay ont démontré, l’un à propos de l’ethnique Axépzvdeus (5), l’autre à propos de l’Apollon Awp6nves (*) l'incertitude et les flottements de l'orthographe grecque lorsque celle-ci se trouve dans la nécessité de rendre certains sons propres aux idiomes asianiques.

Cette conclusion, qu’imposait déjà la seule comparaison des variantes orthographiques, se trouve, d’ailleurs, confirmée par l’examen des alphabets et des orthographes lyciens et lydiens. L’un comme l’autre se distinguent, en effet, par la présence d’un système de phonèmes nasalisés

voqués parles relations de commerce, etc. L’impuissance du cunéiforme à rendre les groupes consonantiques initiaux ainsi que les sonantes nasales, si fréquentes en asianique, était une cause supplémentaire non négligeable d’à-peu-près.

(1) Les personnes familières avec les philogies chinoise et japonaise connaissent mieux que nous les exemples. Pour les profanes ren sinologie, les nombreux livres de LAFCADIO HEARN sur le Japon renferment des exemples de cet usage de lettrés.

(2).Cf. A. T. CLay, Empire of the Amorites, New Haven, 1920, pp. 20 et sq. Si j’appelle ici Tarku le dieu de Cilicie, ce n’est point que j’entende présumei quoi que ce soit de son origine, pour le moment du moins. C’est uniquement parce que le foyer de cette onomastique, à l’époque où cette famille de noms nous apparaît, paraît se trouver en Cilicie. Cf. KRETSCHMER, Einleitung, p. 396 et sq. ; J. A. KNUDZTON, Die zwei Arzawa- Briefe, 1902, pp. 19 et sq.

(3) Einleitung, p. 303. Se trouve aussi dans le lexique de Roscher s, v.

(4) JHS, X (1889), pp. 219 et 221 : Ampfinvos, Amxpfinvos, Aveppnvos, Azpunvos,

Aapunvos, Aerunvos, Aepunvos.

dont la contrepartie faisait défaut en grec (7), sans compter l'emploi éventuel des liquides et nasales en fonctions de sonantes (2), que l’hellénique ignore également. Il existait, au reste, bien d’autres discordances. Nous nous bornons ici à rappeler seulement les plus frappantes.

Tarku, faisant partie de la série des noms asianiques, rentre donc dans la catégorie des mots dont l'expression graphique doit être, à priori, considérée comme susceptible d’assez sensibles variations tant en grec qu’en sémitique.

L'amplitude approximative de ces altérations est, évidemment, nécessaire À connaître si nous voulons être en mesure de suivre à la trace le dieu à travers le vaste domaine où l'ont entraîné ses fidèles.

Mais il n’est pas moins indispensable de prendre ici de forte assurances contre l'arbitraire phonétique car c’est là une condition sine quà non de la solidité de nos résultats éventuels.

Afin de nous mettre à couvert, sous ce rapport, dans toute la mesure du possible, nous allons donc examiner individuellement le cas de chacun des éléments articulatoires asianiques entrant dans la constitution du nom - divin. |

Bien loin de nous être une gêne, la variabilité des transcriptions nous sera, au contraire, du plus grand secours, et nous pourrons — c’est du moins notre espoir — grâce à la comparaison de ces différentes leçons, parvenir à déterminer avec une précision suffisante les caractères fondamentaux des phonèmes originaux. |

Tarku se décompose en trois phonèmes essentiels — la question de la finale, soit vocalique, soit sonante nasale, demeurant réservée pour le moment (5). — Ces phonèmes sont :

1° une occlusive dentale ; 2° une sonante ;

(1) Nous voulons parler ici, comme on l’a compris, de ces sons étranges que nous traduisons, faute de mieux, par #, À, à, ë, etc., sons qui donnent aux vocables lydiens et lyciens leur physionomie si spéciale. Tels, p. ex. : Max (KALINKA, 69, 1, Cyanis); arñnas (44 € 13, 19, Xanthos); ddapstma (11, Pinara); Mpräma (37, 5, Xanthos) ; brppi (3, 3:36, 23 11, 2,13, 4, etc.) et, en lydien : srkastus (LITTMANN, p. 80) ; Mrslaÿ * (29, 7); armnñak (4, 10); aüikñaäntrnü (26, 1), etc. Cf. également ebèrine, mè, prnawale, ttäna (KALINKA, 58) ; vanat, helük, fensaibid (LITTMANN, Sardis, p. 42 et inser. bil., 1. 10, P. 40). Comme on le sait, ces phonémes manquent également en sémitique.

(2) L’on désigne sous ce nom, je le rappelle, les nasales et les liquides voyelles formant syllabe, du type Imnr indo-européen, dont certaines se sont conservées en sanscrit et dans quelques langues slaves.

(3) Nous laissons, à dessein, de côté la question de la voyelle ; lon en verra plus loin la raison.

RON SRE ee RE Ms ee | : . L ï CAUSE NPA TT Ee

48 CHAPITRE Il

3° une gutturale occlusive, car la question de vocalisation, comme on le verra, se résoudra en quelque sorte d'elle-même au cours de cet examen.

1° La dentale. L'un des traits les plus caractéristiques des parlers du groupe asianique par rapport aux parlers grecs est le type articulatoire spécial de leurs occlusives.

Celles-ci paraissent, en effet, avoir comporté une aspiration très légère susceptible d’être ou de n’être pas rendue en grec par une aspirée.

En asianique même, les graphies varient sous ce rapport.

Cf., par exemple, les formes lyciennes : WTIE et TTIE°; TTPE et APE; 1Oet T1; TtPTet TP C0).

L'étude des transcriptions grecques fournit, à cet égard, les indices les plus précis. Que l’on compare, par exemple, les noms de : Oxfn (2) (Carie, lonie, Cataonie) et Ta£ar (5) (Carie, Cilicie), Tafer (+) (Isaurie), Tagis (5) (Lycaonie), Thebaites (Carie) (5), TaBxaa (Lydie) (7) ; Onbasa (Lycaonie) (5), Taxassos (Carie) (°); Ka%karafor ou Kaïharn- Bos (r°) (Carie-Lydie): Oapuërx (1) (Pisidie) et Tapas (Cilicie (2), Lycaonie (53), Pisidie (+), Isaurie) (15); Terônvos et Oerbnvos (15) (Pisidie, Isaurie); Tazixs (17) et Oxôeas (15) (Lydie, Phrygie, Carie, Isaurie); Euvnbavdos (F2) et Xevvnravdaouç (2°) (Pisidie et Lycie) ; Ovpfpua/

(1) Cf. KaziNKaA, Tituli Asiae Minoris, I, Index, s. v. v.

(2) E. DE BYZANCE,s. v.

(3) PAPE-BENSELER, S. v.

(4) STERRETT, Epigraphic journal, p. 199.

(5) TES AXXIL D 2548)

(6) PLINE, V, 109 (nom de fleuve).

(7) PAPE-BENSELER. /

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