MERS, LACS, FLEUVE.S ET RIVIÈRES
L.V MBB Caspienne n’appartient à notre sujet que d’une manière indirecte, et nous nous bornerons à la nommer.
La mer d’Aral, appelée aussi lac d’Aral, est située, suivant M. de Levchine, entre le 48* degré 1/3 et le 46 3/4 de lat. nord, et le 75* degré 3/4 et le 79* degré de longitude onentaie du méridien de l’ile de Fer. Les géographes arabes et persans lui donnent les noms de mer de Khari%me et mer d^Ourguendje. Les Rirguizes et les autres peuples qui habitent ses bords l’appellent Àrat-Oenguize, expression qui , dans leurs dialectes turcs ou tarteres , signifie mer des Mes. L’eau de la mer d’Aral est moins salée que celle des autres raer% du globe. On a même observé que près des bouches de l’Oxus et du iaxartès elle est presque douce.
Les bords de la partie est et sud de la mer d’Aral sont bas et couverts de sable ou de roseaux ; ceux de l’ouest et du nord-ouest sont hauts et escarpés. On trouve dans la partie orientale de cette merun nombreconsidérabled’llots. Vers le nord , il existe une grande lie qui est couverte de bois. Les poissons de la mer d'Aral sont, autant qu’on a pu le savoir jusqu’à présent , les mêmes que ceux de la mer Caspienne. En hiver, la mer d’Aral gèle complètement, et on la traverse alors sur la glace. Cette mer ne reçoit pas d’autres eaux que celles de l'Oxus et du Jaxartès.
L'Oxus est le fleuve le plus considérable du Turquestan. I.es Asiatiques le nommaient autrefois Djihoun; aujourd’hui ils l’appellent généralement Amou et Amou-IMria, quelquefois aussi Aminr Dt‘ria, suivant M. de Mouraviev (1).
Ce fleuve prend sa source sur le pla-
(I) Foyage en Turcomanie et àKhiwu/ait en IHI9 et I82U, par V. M. lUauraviim ( Paris , Louis Tenré, 1823; page 234
teaudePamère, près du lac SarikouL 11 arrose le pays de Badakhsdiane , où il reçoit la rivière du même nom , et grossi par plusieurs autres affluents moins considérables, il serpente à travers les montagnes, passe non loin de Khouloum et de Balkh, arrive enfin dans la Rhivie, et se jette dans la mer d’Aral. L'Oxus est navigable dans la plus grande partie de son cours. Il éprouve des crues périodiques , résultat de la fonte des neiges dans les montagnes où prennent leur source ses prihcipain affluents. Les eaux du fleuve conservent pendant la crue une teinte rougeâtre.
L’Oxus gèle totalement sur plusieurs pointspendant l’hiver, et les caravanes le traversent sur la glace. Le passage en bateau devient alors très-dangereux dans les endroits où le fleuve n’est pas tout à fait pris , à cause des glaçons énormes que le courant entraîne avec violence.
Les habitants du pays emploient pour |a navigation des bateaux à rames; mais ils ont aussi une façon particulière de traverser le fleuve. " Ils attachent un cheval et quelquefois deux à cliaque extrémité du bateau , brident ces animaux comme s’ils devaient les monter, et sans aucune autre aide , l’embarcation traverse en droite ligne le courant le plus rapide- Un homme tient les chevaux par la bride, et les excite de la voix à nager avec force. On fait mouvoir à l’arrière une sorte de perche ou d’aviron, afin que le bateau ne tourne pas sur lui-même dans le courant. I>es cnevaux n’ont pas besoin d’être dressés pour remarquer ainsi les embarcations.
On prend pour cet usage les premiers qui se présentent.
Les bateaux dont on se sert sur l’Oxus sont fort bien construits; ils n’ont ni mflts ni voiles. I.«nr forme ressemble à celle d'un navire et se termine en pointe aux deux extrémités. Ils sont en général longs de 50 pieds , larges de 18, et du port de 30 tonneaux environ. Ces bateaux sont à fond plat.
On les fabrique avec des planches que fournit un Mtit arbre, extrêmement commun sur les bords du fleuve, ils ont une solidité remarquable.
L’Oxus à son embouchure se partage en plusieurs bras qui forment un assez grand nombre d’Ilots. On pêche
/ed ay '.ji.JOglc