DESCRIPTION DES VILLES DU KHANAT
T.«s villes principales de la Khivie sont ;
Khiva , capitale actuelle.
Ourguendje, ancienne capitale.
Hézaraspe.
Durmen.
Youmourou.
Karatal.
Khousenli.
Koungrate. , , .
KnivA. Tille de Khiva, capitale actuelle du pays et résidence du khan , se trouve située à douze lieues d’Ourguendje, treize de l’Oxus, et à vingt-six de Koungrate. Elle est bâtie sur un ter-
rain bas et fertile, et entourée de fortifications de terre mal entretenues. La ville proprement dite est peu étendue, et ne compte qu’environ sept cents maisons de terre, d'un aspect misérable. Le château du khan fait exception.
Il est bâti en maçonnerie. On ne trouve dans les maisons de Khiva ni vitres ni cheminées, et l’on peut s’imaginer facilement combien cette privation doit être pénible dans un pays aussi froid.
Le klian, pour cette raison sans doute, n’habite jamais son palais. Il préfère se tenir sous sa tente, ou il peut plus facilement modérer l’excès du froid et de la chaleur. Nombre d’Usbecks et deTurcomans suivent son exemple. Il y a quelques années cependant des prisonniers russes garnirent de vitres deux fenêtres du palais.
Les seuls édifices que l’on remarque à Khiva sont trois mosquées, bâties de brique, un médressé ou collège et un caravansérail. Les mosquées sont de vieux édifices. La plus considérable est ornée d'arabesques à l’intérieur. Elle possède un minaret de briques émaillées, récemment construit. Le caravansérail a été bâti vers 1822.
Les rues de Khiva sont étroites et tortueuses. C’est à peine si un chameau chargé peut s’y frayer un passage. Nous avons dit que la ville de Khiva est petite. Autour de son enceinte s'étendent des hubourgs très-considérables , et qui ne contiennent pas moins de 1 ,500 maisons avec des jarains.
ÔuRGUENDiE, ancienne capitale de la Khivie, est encore actuellement la ville la plus importante du pays après Khiva, qu’elle surpasse par sa grandeur et par son commerce, comme nous l’apprend le voyageur anglais Abbott.
Cette ville est bâtie à une très-petite distance de la rive gaucbe de l'Oxus, et sur un terrain tellement bas que la ville est souvent inondée. Les caravanes qui vont de Boukhara à Khiva et à Manguischlak , de même que celles qui se rendent de Khokande à Khiva , passent par Ourguendje.
HÉZARASPE , que les voyageurs appellent aussi Hezarah, Khizarist, j4zarh et Marys, est encore une ville importante du pays , et surpasse Khiva par son étendue et par son commerce.
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Elle est située près de l’Oxus , vers la limite méridionale du payscultivé. L’enceinte, dans laquelle on compte à peu près six cents maisons, est entourée de murailles de pierre.
Diirmen , petite ville, à treize lieues à l'est de Kniva , est habitée par des Ouigours. Ces gens appartiennent à une tribu turque bien connue; ils sont vêtus comme les Usbecks , et passent pour être grossiers et brutaux. Autrefois ils commettaient mille brigandages ; mais leurs voisins les ont obligés de renoncer à ces habitudes. Il leur est défendu de faire le commerce et de quitter le territoire de Durraen. Ils sont tous agriculteurs, bien plus par nécessité que par godt.
Youmoubou, petite ville, sur l’Oxus , n’offreaucuneparticulari té remarquable.
Karatal, ville peu importante, habitée par des Usbecks chargés d'entretenir les bateaux du khan.
Khousewli est une ville considérable , dans le nord du khanat et près de rOxus. On y tient chaque semaine un marché que fréquentent les Kirguizes et les Turcomans.
Koungrate, sur l’Oxus, à vingtdeux lieues au-dessus de l'embouchure de ce fleuve , est bâtie sur un terrain bas et très-exposé à des inondations , qui , plusieurs fois , ont détruit ses murailles. Cette ville était habitée anciennement par des Usbecks , qui l'ont abandonnée pour vivre sous des tentes aux environs. Ils s'occupent de la culture des terres , de la pêche , de la chasse et de l'élève du bétail. Aujourd'hui la ville est presque entièrement peuplée de Karak.al|ûks.
On dit à M. Abbott . pendant son séjour à Khiva, que les femmes de Koungrate sont loin d'avoir une vertu austère, et que lorsqu'un voyageur arrive dans la ville , 1rs jeunes filles à marier vont à sa rencontre et le défient à la lutte. Il est toujours convenu d'avance que le vaincu est obligé de se soumettre ^ la volonté du vainqueur. Nous devons ajouter que M. Abbott rapporte ce qu'il a entendu dire , et non ce qu’il a ru.