‹ Tarkondemos. Réflexions sur quelques éléments graphiques figurant sur le monument appelé "Sceau de Tarkondemos."Chapitre 54 sur 69 · V. mes « Phéniciens · texte numérisé non relu

V. mes « Phéniciens

Taur

Ces correspondances, dont il serait facile d’allonger considérablement

la liste, sont, assurément, frappantes.

L’on peut, toutefois, objecter, à la rigueur, que nous avons affaire ici à un pur et simple hasard ; qu’en admettant même que ces noms soient, en fait, identiques de forme et de formation, ils résultent de la présence

l’on veut, rapprocher aussi ceux d’autres ventes patriarcales : celles de Jacob

Rabel : cf. p. 322, col. a : Racale, Racalmari, Racalmuto, Raccolana, région de Lecce, Caltanissetta, Udine

et, peut-être aussi Ragola et anal. J'ai signalé dans mes « Phéniciens » (p. 67, n. 2) le caractère asianique » P Lg > ; p-.07

des noms d’Abram et de son ancêtre 1-r-h. Cf. ci-dessus p. 170, et note 7. (1) Cf. Giacomo et Jacob. Ce même phénomène est attesté en lazge; ex. : bkar — mgar = pleurer ; bia

et/ou nasal avec la plus grande facilité.

longtemps, et, par le Simplon, vers l’ouest, est, on le voit, très manifeste. Du nom d’Abram, l’on peut, si

CRE enr; de

— ma = lait. La labiale caucasienne n’est que. labiale et elle passe de l’occlusive à l’état semi-vocalique

en Italie, soit d'éléments immigrés d'Asie au temps de l’Empire, soit de la venue entre le x° et le xv° siècle après J.-C., des colonies juives réfugiées dans ce pays, soit de l’activité onomastique des éléments catholiques et cléricaux, si importants dans le territoire italien.

Nous verrons tout à l'heure le cas qu’il y a lieu de tenir de la première observation.

Pour la seconde, elle est de peu de poids.

Car, d’abord, l’on comprendrait mal pourquoi certaines de ces désignations, Abram par exemple, se présentent sous leur aspect le plus antique, aspect différent de celui consacré et par la Torah et par la terminologie officielle de l’Église.

Des patriaches dont le nom a été modifié par Iahu lui-même ("}, personnages vénérables qui inspirent aux fidèles, tant juifs que chrétiens, un respect exemplaire, ne se débaptisent point ainsi.

Acceptit-on, d’autre part, que ces noms italiens soient d’origine judaïque ou catholique, l’on pourrait, à bon droit, s’étonner de trouver, à côté de souvenirs illustrés par la piété chrétienne, tels Horeb, Carmel, Sinaï, Sion, Jourdain, Tabor, Silo, Saron, Salem, Liban, Galilée, Abram, la mention de villes comme Serpata, Tura, Sora et Sarra, Arad, Gaza, Sidon, Ascalon, Tripoli, Joppé, Hésébon, Megiddo, ou d’endroits comme la Piérie, le Monte Sirino, le Monte Siseri, qui n’évoquent absolument rien de spécifiquement catholique (2?) ; ou des appellations qui font penser seulement à la mémoire d'infidèles, d’adversaires du peuple élu, adversaires dont celuici nest jamais parvenu à triompher entièrement; dont un bon nombre, d’ailleurs, dès l’époque antique, s'étaient dispersés (3), ce qui les avait forcément contraints à se réétablir quelque part.

(1) Genèse XVII, 5.

(2) La Piérie, qui se retrouve en Thrace, a été, comme on le sait, un foyer du culte des Muses. Elle doit vraisemblablement ce culte aux contingents fhraco-asianiques de la première couche, qu'il faut soigneusement distinguer des Thraces postérieurs, ainsi que DEIMLING l’a déjà remarqué dans ses « Leleger » ($ 15, 16, 17), pp. 62 et sq. (Leipzig, 1862).

(3) Genèse X, 18. Le terme Ÿ*2 et la formation secondaire Ÿ22 sont bien caractéristiques dans le sens technique de tasropé (le premier Nif., le deuxième au Pi.); le sens propre et fondamental est celui d’émiettement et d'éparpillement. Aussi le Targum Onkelos le rend-il par l’araméen TIT2NN = ss se dispersèrent en ‘tous sens, se répandirent de tous

côtés. La tradition grecque relative aux migrations des Kadmos, des Phineus, des Thasos, des Kilix, des Pélops, des Danaos, etc., confirme, d’ailleurs entièrement le verset de la Genèse. C'est l’écroulement d’une civilisation et la recherche d’un nouvel équilibre politique et économique auxquels l’une, comme l’autre, nous font assister. Cette dispersion même a pour inévitable conséquence la réapparition de ces mêmes éléments en d'autres

ds. —. à

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Ÿ RM NE RU PT ee Mi et se D MSP CR "Er F CP Pi Fe € . ver ? *

Cette induction se trouve, du reste, confirmée par la présence en Italie d’autres noms, également venus d'Asie Mineure, noms qui n’intéressent que très indirectement l'Ancien et le Nouveau Testament, quand ils n’y sont pas entièrement étrangers, comme Symer.

Citons au hasard :

NOMS ASIANO-MÉSOPOTAMIENS

Sinnaro, r. de Messine (Calabre en réalité). Cf. Zevvaup, Eevaup Ay2w () eL Elema, r. de Tempio-Sardaigne. Cf. Elam et Ehvuas où

Elemita, r. de Sassari-Sardaigne. Une Eavun et des Hvyor, que toutes leurs traditions et leurs cultes rattachent à l'Orient asianique se trouvent, comme on le sait, en Sicile (2).

Babilone, r. de Turin. Cf. Babylone SR).

Sumera, r. de Caltanissetta (Sicile). C£. Sumer sumeru Accadia, r. de Bénévent. Cf. Accad Akkadu Caldaia (+), r. de Caltanissettta, de Naples. Cf. Chaldée DT?

régions. La date approximative de cette diaspora cananéenne, qui se poursuivit pendant plusieurs siècles, se place approximativement entre 1500 et 1000 avant J.-C., c’est-à-dire exactement au cours de la période qui fut celle de l'effondrement « troyen ». Ces termes chronologiques résultent : de la fondation du Nouvel Empire égyptien, que l’affaiblissement asianique favorisa singulièrement; de la chronologie du Marbre de Paros; enfin de l’époque d'arrivée par mer du dernier gros contingent asiano-étrusque en Italie soit, vers 1200/1000 environ. En ce qui concerne, par surcroît, les dits noms propres, remarquer qu'ils ne s'appliquent pas régulièrement à des objets identiques (montagnes, fleuves, etc.), ce qui serait, au contraire, le cas, s’il s'agissait véritablement de « rappels » chrétiens.

(1) Ce nom nous paraît correspondre exactement à celui, bien asianique assurément, de Éayyæouos. Cette équivalence nous paraît d’autant plus digne de considération que les origines de la civilisation babylonienne nous sont données par la Bible comme hamitiques (— caucaso-indo-iraniennes, selon nous ; ct. GENÈSE X, 6-12) ce que la science moderne, à son tour, commence à entrevoir (cf. par ex. Ed. MEYER, G. 4.3 pp. 607 et seq. — ÇS 433 a, 435 ; le savant historien toutefois, embarrassé dans la perspective tradition nelle, qui est fausse, n’ose pas encore intervertir les termes des facteurs. Aussi conclut-il, non sans mélancolie : « wohin wir auch blicken, stehen wir vor unlôsbaren Rätseln », p. 613,6 435). J'ai signalé dans mes « Phéniciens » (pp. 98 et 99) les raisons qui nr'empêchent de considérer Babilu-Bafsrwy comme un nom sémitique. J'ajouterai ici que les principales fondations hamitiques, telles que Babilu, Erekh, Azvpix — Assvoux, Ninive, possèdent en onomastique asianique leurs exacts correspondants (cf. Xlio, op. cit, les thèmes *Baba *Babu [p. 58], *ErQe [p. 72 ; même thème qu'Agyos et Apxadts], *Atr- *Adr-[v. plus loin], “Ninu- [p. 170].

(2) Voir à ce sujet le t. I de la Geschichte Siziliens d'A. Horu, Leipzig, 1870, pp. 86 et sq. Cf. THucyp- VI, 2; Denys d'Haric. I, 22 et 52-3; Servius, Ad Æn. V, 73. De fait, les trois cités siciliennes Asca, Egesta << Segesta et Entella dont le commentateur attribue la fondation à ÆElymus, portent des noms aux thèmes asianiques : *Askka (Klio, op. cit., p. 55), *Zaka- (p. 244) et * Hñta- (p. 82) ou “ñle- (p. 170).

(3) Pour ce nom, voir note s.v. Sinnaro.

(4) L'on trouvera ibid., col. a et b, Calda, Calddie, Caldaje, Caldana, Caldune, (cf. Ka)ônvn, « mère des

204 CHAPITRE III Ur, r. de Bergame. C£. Ur, patrie de T-r-b VIN Susa, r. de Trente, Trieste, Suse. Cf. Suse, Zoÿsa qui Suzza, r. de Caltanissetta. Maida, r. de Salerne, Cosenza. Mardor Macéd, Meda, r. de Trente, Milan, Bellune. Mèdes \TO Medda, r. d’Iglesias (Sardaigne), de Catane) (*). Nino (Lago di), r. d’Ancône. Nivog 11292 Nina Ninua Orcu (loc. à Nouraghe), r. de Sassari. Cf. Ocyon Sémit, : Uruk Arku Bibl. : FN Basalla (Corse). | Cf. Basalla (CLAY, Emp. of Amoriles, p.

121) > Suardi, r. de Milan. Ex NT Aram. : 7720 (2)

AE

Cf. lydien S&ard-; Lirr- MANN, Sardis).

Calec, r. de Bergame.

Caleca, r. de Cefalù. Cf. assyr. Kalbu. Bibl. : ñ12 (fondation Calich, r. de Fiume-Pola, d’'Oristano (Sardaigne). Hamitique(3). Sipari, r. de Foggia. Cf. Errraça Spas (4) Calone (loc. à Nouraghe), r. de Nuoro (Sardaigne) :| Encore une fondation 1272 aussi r. de Livourne. Hamitique ; vie un asianique

(Genèse, X, 10). *Klüne)

Solymes » dont Chœrilus de Samos spécifie qu’ils parlaient « phénicien » {JosèPHE, C. Ap. I, 1731. V. mes « Phéniciens » à ce sujet), Caldé, Caldea, Caïldenno (noter la finale étrurisante -Y”-), Caldine, de Bénévent aux Alpes. ;

(1) Les redoublements de consonnes sont constants en Asianique ; cf. Navas et Navvas ; Ilara et [Marre ; Lloreus et [lotte ; Tarns et Tartne, etc. (KLIO, Op. cit. S.V.N.).

(2) Ce nom, on le sait, est resté le nom hébreu de l'Espagne. Une autre forme dialectale, avec amuissement de la labio-vélaire fluante, se trouve avec ses dérivés p. 38$ col. d. Sarda, Sardia, Sardo, Sardosa, etc. Cf. les Éouxpôavo: où Losaônvo: du Caucase (PrOLÉMÉE V, 9, 16, 17) qui appartiennent au même groupe régional de peuples descendus vers la côte à une époque très ancienne ; peuples qu’il faut identifier avec les futurs Sardes ainsi qu’avec les Sardana de la mer et, vraisemblablement aussi, avec les fondateurs de Sardes en Lydie. Tout ce monde a, lentement, reflué vers l’ouest de la mer. Bien loin d’ironiser avec Hall (Bibl. H. Et. fasc. 234, 1922, pp. 308-9) à l'égard des théories caucasisantes de H. BRUGSCH devancé, d’ailleurs, en ceci, mais sans critique, par C. RiTrER (Die Vorhalle Europäischer Vôlkergeschichten

vor Herodotus um den Kaukasus etc., Berlin 1820), l’on doit, au contraire, admirer la perspicacité de ce grand égyptologue qui sut voir plus et plus loin que l'Égypte et eut l’intuition que les peuples côtiers d'Asie Mineure avaient eux-mêmes leurs souches antiques dans le haut pays. (3) Ce terme désigne exclusivement ici des éléments de provenance originelle asianisante. (4) V. pour ce nom pr. ci-dessus, p. 90, n.

déni

Rasna, Rasina (noter ici comme dans le nom pré-| Cf. l’étrusque Rasenna.| C£, Bibl. : 709 (1). (I

cédent, le développement vocal. de la nasale bourdon-

nante).

Caria, r. de Cosenza, Catanzaro, Messine (Calabre).

Cillecia (Ponte di).

Liccia, r. de Cefalüu, Tempio (Sardaigne), Añcône.

Ludiano, r. de Côme; cf. également.

Ludu, r. d’'Iglesias ; et les deux local. à Nouraghe :

Ludirioe et Ludurru.

Tumolera (Monte), r. de Suse.

Misia, r. de Lecce.

Troia, r. de Palerme.

Trojana, r. de Trente.

Trojani, r. de Trente et de Gargano.

Troja, r. de Bénévent, Palerme, Catane, Sienne. Persano, r. de Cosenza, Salerme.

Persca, r. de Fiume-Pola.

Perseu, r. d’Oristano (Sardaigne).

Persi, r. de Milan.

Persiana, r. d'Udine.

Persico, r. de Brescia, de Caltanissetta, de Bénévent, de Pise, de Naples, de Rome, etc. (1).

CF. Kaçia

CF. Kiria

Cf. Avzia

Cf. Avôta

Cf. Tuwos aussi Touwos (3).

Cf. Muoia

Cf. Tootx (pour ce nom, V. Suprà p.74,n.1).

CF. Hegoevs et le rôle de

n'est pas admissible, contrairement à W.-M. MüL- LER Asien u. Europu. p.

282 n. 1, que JD soit — à Typonvo:, avec apocope de To).

ROME, . K Egypt. Î K | CN — Kharou (2).

Bibl :2995;, LR IXT, 45:19 ; Il Sam XX, 27, Kelib.

Sémit, : 77

Egvpt. : Luku

Bibl. : +1

Égvpt. :

Bibl. : 373 (v. mes

cet éponyme des Perses|« Phéniciens » pp. 24 n., dans les temps préhellé-|52, 111, 1, t1).

niques. V. plus loin.

(1) Ainsi, toutes les fondations de l'aîné des Hamites : Babel, Uruk, Accad, Calné, en Sin‘ar ;

Ninive, Kalah, Resen (GENÈSE X, 8-12) se retrouvent en Italie. (2) Voir mes « Phéniciens », p. 73, n. 1 pour la valeur de ce terme appliqué à Canaan. (3) Êr. DE Bvz. s.v. N’est nullement une forme poétique comme le prétend P.-B. ; mais l’effet du jeu

de la sonante 7% : *Tmele ; de même que dans Calone — nÿ3 <*KInne.

(4) Nombre de suffixes de cette série (-if-, -na, -u) sont des suffixes qui se retrouvent en étrusque. J'ai eu, d’autre part, l’occasion, dans mes « Phéniciens » de signaler la présence de tribus perses en Canaan, où ils figurent sous le nom de 72 (cf. par ex. GENÈSE XII, 7, etc. Cette forme, qui est une forme.

plurielle lycisante, est parallèle à la forme lycienne Przzi). Les Perses ont été connus des Grecs longtemps

Li ‘ 206 CHAPITRE Il Tarsia, r. de Bari, Cosenza, Udine. Cf. Tapsos en Cilicie.| Hébreu post.-bibl. Tarsch, r. de Trente. LL Cappadocia, r. de Rome. Cf. Karradoxia Elam. : Katpatuka Armenia, (Monte), r. de Foggia. | Cf. ’Apuevia Hébreu post.-bibl. Armeni, r. d’Iglesias (Sardaigne). étr. armne (CIE I, 52). NNIDNN — arménien (?) Armeno, r. de Domodossola et de Catanzano. (Jasrrow, W.-B. I, 123, col. b)

Aran, r. d'Aoste. Cf. Bibl. aix () Carducci, r. de Tarente, Côme, Bellune. Cf. Kapdouyor (XÉ-|

NOPH. Anabase).

Tauro (Monte) (aussi Colle), r. de Catane et de] Cf. le Taurus,

Foggia.

Caucaso (Monte), r. de Gênes. Cf. le Caucase, Kavra-

60g Calibano, r. de Pesaro. Cf. Xalvfes; pour la

forme, cf. Troiano; Mos-

ciano ; nous retrouverons

le Chalybs en Espagne.

Mosche, r. de Trieste, Türin, Trente. Cf. Mosyot (2). Bibl. : zu Moscia, r. de Côme, de Ravenne. aussi Mosoyrnvor. Assyr. : Musku Mosciano, r. de Marcerata, d’Ancône. Musku Sindia, r. d'Oristano (Sardaigne). Cf. Xtvôia, en Lycie

et les Etvôo ou Xrvrot ou Xtyot de Sarmatie asiatique, au p. du Caucase (5), ainsi que les Sintes métallurgistes (Thraces 1re couche) de Lemnos (4).

avant les guerres médiques sous le nom de Kngnves (HÉRODOTE VII, 61) et leur éponyme Krgeus, qui correspond comme ethnique asianique en -eue (cf. Êr. DE Byz.) à Ileposue est précisément le beau-père de Persée.

(1) Cf. ce que j'ai exposé chap. 11, au sujet de l'aspiration initiale et du caractère de la gutturale asianique.

(2) Selon JosÈPne, Archéol. I, 125, des tribus cappadociennes ont autrefois compris des contingents mosches. Les formes Mescheni, qui figurent dans ZonNarasI, 5 et Mésyot (PROCOPE, de Bello Gothico FEV, À ; éd. Dindorf. Bonn 1833; t. Il) et dont dérive, sans doute, la vocalisation masorétique we, se retrouvent également dans Meschia (p. 237, col. c.), région de Macerata ; ainsi que Mescia, Mesco, etc.

(3) HÉRODOTE IV, 28 ; EusrACHE, Com. D. le Périeo. 680, etc.

(4) Ces clans, tout comme les Achéens (Caucase, Canaan, Grèce, Italie, Crète); Tosques (Caucase, Albanie, Italie) ; les Lyciens (Troade, Lycie, Crète, Attique) ; les Caucones (Paphlagonie, Italie) ; les Albains ou Albanais (Caucase, Albanie, Italie) etc., ont laissé des colonies tout le long de leur route : en Thrace, sur le Bosphore, en Italie et, en Asie, jusqu’à Ceylan où reparaît le nom bien caractéristique de Xrydoxavdæ (ProrËMÉE VIT, 4, 3); pour la forme, cf. Apuxavda en Lycie; Maydxxavôa en Mysie-Lydie ; Kayasa en Carie; Kavapz en Paphlagonie (P.-B. et HrérocL. Synecd. 663, 12 ; PLINE V, 123) ; quant aux noms en

de à € mt ol Mit het nd LS dt dt tt dd

FOR PER EAV ER d- AS és Vire pt TRQYU : DIFFUSION DE SON NOM 207 Suana (Monte), r. de Nuoro (Sardaigne). Cf. la Xovavia

et les Zovavot aussi Zovayvor (ï)

Laze, r. de Trieste (aussi Laze). Cf. les Lazes — Autor,

Aatar du Caucase (2).

Lazna, avec le gentilice asianique en -‘#na existe dans la même région.

Cette énumération, qu’il serait aisé de poursuivre, peut, croyons-nous, suffire à démontrer tout au moins que, entre la vaste région d'Asie Mineure où ont pénétré des éléments caucasiens et indo-iraniens, à partir de 4000, au moins, av. J.-C. et la terre italique, les concordances onomastiques sont nombreuses et frappantes. |

Non seulement nous retrouvons ici des noms que l’histoire biblique nous a rendus familiers, mais peut-être y voyons-nous même apparaître des appellatifs dès longtemps oubliés, tels Swmer (5); d’autres, non identifiés jusqu'ici, tels ces D que le ch. x de la Genèse (v. 17; cf. I Chr. I, 15) énumère parmi les fils de Canaan (4) ; ou ce Kus wt> qui a fait suspecter

Z:vô- ils sont innombrables en Asie Mineure; cf. Xivda (Pisidie; Sarmatie ; Inde): Etvôaya (Parthie) ; Etvônosds (Carie) ; Ervdtxf (Marais Méotide) ; (P.-B.). Nous les retrouverons plus loin.

(1) On trouve aussi la forme Edaves ; cf. P.-B. Pour l'influence des peuples de ce groupe sur la civilisation méditerranéenne, cf. par ex. A. MEILLET, Aperçu d'une histoire de la langue grecque?, Paris, 1920, p. 34. Noter en Étrurie la présence d’une ville Dovava.

(2) La forme efhnique en -ñna se trouve également dans Lazna (p. 202 col. b), r. de Fiume.

(3) FRDR. DELITZSCH est, à notre avis, dans l'erreur lorsqu'il affirme, dans « Die Grosse ‘Täuschung » (Stutigart-Berlin 13/14° m. 1921, [le partie, p. 14) que les « Ausgrabungen.... das ganze Kartenhaus von « Sem, Ham und Japhet » über den Haufen geworfen haben.... » Cette tradition est, au contraire, très exacte dans son ensemble et cette exactitude tient aux conditions mêmes qui ont présidé à sa fixation. Il n'en est pas moins vrai que le nom de Sumer, du moins sous la forme ci-contre, ne nous a pas été conservé par la littérature classique. Il reparaît, nonobstant, en Italie, au même titre qu'ÆElam ou Mageddo. Correspondrait-il peut-être aux VS de Genèse X, 18, hamites eux aussi ? Pure suggestion, cela va sans dire. L’on sait, néanmoins, que des influences sumériennes sont attestables en hébreu. (Cf. par ex. S. LANDERSDORFER, Swmerisches Sprachgut im A. T. Lpz. 1916), donc en Canaan.

(4) Cf. Sini (p. 401, col. 2), r. de Sassari et d’Oristano ; Sinni (ibid.), r. de Potenza, ainsi que les dérivés du même thème : Sini-balda (Balda- se trouve également isolé et à l'initiale ; ct. p. 41, b); Sini-ciaga (pour ciag- ; cf. p. 111, col. a); Sini-ese, Sini-ga, Sinio, Siniscola, Sinisi, Sinnui, Sino-poli. V. plus loin pour les Sinni, où nous inclinons à voir des clans dardes ou dardaniens. Énée est, d’ailleurs, Dardanien.

la véracité de Gen. X, 6-8 (:); Saba — N20 (v. 7) (2°); Dedan 777 (v. 7) — Aadav, Auday (LXX) que les commentateurs s’évertuent en vain à rectifier (3), Havilah — AIN (v. 29 ; I, Chron. 23, etc.) (4); Sabteka — N2P20 (5) ; des identifications dûment confirmées par les fouilles modernes telles les Hamathéniens — ‘nn (v. 18) (9); des noms de peuples sémitisés dans la suite tels Aram (7); des noms rappelant curieusement certaines énigmes historiques, tels les Patrusim — DOME (8) (v. 14 = I Chr. I, 12).

Pareil ensemble de faits, quelles que soient les réserves, légitimes d’ailleurs, auxquelles puisse donner lieu tel ou tel de ces noms considéré isolément, donne beaucoup à réfléchir. Car le nombre en est vraiment par trop considérable pour que la coïncidence soit fortuite.

Elle l’est même, certainement, d'autant moins que les noms en question, outre qu'ils n’ont, dans leur ensemble, témoigné qu'assez peu de complaisance à l’égard des étymologies sémitisantes, possèdent, pour la plupart, des répliques thématiques courantes dans la série onomastique d'Asie Mineure asianique.

C’est ainsi que à Hermone correspond le thème *Erma (Klio, Beiheft XI, p. 73); à Cananea, le thème *Kñna (110); à Oreb, le thème *Krbba (112-3); à Sadocca, Sedico, *Sidaka (193); à Moria, *Mur(a)ija (156); à Cedrone, *Kidra (XSpwy) (104); à Carmela, *Karmala (97); à Arnone (finale -ü(n) bien caractéristique du groupe asiano-hétéen), *4rñna (55);

(1) C£. Cuso (p. 136, col. c), r. de Trente et, avec l’ethnique en -ano si caractéristique du monde asianique (cf. Êr. DE Byz.) Cusano (ibid. col. b), r. de Udine, Milan, Bénévent ; Cusna (ibid. col. c), r. de Pise.

(2) P. 340, col. b — r. d’Iglesias (Sardaigne).

(3) P. 137, col. d, Dedna gora (r. de Fiume-Pola) ; Dednopolje (ibid).

(4) Avilla (p. 37, col, d), r. de Udine et de Chieti. Prière de noter que nous parlons seulement du #om, nullement de Ja Havilah biblique dont nous ignorons, comme tout le monde, l'emplacement exact.

(5) Sabbadiga (p. 340, col. b), r. d’Oristano (Sardaigne). Peut-être Sabta — NNAD (v. 7) se retrouve-t-il aussi dans Sabato (ibid.), r. de Bénévent et de Foggia.

(6) Amata, Amato, (p. 28, col. b), r. de Foggia, Bénévent, Catanzano, Etna, Messine, Datane ; peut-être aussi Amde (p. 28, col. c.), r. de Côme.

(7) Aramo (p. 32, col. b), r. de Bologne-Florence, Cagliari (GENÈSE XIII, spécifie en propres termes une scission survenue entre Abram et Laban, issus pourtant l'un et l’autre du commun ancêtre 1-7-b). L'on sait que, sous le rapport linguistique, l’araméen est un idiome singulièrement dégradé par des influences sous-jacentes qui paraissent bien peu sémitiques.

(8) Petrosa et Petrosino, Petroso, Petroz, Petrasi, Petrazzi, Petruzxa, etc. (p. 291, col. c, d), r. de Cosenza, Cefalü, Bénévent, Caltanisetta, Etna, Catanzaro, Rome, Chieti, etc. (cf. étrusque petru, petra, petrnal, etc.).

CA Ce tt EL he SES VE de GÉRRTENR ES, CAE A DT. À Ve PE NOR I PR EE SR US TRS Ne de RE

à Serpala, Serppedi, *Zrppedu (251); à Sirino, phénic. Sirion, *Seri (190- 1; pour la finale, voir ci-dessus) ; à Sinnai, Sinaia, *Sñne (195); à Tura, *Ture (220); à Cana, *Kana (95); à Codes, *Kuda (118) ; à Jardino, *Tja+(e)rte-(e)ñne (88) ou, mieux, “ljardñne (rest. pers.) ; à Tabor, *Tebure (199); à Silo, *Zelu (245) ; à Sarra, *Sara (190) ; à Sora, “Sura (197) ou *Ture (cf. %, Y38 et Topos, EÔwy) ; à Gazza, *Kaza (100) ; à Siddo, Siddu, *Sidu (193) ; à Sarona, Sarone, *Sarñna (191); à Libano, *Libñna (rest. pers.) ; à Salemi, Salemme, *Slime (194); à *Rubano, le cippe *Hruba- (84); à Dane, *Dene (67); à Aserei, *Azara (282); à Tud-one, Tud-ica etc.,- *ljudüne (cf. IouSSnvos, p. 285 ; rest. pers.) ; à Menesenna, *Mana-(a za (142) ; à Juppa, *Iuba (91); etc.

L'on conviendra que de tels parallélismes sont, à tout le moins, assez curieux.

Rapproché des traditions que nous avons rappelées tout à l’heure, tout ceci prend, à notre avis, une singulière éloquence et mérite, de ce chef, un surcroît d'attention, mais aussi de précautions. En matière d’onomastique, l’on ne saurait jamais, de l’avis unanime, se montrer trop prudent.

L'on peut alléguer que ces noms, dont la plupart ne figurent pas dans la littérature antique, sont tous d’origine moderne ; qu'il n’y a donc pas lieu de les retenir ni d’en conclure quoi que soit.

Cet argument, malgré sa rigueur apparente, pèche, en réalité, par la base ; car il implique une méconnaissance absolue de caractères fondamentaux des littératures classiques.

Le premier, c’est que Grecs et Romains ont traversé un long moyen âge, qui à duré trois siècles environ après l’arrivée d’Énée en Italie, et bien plus longtemps encore en Hellade (*); moyen âge au cours duquel un travail politique et social qui nous échappe a réalisé entre les éléments indigènes et les immigrés, l’'amalgame nécessaire à la constitution ultérieure de l’hellénisme et du latinisme proprement dits.

Pendant toute cette période, dont ils n’avaient conservé qu’un souvenir assez confus — phénomène normal en des contrées où cette civilisation, venue de l’extérieur, fut lente à pénétrer les masses — ils étaient aussi incapables de discerner la marche de leur .propre histoire qu’un fellah arriéré ou un boy hindou celle de l'Égypte ou de l'Inde dans la symphonie politique mondiale.

(1) L’on peut évaluer la durée de ce moyen âge féodal et monarchique grec à huit ou dix siècles environ, depuis 2000, époque approximative des plus anciens rois de Sicyone à 1000 av. J.-C. minimum.

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